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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2300715

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2300715

mardi 7 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2300715
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSELARL CORNET VINCENT SEGUREL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 13 janvier 2023, le 19 janvier 2023, le 4 octobre 2023 et le 5 octobre 2023, Mme A B demande au tribunal de condamner la commune de Châteaubriant à lui verser en réparation la somme de 420 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2023, la commune de Chateaubriant, représentée par Me Naux, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme B le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / () ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / () ". Selon l'article R. 412-1 de ce code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. / () ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable. La condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle. Par suite, l'intervention d'une telle décision en cours d'instance régularise la requête.

4. Mme B demande la condamnation de la commune de Châteaubriant à lui verser en réparation une indemnité d'un montant de 420 euros. La requête n'est pas accompagnée d'une décision de la commune de Châteaubriant rejetant une demande de Mme B tendant au versement d'une somme d'argent, ni d'une telle demande, qui aurait été susceptible d'avoir fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par une lettre du 4 octobre 2023, dont il a été accusé réception le même jour, Mme B a été invitée à régulariser sa requête dans un délai de quinze jours en justifiant d'une réclamation indemnitaire préalable qu'elle aurait présentée.

5. Si, les 4 et 5 octobre 2023, Mme B a fait savoir entendre maintenir sa requête, elle n'a toutefois, à l'issue du délai de quinze jours imparti par la lettre du 4 octobre 2023, ni présenté une décision de la commune de Châteaubriant rejetant une demande indemnitaire dont Mme B l'aurait saisie, ni justifié avoir saisi cette commune d'une telle demande. Il en résulte que, faute de satisfaire aux exigences des articles R. 412-1 et R. 421-1 du code de justice administrative, la requête, qui n'a pas été régularisée, est manifestement irrecevable. Il y a lieu de la rejeter par voie d'ordonnance, en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Châteaubriant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administratif.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la commune de Châteaubriant.

Fait à Nantes, le 7 novembre 2023.

Le président,

A. DURUP DE BALEINE

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

la greffière,

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