mardi 19 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2303715 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | OQTF 6 semaines - 1ère chambre |
| Avocat requérant | RENAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 mars 2023, Mme B A, représentée par Me Renaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er mars 2023 par lequel le préfet de la Vendée lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination en cas de reconduite d'office à l'issue de ce délai et lui a prescrit de se présenter une fois par semaine au commissariat de police de la Roche-sur-Yon ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vendée de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour dans un délai de sept jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas régulièrement motivée ;
- les dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont méconnues ;
- l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est méconnu ;
- la décision fixant le pays de renvoi n'est pas régulièrement motivée ;
- elle est illégale en conséquence ;
- l'obligation de présentation n'est pas motivée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2023, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Durup de Baleine, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Durup de Baleine, président,
- les observations de Me Renaud, avocat de Mme A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante sénégalaise née en 2004, est entrée sur le territoire français, selon ses déclarations le 13 septembre 2020, accompagnée de sa mère et de ses trois frères et sœurs. La demande d'asile que sa mère avait présentée en son nom ainsi qu'au nom de ses trois enfants alors mineurs, dont Mme A, a été rejetée par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 12 mars 2021 et une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 29 octobre 2021. La demande de réexamen présentée par Mme A a été rejetée par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 31 août 2022 et une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 18 janvier 2023. Par l'arrêté du 1er mars 2023 dont elle demande l'annulation, le préfet de la Vendée lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination en cas de reconduite d'office à l'issue de ce délai et lui a fait obligation de se présenter une fois par semaine au commissariat de police de La Roche-sur-Yon.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. L'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait constituant le fondement de la décision de son auteur portant obligation de quitter le territoire français, ce dont résulte que cette décision est régulièrement motivée. Cet arrêté, qui vise notamment les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, constate que Mme A est ressortissante sénégalaise et qu'il lui est fait obligation de quitter le territoire français, ce dont résulte que la décision fixant le pays de destination en cas d'éloignement d'office à l'issue du délai de départ volontaire est, de ce seul fait, régulièrement motivée.
3. Il résulte de l'instruction que, pour prendre l'arrêté attaqué, en toutes les décisions qu'il comporte, le préfet de la Vendée a examiné la situation de la requérante, sans méconnaître l'étendue de sa compétence d'appréciation.
4. Il ressort des pièces du dossier que la situation de la requérante relève du cas prévu au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans lequel le préfet peut faire obligation à l'étranger de quitter le territoire français. La circonstance que la mère de la requérante, dont comme elle les demandes d'asile et de réexamen ont été rejetées par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile, a, le 10 novembre 2022, saisi le préfet de la Vendée d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour n'a pas eu pour effet de conférer à la requérante le droit de se maintenir sur le territoire français et ne faisait en conséquence pas obstacle à ce qu'il lui soit fait obligation de quitter le territoire français. La circonstance que l'arrêté attaqué ne fasse pas état de la demande ainsi présentée par la mère de la requérante est sans incidence sur l'appréciation de sa légalité. La requérante n'a pas, pour sa part, saisi ce préfet d'une telle demande et la seule présentation d'une telle demande n'aurait, en tout état de cause, pas fait obstacle à ce qu'il puisse lui être fait obligation de quitter le territoire français dès lors que le seul dépôt d'une demande de titre de séjour ne saurait faire obstacle à ce que l'autorité administrative décide la reconduite à la frontière d'un étranger qui, étant en situation irrégulière à la date de cette demande ou ne disposant plus du droit de se maintenir en France en qualité de demandeur d'asile, se trouve dans un cas mentionné à l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile où le préfet peut décider une telle obligation.
5. La situation de la requérante ne relève pas des prévisions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont le champ d'application couvre les citoyens de l'Union européenne et les membres de leur famille. Il suit de là que le moyen tiré d'une méconnaissance de cet article est inopérant.
6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
7. Le séjour de la requérante en France, remontant au mois de septembre 2020, est récent et la durée encore brève de ce séjour ne s'explique pour l'essentiel, jusqu'au mois de janvier 2023, que par les demandes d'asile et de réexamen présentées par la mère de l'intéressée et cette dernière. La requérante est célibataire et n'a aucune tierce personne à sa charge. A la date de l'arrêté attaqué, sa mère fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. Si la requérante fait état de la scolarité qu'arrivée mineure en France, elle a pu y suivre, elle n'est pas dans l'impossibilité de poursuivre des études au Sénégal et, compte tenu des rejets de ses demandes d'asile et de réexamen, elle ne pouvait ignorer être sans garantie de poursuivre une scolarité durable en France après son accession à la majorité, alors qu'elle n'a, en outre, pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour en vue d'y poursuivre des études. Compte tenu du caractère récent de son séjour dans ce pays, elle n'y justifie pas d'attaches personnelles anciennes, intenses et stables. Eu égard à la situation de séjour de la mère de la requérante, les frères ou sœurs encore mineurs de cette dernière n'ont pas vocation à se maintenir sur le territoire français. Elle n'est pas dans l'impossibilité de poursuivre son existence dans le pays dont elle est la ressortissante et où elle a vécu pendant plus de seize ans. Dès lors, eu égard à la durée et aux conditions du séjour de l'intéressée en France, comme aux effets d'une obligation de quitter le territoire français, elle n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de destination, qui est intelligible, est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
9. Aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. ". Aux termes de l'article R. 721-6 du même code : " Pour l'application de l'article L. 721-7, l'autorité administrative désigne le service auprès duquel l'étranger effectue les présentations prescrites et fixe leur fréquence qui ne peut excéder trois présentations par semaine. ".
10. L'arrêté attaqué, qui rappelle la teneur de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, constate qu'il est fait obligation à Mme A de quitter le territoire français et qu'un délai de départ volontaire lui a été accordé. La lettre de notification de cet arrêté, en date également du 1er mars 2023 et notifiée à Mme A en même temps que cet arrêté, constate qu'elle est domiciliée à La Roche-sur-Yon. Il en résulte que le préfet de la Vendée a indiqué les considérations de droit et fait constituant le fondement de la décision astreignant Mme A à se présenter, pendant la durée du délai de départ volontaire, une fois par semaine au commissariat de police de La Roche-sur-Yon. En conséquence, cette décision, dont d'ailleurs la motivation peut, outre la référence à l'article L. L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, se confondre avec celle de l'obligation de quitter le territoire français assortie d'un délai de départ volontaire, est régulièrement motivée.
11. Il résulte de ce qui a été dit quant à la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français que Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision l'astreignant à se présenter une fois par semaine au commissariat de police de La Roche-sur-Yon est illégale en raison de l'illégalité de cette obligation.
12. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Les conclusions à fin d'injonction qu'elle présente ne peuvent, par suite, être accueillies.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement d'une somme à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet de la Vendée et à Me Renaud.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2023.
Le magistrat désigné,
A. DURUP DE BALEINELa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026