jeudi 12 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2206967 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | RAIMBAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 mai 2022, Mme A E épouse D, représentée par Me Brouin, demande au juge des référés de prescrire une expertise judiciaire en vue de déterminer l'origine, les causes et les conséquences des désordres affectant sa propriété sise à Mozé-sur-Louet (49610).
Elle soutient que :
-elle est propriétaire d'un ensemble immobilier sis 42 rue du 22 juillet 1793 à Mozé-sur-Louet ;
-des travaux de voirie ont été réalisés en mars 2021 sur la rue du 22 juillet 1793 par la communauté de communes Loire Layon Aubance et ont été confiés à la société TPPL ;
-la modification de la voirie publique est à l'origine d'une cuvette formant rétention d'eau gênant l'accès à sa propriété ;
-un rapport d'expertise amiable contradictoire a été établi le 16 août 2021 et l'expert relève un défaut de conception et/ou de réalisation des travaux ;
-par ailleurs, le piquet de bornage marquant la délimitation des propriétés a été retiré lors des travaux ;
-la communauté de communes Loire Layon Aubance n'a pas donné suite à l'expertise amiable ayant évalué les travaux de réparation à 4 545,44 euros.
-l'expertise qu'elle sollicite revêt un caractère utile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2022, la communauté de communes Loire Layon Aubance, représentée par Mme G, demande au juge des référés de prendre acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la désignation d'un expert.
Vu les pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A E épouse D est propriétaire d'un ensemble immobilier sis 42 rue du 22 juillet 1793 à Mozé-sur-Louet (49610). Selon Mme E épouse D, les travaux de réfection de la chaussée réalisés en 2021, au droit de sa propriété, sont à l'origine d'une cuvette formant rétention d'eau gênant l'accès à sa propriété. Elle soutient par ailleurs que lors des travaux, un piquet de bornage de type clou métallique qui avait été planté sur le trottoir au pied du mur a été retiré et doit être replacé. Elle demande par conséquent la désignation d'un expert judiciaire aux fins de déterminer l'origine, les causes et les conséquences des désordres causés à sa propriété et de procéder à l'évaluation des préjudices subis.
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction (). ".
3. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. A ce titre, lorsqu'il est saisi d'une demande d'expertise visant à évaluer un préjudice en vue d'engager la responsabilité d'une personne publique, le juge ne peut se fonder, pour rejeter cette demande, sur l'absence de lien de causalité entre le préjudice à évaluer et la faute alléguée qu'en cas d'absence manifeste d'un tel lien de causalité.
4. En l'état de l'instruction, au vu notamment du rapport d'expertise amiable contradictoire établi le 16 août 2021, la dépendance située sur la propriété de Mme A E épouse D est affectée de divers désordres et une relation de cause à effet n'est pas manifestement exclue entre les dommages constatés et l'écoulement vers la propriété de la requérante des eaux pluviales provenant de la chaussée publique, à la suite des travaux de réfection de la chaussée réalisés pour le compte de la communauté de communes Loire Layon Aubance par la société Travaux Publics des Pays de la Loire. Par ailleurs, en l'état de l'instruction, il n'est pas manifestement exclu que les travaux en cause puissent être à l'origine de l'enlèvement du piquet de bornage de la propriété de Mme E épouse D.
5. Dans ces conditions, la mesure d'expertise judiciaire demandée par Mme A E épouse D, à laquelle ne s'oppose d'ailleurs par la communauté de communes Loire Layon Aubance, revêt le caractère d'utilité requis par les dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
O R D O N N E :
Article 1er : M. F B, domicilié GMI 15 rue Gambetta aux Sables d'Olonne (85100), est désigné en qualité d'expert.
Il aura pour mission de :
1'se rendre sur les lieux (42 rue du 22 juillet 1793 à Mozé-sur-Louet - 49610) en présence de toutes les parties et rechercher et préciser les liens unissant les parties à l'expertise judiciaire ;
2°) constater les désordres affectant la propriété de Mme A E épouse D, relatifs à l'écoulement des eaux pluviales en provenance du domaine public vers la propriété de cette dernière et les décrire ;
3°) entendre les parties ainsi que tout sachant et se faire communiquer tous documents utiles à l'accomplissement de sa mission ;
4°) déterminer la cause des désordres qui seraient constatés ; de dire en particulier s'ils sont dus à une capacité insuffisante, à un mauvais fonctionnement ou à un défaut d'entretien de la chaussée publique sise à proximité de la propriété de la requérante, ou bien à toutes autres causes ;
5°) en cas de pluralité de causes, préciser dans quelles proportions les désordres sont imputables à chacune d'elles ;
6°) indiquer, le cas échéant, la nature et le coût des travaux propres à remédier à ces désordres ;
7°) de constater le cas échéant l'absence du piquet de bornage de la propriété de Mme E épouse D et de donner son avis sur le lien avec les travaux réalisés sur la voie publique à la demande de la communauté de communes ;
8°) fournir, de façon générale, tous les éléments techniques ou de fait, de nature à permettre à la juridiction du fond, éventuellement saisie, de se prononcer sur les éventuelles responsabilités encourues et les éventuels préjudices subis.
Article 4 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira sa mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra, au besoin, recourir à un sapiteur qui sera préalablement désigné par le président du tribunal administratif.
Article 5 : L'expert effectuera sa mission au contradictoire de :
-Mme A E épouse D,
-la communauté de communes Loire Layon Aubance.
Article 6 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 7 : L'expert déposera au greffe un exemplaire papier et un exemplaire par voie dématérialisée de son rapport avant le 30 juin 2023. Il en notifiera copie aux personnes intéressées, notification qui pourra s'opérer sous forme électronique avec l'accord desdites parties, à laquelle il joindra copie de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 8 : Les frais et honoraires de l'expertise seront taxés ultérieurement par le tribunal conformément aux dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative.
Article 9 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 10 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A E épouse D, à la communauté de communes Loire Layon Aubance et à M. B, expert.
Fait à Nantes, le 12 janvier 2023.
La juge des référés,
F. C
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2206967
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026