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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2208041

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2208041

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2208041
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantBEARNAIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 juin 2022, M. B A, représenté par Me Béarnais, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 avril 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour comme étant irrecevable ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été signée par une autorité habilitée ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que son dossier était complet ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation s'agissant de l'authenticité des documents d'état civil produits et de sa contribution à l'entretien et l'éducation de son enfant ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'il fait état d'éléments nouveaux s'agissant de son état de santé ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mai 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au prononcé d'un non-lieu.

Il fait valoir que la demande de titre de séjour de M. A a été enregistrée et qu'il s'est vu délivrer un récépissé de demande de titre de séjour le 11 juillet 2022.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Barès a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant camerounais né le 6 novembre 1999, indique être entré en France en avril 2016. Le 9 septembre 2021, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 22 avril 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a déclaré irrecevable sa demande de titre de séjour.

2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de la Loire-Atlantique a enregistré la demande de titre de M. A et lui a délivré un récépissé de demande de titre de séjour le 11 juillet 2022, ayant dès lors implicitement mais nécessairement rapporté la décision attaquée. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête de M. A sont devenues sans objet.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de mettre à la charge de l'Etat, à ce titre, le versement de la somme de 1 000 euros à Me Béarnais, avocate de M. A, bénéficiaire de l'aide juridictionnelle totale, sous réserve de la renonciation de Me Béarnais à percevoir la somme correspondant à la part contributive.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête de M. A.

Article 2 : L'Etat versera à Me Béarnais, avocate de M. A, la somme de 1 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Béarnais et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cantié, président,

M. Barès, premier conseiller,

M. Delohen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 3 décembre 2024.

Le rapporteur,

M. BARÈSLe président,

C. CANTIÉ

La greffière,

C. DUMONTEIL

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière

C. DUMONTEIL

No 2208041

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