mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2211749 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CAVELIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 8 et 19 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Cavelier, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 31 août 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a refusé la délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour étudiant;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de réexaminer sa demande de visa de long séjour et de se prononcer à nouveau dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la rentrée dans sa formation débute le 10 octobre 2022 et que la date limite pour intégrer la formation a été fixée au 14 novembre 2022 ; la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rendu un avis favorable et a recommandé au ministre de lui délivrer un visa de long séjour mention " étudiant " ; cet avis peut constituer une circonstance particulière sachant que de tels avis sont relativement rares ; il n'a prévu aucun projet alternatif et s'est préparé pour venir en France ; la formation envisagée n'existe pas en Algérie ; la formation envisagée est cohérente avec son projet professionnel ; sa requête n'est pas tardive ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle a été prise par une autorité incompétente ;
* elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation : il a obtenu un diplôme de licence en sciences humaines et sciences d'information et de la communication à l'université d'Alger aux termes de l'année universitaire 2019-2020 ; il a ensuite intégré un master pour l'année 2020-2021 en communication et relations publiques et il suit actuellement un master II dans ce domaine à l'université d'Alger ; ses relevés de notes confirment la réussite de ses études et l'obtention de ses diplômes ; il est possible de bénéficier d'une formation en Algérie dans le domaine du digital marketing mais celle-ci ne peut se faire qu'à distance via des visioconférences ; il souhaite intégrer l'institut européen d'ingénierie informatique pour bénéficier d'un diplôme reconnu tant en France qu'à l'international et ainsi se donner toutes les chances pour développer les compétences acquises dans un poste de chef de projet digital marketing en Algérie ; il justifie d'attaches personnelles en Algérie et n'entend pas se maintenir sur le territoire français au terme de ses études effectuées en France ; aucune disposition du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou de l'instruction ministérielle du 4 juillet 2019 n'interdit une inscription dans une formation permettant d'obtenir un niveau de diplôme inférieur à celui déjà obtenu dans son pays d'origine ; une absence de certification ou de reconnaissance du diplôme par l'Etat français aurait pu justifier un refus de visa de long séjour mais tel n'est pas le cas en espèce ; il justifie disposer d'une somme de 7 565 euros sur son compte bancaire en Algérie, lui permettant ainsi de justifier des ressources suffisantes pour poursuivre ses études en France ; il sera hébergé par son cousin qui réside à Champigny-sur-Marne dans un premier temps et il envisage ensuite de pouvoir louer un appartement une fois installé en France ; les informations communiquées permettent de justifier de la poursuite d'études dans le cadre d'une formation validée par Campus France ainsi que de conditions suffisantes de prise en charge de ses études ; la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rendu un avis favorable et a recommandé au ministre de lui délivrer un visa de long séjour mention " étudiant " ; il justifie d'une situation confortable en Algérie, où il reviendra au terme de ses études en France.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que l'intéressé ne parvient pas à expliquer de manière convaincante la plus-value qu'il retirerait à suivre en France une formation dans la conception de projets web et informatiques ; au regard de son dossier, il justifie amplement du niveau requis pour prétendre à un poste de chef de projet digital en Algérie ; si la décision de refus de visa lui a été opposée par les autorités consulaires le 13 mars 2022, ce n'est toutefois que le 11 mai 2022, soit deux mois plus tard, qu'il forme un recours contre cette décision ; le seul souhait de poursuivre ses études en France ne constitue pas un motif permettant de satisfaire à la condition d'urgence ;
- aucun des moyens soulevés par M. B, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 8 septembre 2022 sous le numéro 2211730 par laquelle M. B, demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Robert-Nutte, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 20 septembre 2022 à 10h30 :
- le rapport de Mme Robert Nutte, juge des référés,
- les observations de Me Pollono, substituant Me Cavelier, représentant M. B ;
- et les observations de la représentante du ministre de l'intérieur et des outre-mer.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 11 août 1995, est inscrit, pour l'année universitaire 2022/2023, dans l'institut " F2I " pour suivre une formation de chef de projet digital, option design et digital marketing. Le 13 mars 2022, les autorités consulaires françaises à Alger (Algérie) ont refusé de délivrer à l'intéressé un visa de long séjour, en tant qu'étudiant. Le 8 juillet 2022, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a recommandé au ministre de l'intérieur de délivrer à M. B le visa sollicité. Par une décision du 31 août 2022, dont le requérant demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution, le ministre de l'intérieur a refusé la délivrance du visa litigieux, au motif du risque d'utilisation du visa à d'autres fins que celles pour lesquelles il est sollicité, dès lors que le demandeur ne justifie pas de la nécessité de poursuivre une formation qui n'est pas reconnue par le ministère de l'éducation nationale en France.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
4. La formation de chef de projet digital, au sein de laquelle M. B a été admis débute le 10 octobre 2022, la date limite pour l'intégrer étant fixée au 14 novembre 2022. Par ailleurs, l'intéressé, diplômé en sciences de la formation et de la communication, n'a, compte tenu notamment de l'avis favorable de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France et de l'absence de formation équivalente en présentiel dans son pays d'origine, pas d'autre projet d'études pour l'année 2022/2023. Enfin, celui-ci n'a pas manqué de diligence dans ses démarches en vue d'obtenir le visa litigieux et contester le refus en cause. Dans ces conditions, eu égard à la date de rentrée tardive de la formation envisagée et au risque d'interruption dans le suivi des études de l'intéressé, lequel poursuit des études supérieures depuis l'obtention de son baccalauréat en 2017, la décision attaquée porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation pour que la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative soit regardée comme remplie.
En ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :
5. Eu égard au caractère cohérent et sérieux du projet d'études de M. B, tel qu'il résulte des éléments versés aux débats, et pour lequel la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a recommandé au ministre la délivrance du visa nécessaire, le moyen invoqué par M. B à l'appui de sa demande de suspension et tiré de ce que la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, en l'absence de risque d'utilisation abusive du visa litigieux au regard de la cohérence et du sérieux de son projet d'études, est, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux sur sa légalité.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision du 31 août 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a refusé à M. B, la délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour étudiant.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
7. L'exécution de la présente ordonnance implique nécessairement d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de procéder à un nouvel examen de la demande de visa, pour études, de M. B, dans un délai de quinze jours à compter de sa notification. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, une somme de 800 euros au titre des frais exposés par M. B, à l'occasion de la présente instance, et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 31 août 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a refusé la délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour étudiant à M. B est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de procéder à un nouvel examen de la demande de visa, pour études, de M. B, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 800 euros (huit cents euros) au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Nantes, le 11 octobre 2022.
La juge des référés,
O. ROBERT-NUTTE
La greffière,
G. PEIGNELa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026