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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2212819

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2212819

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2212819
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantRODRIGUES DEVESAS

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 4 mars 2022, 23 septembre 2022 et 26 octobre 2024 sous le n° 2202788, M. B A, représenté par Me Rodrigues Devesas, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 28 juin 2021 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 août 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande, l'ensemble dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision du 28 juin 2021 :

- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été signée par une autorité compétente ;

- la décision attaquée méconnaît l'article L. 311-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision du 4 août 2022 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour :

- elle est entachée d'un vice de procédure, d'une part, en ce qu'en l'absence de communication, l'existence de l'avis rendu par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) n'est pas établie, et, d'autre part, en ce qu'il n'est pas démontré que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein du collège des médecins de l'OFII ni que l'avis a été pris après une délibération collégiale ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays d'éloignement :

- elles sont entachées d'un vice de procédure, d'une part, en ce qu'en l'absence de communication, l'existence de l'avis rendu par l'OFII n'est pas établie, et, d'autre part, en ce qu'il n'est pas démontré que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein du collège des médecins de l'OFII ni que l'avis a été pris après une délibération collégiale ;

- elles sont illégales en raison de l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au non-lieu à statuer.

Il soutient que la décision du 28 juin 2021 ayant été retirée le 25 octobre 2024, les conclusions de la requête sont privées d'objet.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 mars 2022.

II. Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2022 sous le n° 2212819, M. B A, représenté par Me Rodrigues Devesas, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 août 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande, l'ensemble dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour :

- elle est entachée d'un vice de procédure, d'une part, en ce qu'en l'absence de communication, l'existence de l'avis rendu par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) n'est pas établie, et, d'autre part, en ce qu'il n'est pas démontré que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein du collège des médecins de l'OFII ni que l'avis a été pris après une délibération collégiale ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays d'éloignement :

- elles sont entachées d'un vice de procédure, d'une part, en ce qu'en l'absence de communication, l'existence de l'avis rendu par l'OFII n'est pas établie, et, d'autre part, en ce qu'il n'est pas démontré que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein du collège des médecins de l'OFII ni que l'avis a été pris après une délibération collégiale ;

- elles sont illégales en raison de l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 septembre 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au non-lieu partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir, d'une part, que, postérieurement à l'introduction de la requête de M. A, par décision du 6 septembre 2023, il a décidé de retirer son arrêté du 4 août 2022 en tant qu'il porte refus de titre de séjour, d'autre part, qu'il pouvait se fonder sur le seul 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile afin d'édicter l'obligation de quitter le territoire français et, enfin, que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mars 2023.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Huet a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant guinéen né le 22 septembre 1970, est entré sur le territoire français, selon ses déclarations, le 14 mai 2019. Sa demande d'asile a été rejetée en dernier lieu par une décision du 22 octobre 2020 de la Cour nationale du droit d'asile. Le 10 décembre 2020, M. A a sollicité auprès du préfet de la Loire-Atlantique la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par sa requête enregistrée sous le n° 2202788, il demande au tribunal d'annuler la décision du 28 juin 2021 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande au motif qu'elle était tardive.

2. Le 22 décembre 2021, M. A a sollicité du préfet de la Loire-Atlantique le bénéfice des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par son mémoire enregistré le 23 septembre 2022 dans l'instance n° 2202788 et par sa requête enregistrée sous le n° 2212819, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 4 août 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré.

Sur la jonction :

3. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2202788 et 2212819 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.

Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense sur les conclusions en annulation dirigées contre la décision du 28 juin 2021 :

4. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu, pour le juge de la légalité, de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.

5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête enregistrée sous le n° 2202788, par une décision du 25 octobre 2024, le préfet de la Loire-Atlantique a procédé au retrait de la décision du 28 juin 2021 attaquée. Toutefois, à la date du présent jugement, un tel retrait n'a pas acquis un caractère définitif. Par suite l'exception de non-lieu à statuer soulevée par le préfet de la Loire-Atlantique doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 28 juin 2021 :

6. Aux termes de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la date de la décision attaquée et reprenant les dispositions de l'ancien article L. 311-6, applicable à la date du dépôt de la demande de titre de séjour : " Lorsqu'un étranger a présenté une demande d'asile qui relève de la compétence de la France, l'autorité administrative, après l'avoir informé des motifs pour lesquels une autorisation de séjour peut être délivrée et des conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements à ce stade, l'invite à indiquer s'il estime pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre et, dans l'affirmative, à déposer sa demande dans un délai fixé par décret. Il est informé que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, et sans préjudice de l'article L. 611-3, il ne pourra, à l'expiration de ce délai, solliciter son admission au séjour. / Les conditions d'application du présent article sont précisées par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article D. 431-7 du même code, reprenant les dispositions de l'ancien article D. 311-3-2 : " Pour l'application de l'article L. 431-2, les demandes de titres de séjour sont déposées par le demandeur d'asile dans un délai de deux mois. Toutefois, lorsqu'est sollicitée la délivrance du titre de séjour mentionné à l'article L. 425-9, ce délai est porté à trois mois ".

7. Dans le cas où un étranger ayant demandé l'asile a été dûment informé, en application des dispositions de l'article L. 431-2 citées au point 6, des conditions dans lesquelles il peut solliciter son admission au séjour sur un autre fondement et où il formule une demande de titre de séjour après l'expiration du délai qui lui a été indiqué pour le faire, l'autorité administrative peut rejeter cette demande motif pris de sa tardiveté à moins que l'étranger ait fait valoir, dans sa demande à l'administration, une circonstance de fait ou une considération de droit nouvelle, c'est-à-dire un motif de délivrance d'un titre de séjour apparu postérieurement à l'expiration de ce délai. Si tel est le cas, aucun nouveau délai ne lui est opposable pour formuler sa demande de titre. L'étranger ne peut se prévaloir pour la première fois devant le juge d'une telle circonstance.

8. La tardiveté de la demande de titre formulée par l'étranger ayant présenté une demande d'asile peut constituer l'un des motifs de la décision de refus de titre prise après le rejet définitif de sa demande d'asile ou fonder un refus d'enregistrement de la demande de titre, dont l'étranger sera recevable à demander l'annulation pour excès de pouvoir.

9. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté comme tardive la demande de titre de séjour présentée par M. A au motif que cette demande n'avait pas été déposée dans le délai de deux mois, prévu par les dispositions précitées, suivant le dépôt de sa demande d'asile, le 16 juillet 2019. Toutefois, M. A conteste avoir reçu l'information prévue par l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Or, en dépit d'une demande de pièces adressée en ce sens le 4 octobre 2024, il n'est pas démontré par le préfet, qui reconnaît au demeurant dans sa décision du 25 octobre 2024 " une erreur de procédure ", que, lors de l'enregistrement de sa demande d'asile le 16 juillet 2019, M. A aurait été dûment informé par l'administration, conformément aux dispositions de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de ce que, sous réserve de circonstances nouvelles, il serait dans l'impossibilité, à l'issue du délai de deux mois prévu à l'article D. 431-7 du même code, de solliciter son admission au séjour. Par suite, le préfet de la Loire-Atlantique ne pouvait légalement se prévaloir de l'expiration de ce délai pour refuser d'instruire la demande de titre de séjour présentée le 10 décembre 2020 sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du même code. Il s'ensuit que M. A est fondé à soutenir qu'en rejetant pour ce seul motif sa demande de titre de séjour, le préfet de la Loire-Atlantique a méconnu les dispositions précitées des articles L. 431-2 et D. 431-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête n° 2202788, la décision du préfet de la Loire-Atlantique du 28 juin 2021 doit être annulée.

Sur l'exception de non-lieu à statuer partiel opposée en défense sur les conclusions en annulation dirigées contre l'arrêté du 4 août 2022 :

11. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction des requêtes de M. A, par décision du 6 septembre 2023 devenue définitive à la date du présent jugement, le préfet de la Loire-Atlantique a décidé de retirer son arrêté du 4 août 2022 en tant qu'il porte refus de titre de séjour. Dans ces conditions, les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision du 4 août 2022 portant refus de délivrance d'un titre de séjour se trouvent privées d'objet. En revanche, les conclusions à fin d'annulation des décisions du 4 août 2022 portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination conservent un objet et il y a lieu d'y statuer.

Sur le surplus des conclusions en annulation dirigées contre l'arrêté du 4 août 2022 :

12. D'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / () / Lorsque, dans le cas prévu à l'article L. 431-2, un refus de séjour a été opposé à l'étranger, la décision portant obligation de quitter le territoire français peut être prise sur le fondement du seul 4°. ". D'autre part, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée.

13. Il résulte des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour et des étrangers et du droit d'asile que si la demande d'un étranger qui a régulièrement sollicité un titre de séjour ou son renouvellement a été rejetée, la décision portant obligation de quitter le territoire français susceptible d'intervenir à son encontre doit nécessairement être regardée comme fondée sur un refus de titre de séjour, donc sur la base légale prévue au 3° de cet article. Il en va ainsi tant lorsque la décision relative au séjour et la décision portant obligation de quitter le territoire interviennent de façon concomitante que, en l'absence de dispositions législatives ou réglementaires prévoyant qu'une décision relative au séjour devrait être regardée comme caduque au-delà d'un certain délai après son intervention, lorsqu'une décision portant obligation de quitter le territoire intervient postérieurement à la décision relative au séjour, y compris lorsqu'une nouvelle décision portant obligation de quitter le territoire intervient à l'égard d'un étranger qui s'est maintenu sur le territoire malgré l'intervention antérieure d'un refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire.

14. En premier lieu, aux termes de l'arrêté contesté du 4 août 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a fondé son obligation de quitter le territoire français sur le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif qu'il a, par une décision du même jour, refusé la demande présentée le 22 décembre 2021 par M. A tendant à la délivrance d'un titre de séjour. Toutefois, ainsi qu'il a été exposé aux points 2 et 11 du présent jugement, il est constant, d'une part, que par son courrier du 22 décembre 2021, M. A n'avait pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour mais avait uniquement entendu bénéficier des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d'autre part, que par décision du 6 septembre 2023 devenue définitive à la date du présent jugement, le préfet de la Loire-Atlantique a décidé de retirer son arrêté du 4 août 2022 en tant qu'il porte refus de titre de séjour. Dans ces conditions, ainsi qu'il le reconnaît, le préfet de la Loire-Atlantique ne pouvait pas se fonder, à la date d'édiction de l'arrêté attaqué, sur le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile afin d'édicter l'obligation de quitter le territoire français. Au surplus, s'il ressort des pièces du dossier que M. A s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour le 28 juin 2021, cette décision du 28 juin 2021 du préfet de la Loire-Atlantique doit être annulée ainsi qu'il a été dit au point 10 et, dans ces conditions, la décision portant obligation de quitter le territoire français qui serait fondée sur ce refus du 28 juin 2021 en application du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne pourrait qu'être annulée par voie de conséquence de l'annulation prononcée au point 10.

15. En second lieu, le préfet de la Loire-Atlantique fait valoir qu'il pouvait se fonder sur le seul 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile afin d'édicter l'obligation de quitter le territoire français dès lors que la demande d'asile de M. A avait été définitivement rejetée. Toutefois, si la qualité de réfugié a été définitivement refusée à M. A par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 22 octobre 2020, le préfet de la Loire-Atlantique avait déjà pris à l'encontre de l'intéressé un arrêté portant obligation de quitter le territoire français le 8 février 2021. Or, depuis cette date, le titre de séjour sollicité par le requérant le 10 décembre 2020 a été explicitement refusé le 28 juin 2021. Dans ces conditions, compte tenu du principe exposé au point 13, dès lors qu'un refus de titre de séjour a été antérieurement opposé à M. A par décision du 28 juin 2021, le préfet de la Loire-Atlantique ne pouvait pas se fonder, à la date d'édiction de l'arrêté attaqué, sur le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile afin d'édicter l'obligation de quitter le territoire français à l'encontre de M. A pour le motif tiré de ce que sa demande d'asile avait été définitivement rejetée. Au surplus, s'il ressort également des pièces du dossier que le refus de titre de séjour du 28 juin 2021 a été opposé à M. A dans le cas prévu à l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cette décision du 28 juin 2021 doit être annulée ainsi qu'il a été exposé au point 10 et, dans ces conditions, la décision portant obligation de quitter le territoire français qui serait fondée sur ce refus du 28 juin 2021 en application des 4° et dernier alinéa de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne pourrait qu'être annulée par voie de conséquence de l'annulation prononcée au point 10.

16. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens invoqués contre cette décision, que la décision du 4 août 2022 du préfet de la Loire-Atlantique par laquelle il a obligé M. A à quitter le territoire français doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, la décision fixant le pays de destination.

Sur les conclusions aux fin d'injonction et d'astreinte :

17. Le présent jugement implique nécessairement que le préfet de la Loire-Atlantique procède à l'examen de la demande de titre de séjour présentée par M. A le 10 décembre 2020, au regard des conditions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

18. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme globale de 2 000 euros à verser à Me Rodrigues Devesas, avocate de M. A, sur ce fondement, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du préfet de la Loire-Atlantique du 28 juin 2021 est annulée.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 4 août 2022 en tant qu'il porte refus de délivrance d'un titre de séjour.

Article 3 : L'arrêté du 4 août 2022 en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français et détermination du pays de destination est annulé.

Article 4 : Il est enjoint au préfet de la Loire-Atlantique d'examiner la demande de titre de séjour présentée par M. A le 10 décembre 2020 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 5 : L'Etat versera à Me Rodrigues Devesas la somme globale de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 6 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. A est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Rodrigues Devesas et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Giraud, président,

Mme Beyls, conseillère,

M. Huet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.

Le rapporteur,

F. HUET

Le président,

T. GIRAUD

Le greffier,

G. VIEL

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Nos 2202788 et 2212819

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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