vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2303410 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BOEZEC CARON BOUCHE AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 mars 2023, Mme A B, représentée par Me Boezec, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 février 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai de 15 jours à compter de la notification du présent jugement, à titre subsidiaire de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- en considérant que son parcours universitaire était dépourvu de caractère sérieux, le préfet de la Loire-Atlantique a commis une erreur d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, au regard notamment de la présence de son oncle et de sa tante sur le territoire français ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour entraîne, par voie de conséquence, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Frelaut,
- et les observations de Me Beaudoin, substituant Me Boezec, avocat de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante tunisienne née le 19 mai 2001, est entrée en France le 11 octobre 2020 sous couvert d'un visa de long séjour en qualité d'étudiante. Un titre de séjour valable jusqu'au 2 décembre 2022 lui a été délivré. Mme B a sollicité du préfet de la Loire-Atlantique le renouvellement de ce titre. Par un arrêté du 9 février 2023, portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et fixant le pays de destination, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande au motif que l'intéressée ne justifiait pas du caractère sérieux de ses études. Par sa requête, Mme B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la compétence de la signataire de l'arrêté attaqué :
2. Par un arrêté du 30 janvier 2023, régulièrement publié le même jour, le préfet de la Loire-Atlantique a donné délégation à Mme C D, cheffe du bureau du séjour de la préfecture de la Loire-Atlantique, à l'effet de signer toutes décisions individuelles relevant des attributions de la direction des migrations et de l'intégration. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et droit être écarté.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée, de sorte que le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment des termes de la décision attaquée, que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation de Mme B avant de prononcer le refus litigieux. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour présentée en qualité d'étudiant, d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies.
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a été inscrite, pour l'année universitaire 2020-2021, en première année du " programme business et management 3 + 2 " de l'International business school. La requérante ne conteste pas n'avoir fourni aucun relevé de notes concernant cette année d'études à l'appui de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Il ressort de ces mêmes pièces que Mme B n'a pas validé la première année de licence " mathématiques, informatique, physique " de l'Université de Nantes à laquelle elle était inscrite pour l'année 2021-2022, l'intéressée ayant obtenu une moyenne de 6,55 / 20. Enfin, la requérante, réinscrite en première année de cette même licence, a obtenu une moyenne de 8,29 / 20 au premier semestre de l'année universitaire suivante, ainsi qu'il résulte du relevé de notes provisoire délivré par la présidente de l'Université de Nantes le 10 février 2023. Si Mme B produit une attestation établie le 10 juillet 2023 par l'Université, dont il résulte qu'elle a finalement obtenu sa première année de licence, ainsi qu'un certificat de scolarité indiquant que l'intéressée est inscrite en deuxième année de licence informatique pour l'année universitaire 2023-2024, ces faits sont toutefois postérieurs à la date de la décision attaquée. Compte-tenu de l'ensemble des éléments précités, le préfet a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, considérer que le parcours universitaire de Mme B était dépourvu de caractère sérieux, en dépit du contexte sanitaire dans lequel s'est déroulée sa première année universitaire sur le territoire français.
7. En dernier lieu, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales aux termes desquelles toute personne a droit au respect d'une vie familiale normale sont par elles-mêmes sans incidence sur l'appréciation par l'administration de la réalité et du sérieux des études poursuivies lors de l'instruction d'une demande de renouvellement de titre de séjour en qualité d'étudiant. Par suite, le moyen tiré par Mme B de ces stipulations doit être écarté comme inopérant.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée, de sorte que le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.
9. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment des termes de la décision attaquée, que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation de Mme B avant de prononcer le refus litigieux. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
10. En troisième lieu, l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas établie, le moyen tiré par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision, invoqué à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.
11. En dernier lieu, il est constant que Mme B, arrivée en France le 11 octobre 2020, soit 2 ans et 4 mois à la date de la décision attaquée, est célibataire et sans enfant. Si elle se prévaut de la présence en France de son oncle et de l'épouse de ce dernier, cette seule circonstance ne saurait caractériser l'existence d'une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la décision fixant le pays de destination :
12. Il résulte de ce qui a été dit au point 11 que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, invoqué à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Allio-Rousseau, présidente,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Benoist, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
La rapporteure,
L. FRELAUT
La présidente,
M-P. ALLIO-ROUSSEAULa greffière,
C. MICHAULT
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026