lundi 29 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2210271 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | RENAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 et 16 août 2022, M. E H F, agissant en son nom et en qualité de représentant légal de son fils mineur C H, représentés par Me A, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 4 juillet 2022 par laquelle la maire de Nantes a refusé de lui délivrer un certificat de radiation de l'enfant C H F Oliart de l'école Gay Lussac de Nantes ;
2°) d'enjoindre à la maire de Nantes de réexaminer la situation dans le délai de 5 jours à compter de la notification de la décision à intervenir, et ce, sous astreinte de 20 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Nantes une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite compte tenu de la proximité de la rentrée scolaire, et dès lors que la situation actuelle préjudicie de façon grave à la situation personnelle de C ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :
. le maire est l'autorité compétente pour délivrer un certificat de radiation ;
. dans l'hypothèse où il serait jugé que la commune n'était pas compétente pour délivrer le certificat de radiation, elle alors a été prise à l'issue d'une procédure irrégulère, dès lors que la demande n'a pas été transmise au service compétent ;
. elle est insuffisamment motivée ;
. elle méconnaît l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
. elle méconnaît l'article L. 131-5 du code de l'éducation dès lors que l'enfant doit être scolarisé dans le ressort de l'école dont il dépend ;
. elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la fixation habituelle de la résidence de C au domicile de son père implique nécessairement sa scolarisation à proximité du domicile de celui-ci.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2022, la commune de Nantes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- l'acte contesté n'a pas un caractère décisoire, la commune n'étant pas compétente pour délivrer un certificat de radiation ;
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite dès lors qu'il peut être procédé à une inscription provisoire de l'enfant dans l'école de la commune où il réside.
La procédure a été communiquée à Mme G.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 29 juillet 2022 sous le numéro 2210121 par laquelle M. H F demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code civil ;
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Martel, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 août 2022 à 10 heures 30 :
- les observations de M. A, représentant de M. H F en présence de celui-ci qui reprend les moyens et les conclusions de sa requête. Il fait observer que contrairement à ce qu'elle prétend, la commune de Nantes a bien pris une décision expresse par laquelle elle a refusé de délivrer le certificat de radiation, et que cette décision relève bien de la compétence de la commune. Il soutient que cette décision n'est pas motivée tant en droit qu'en fait. Enfin, il soutient que dès lors que la résidence habituelle de l'enfant est fixée à son domicile, cela implique une scolarisation sur la même commune. Enfin, il précise qu'il ne peut être procédé à une inscription provisoire dans une école de la commune de résidence, et que la situation actuelle préjudice à l'intérêt supérieur de l'enfant à qui sont imposés, chaque jour, de longs temps de trajet.
- les observations de Mme B représentant la commune de Nantes qui précise que le certificat de radiation est délivré par le directeur de l'école et non par la commune. Elle soutient que l'acte attaqué n'a pas un caractère décisoire, mais constitue un simple courrier de réponse à une demande qui avait été adressée tant à la mairie qu'à l'éducation nationale ; qu'ainsi, l'autorité compétente pour délivrer le certificat de radiation était bien saisie. Elle ajoute que le refus de certificat de radiation ne préjudicie pas à l'intérêt supérieur de l'enfant dès lors qu'il est toujours possible de l'inscrire, à titre provisoire, dans une école de sa commune.
- les observations de Mme G qui indique ne pas être favorable à ce que C quitte l'école Gay Lussac dès lors qu'il s'y sent bien et que cela constitue un élément de stabilité pour lui. Elle précise avoir déposé une requête devant le juge aux affaires familiales afin de voir remettre en place une résidence alternée dans la mesure où elle dispose désormais d'un logement plus grand, et qu'elle réside à proximité de l'école ; qu'il ne lui paraît dès lors pas opportun qu'il change d'école. Enfin, elle déplore de ne pas avoir été informée directement par M. H F de son déménagement à Saint-Herblain.
Par ordonnance du 17 août 2018, la clôture de l'instruction a été reportée au 23 août 2022 à 12 heures.
Considérant ce qui suit :
1. L'enfant C H F Oliart est scolarisé à l'école Gay Lussac à Nantes depuis septembre 2017. Par décision du juge aux affaires familiales près le tribunal judiciaire de Nantes du 9 juillet 2021, devenue définitive, C a vu fixer sa résidence habituelle au domicile de son père, M. E H F, sous le bénéfice d'un exercice conjoint de l'autorité parentale par ses deux parents. Postérieurement à cette décision, M. E H F a déménagé de Nantes à Saint-Herblain en fin d'année 2021, et a sollicité de la directrice de l'école Gay Lussac à Nantes, la délivrance d'un certificat de radiation de C. Mme G ayant manifesté son désaccord, par courriel du 29 mars 2022, la directrice de l'école primaire Gay Lussac a indiqué à M. H F qu'elle ne pouvait lui délivrer le document sollicité en raison de l'opposition de la mère. Par courrier en date du 6 mai 2022 adressé tant à la maire de Nantes qu'à la directrice de l'école Gay Lussac, M. H F, par l'intermédiaire de son conseil, a, à nouveau, sollicité la délivrance d'un certificat de radiation afin de lui permettre d'inscrire son fils dans une école de Saint-Herblain, sa commune de résidence. Par courrier du 4 juillet 2022, la maire de Nantes a informé M. H F qu'à raison du désaccord de la mère, il ne pouvait lui être délivré un certificat de radiation. Par sa requête, M. H J sollicite la suspension de l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aucun des moyens invoqués par M. H J, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision par laquelle la maire de Nantes a refusé de lui délivrer un certificat de radiation pour son fils C.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer ni sur la fin de non-recevoir opposée en défense ni sur la condition d'urgence, que les conclusions à fin de suspension de la requête de M. H J doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. H F est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E H F, à la commune de Nantes et à Mme D G.
Fait à Nantes, le 29 août 2022.
La juge des référés,
C. MARTEL
La greffière,
C. NEUILLY
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026