mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2306510 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | ATLANTIC JURIS |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 mars 2021 et 11 octobre 2023 sous le n° 2100800, Mme B A, représentée par Me Tertrais, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2020 la plaçant en disponibilité d'office pour raisons de santé du 4 septembre 2020 au 3 janvier 2021 inclus, la décision du 23 novembre 2020 rejetant son recours gracieux et l'arrêté du 6 janvier 2021 la maintenant en disponibilité d'office du 4 au 22 janvier 2021 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Nantes de la placer en congé de longue maladie à compter du 4 septembre 2020 et de reconstituer sa carrière ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les arrêtés attaqués sont insuffisamment motivés ;
- ils sont entachés d'un vice de procédure dès lors que le comité médical ne comprenait pas un spécialiste de l'affection dont elle souffre et qu'elle n'a pas été informée de son droit à consulter son dossier personnel en méconnaissance des articles 6 et 7 du décret du 14 mars
1986 ;
- ils ont été pris en méconnaissance des dispositions du 3° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 ;
- le recteur de l'académie de Nantes s'est cru à tort en situation de compétence liée par l'avis du comité médical ;
- les arrêtés attaqués sont entachés d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation médicale ;
- ils ont été pris en méconnaissance de l'article 43 du décret du 16 septembre 1985 et de l'article R. 914-81 du code de l'éducation, dès lors qu'aucune proposition de reclassement ne lui a été faite.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 octobre 2022, la rectrice de l'académie de Nantes conclut, à titre principal, au prononcé d'un non-lieu sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête et au rejet de la demande présentée au titre des frais liés au litige, et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête sont dépourvues d'objet, dès lors que les arrêtés attaqués ont été retirés et remplacés par deux arrêtés du 23 mars 2021 ;
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 mars 2021 et 11 octobre 2023 sous le n° 2103261, Mme B A, représentée par Me Tertrais, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 février 2021 la maintenant en disponibilité d'office pour raisons de santé du 23 janvier au 26 février 2021 et l'arrêté du 22 février 2021 la maintenant dans cette position du 27 février au 16 avril 2021 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Nantes de la placer en congé de longue maladie à compter du 4 septembre 2020 et de reconstituer sa carrière ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les arrêtés attaqués sont insuffisamment motivés ;
- ils sont entachés d'un vice de procédure dès lors que le comité médical ne comprenait pas un spécialiste de l'affection dont elle souffre et qu'elle n'a pas été informée de son droit à consulter son dossier personnel en méconnaissance des articles 6 et 7 du décret du 14 mars
1986 ;
- ils ont été pris en méconnaissance des dispositions du 3° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 ;
- le recteur de l'académie de Nantes s'est cru à tort en situation de compétence liée par l'avis du comité médical ;
- les arrêtés attaqués sont entachés d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation médicale ;
- ils ont été pris en méconnaissance de l'article 43 du décret du 16 septembre 1985 et de l'article R. 914-81 du code de l'éducation, dès lors qu'aucune proposition de reclassement ne lui a été faite.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 octobre 2022, la rectrice de l'académie de Nantes conclut, à titre principal, au prononcé d'un non-lieu sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête et au rejet de la demande présentée au titre des frais liés au litige, et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sont dépourvues d'objet, dès lors que les arrêtés attaqués ont été remplacés par deux arrêtés du 23 mars 2021 ;
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
III. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 mai 2021 et 30 avril 2024 sous le n° 2105524, Mme B A, représentée par Me Tertrais, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 mars 2021 la plaçant en disponibilité d'office pour raisons de santé du 4 septembre 2020 au 3 mars 2021 et l'arrêté du 23 mars 2021 la maintenant en disponibilité d'office pour raisons de santé du 4 mars au 3 septembre 2021 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice d'académie de Nantes de la placer en congé de longue maladie à compter du 4 septembre 2020 et de reconstituer sa carrière ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les arrêtés attaqués sont insuffisamment motivés ;
- ils sont entachés d'un vice de procédure dès lors que le comité médical ne comprenait pas un spécialiste de l'affection dont elle souffre en méconnaissance de l'article 6 du décret du 14 mars 1986 ;
- ils ont été pris en méconnaissance des dispositions du 3° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 ;
- le recteur de l'académie de Nantes s'est cru à tort en situation de compétence liée par l'avis du comité médical ;
- les arrêtés attaqués sont entachés d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation médicale ;
- ils ont été pris en méconnaissance de l'article 43 du décret du 16 septembre 1985 et de l'article R. 914-81 du code de l'éducation, dès lors qu'aucune proposition de reclassement ne lui a été faite.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 octobre 2022, la rectrice de l'académie de Nantes conclut, à titre principal, à ce qu'il soit donné acte du désistement d'office de la requête de Mme A et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requérante est réputée s'être désistée de sa requête, dès lors qu'elle n'a pas maintenu ses conclusions à fin d'annulation dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance de rejet du recours en référé-suspension dirigé contre les arrêtés attaqués du 23 mars 2021, conformément aux dispositions de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative ;
- l'arrêté du 23 mars 2021 maintenant Mme A en disponibilité d'office du 4 mars au 3 septembre 2021 est devenu définitif ;
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
IV. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 février 2022 et 30 avril 2024 sous le n° 2202134, Mme B A, représentée par Me Tertrais, demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés du 20 décembre 2021 la maintenant en disponibilité d'office pour raisons de santé, d'une part, du 4 septembre 2021 au 3 mars 2022 et, d'autre part, du 4 mars au 3 juin 2022 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice d'académie de Nantes de la placer en congé de longue maladie à compter du 4 septembre 2020 et de reconstituer sa carrière ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les arrêtés attaqués sont insuffisamment motivés ;
- ils sont entachés d'un vice de procédure dès lors que le comité médical ne comprenait pas un spécialiste de l'affection dont elle souffre en méconnaissance de l'article 6 du décret du 14 mars 1986 ;
- ils ont été pris en méconnaissance des dispositions du 3° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 ;
- le recteur de l'académie de Nantes s'est cru à tort en situation de compétence liée par l'avis du comité médical ;
- les arrêtés attaqués sont entachés d'une erreur de droit, dès lors qu'elle a été placée en disponibilité d'office sur une période où elle n'a pas été reconnue comme étant dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions ;
- ils sont entachés d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation médicale ;
- ils ont été pris en méconnaissance de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984, de l'article 43 du décret du 16 septembre 1985 et de l'article R. 914-81 du code de l'éducation, dès lors qu'aucune adaptation de son poste n'a été recherchée et qu'aucune proposition de reclassement ne lui a été faite.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 octobre 2022, la rectrice de l'académie de Nantes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
V. Par une requête enregistrée le 24 mars 2023 sous le n° 2304436, Mme B A, représentée par Me Tertrais, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2023 la maintenant en disponibilité d'office pour raisons de santé du 4 juin 2022 au 26 février 2023 et l'arrêté du 20 février 2023 la maintenant dans cette position du 27 février au 5 mars 2023 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice d'académie de Nantes de la placer en congé de longue maladie à compter du 4 septembre 2020 et de reconstituer sa carrière ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les arrêtés attaqués sont insuffisamment motivés ;
- ils sont entachés d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas établi que le comité médical qui s'est réuni le 15 décembre 2022 était composé de médecins titulaires agréés, conformément aux dispositions de l'article 6-1 du décret du 14 mars 1986 ;
- l'avis du comité médical du 15 décembre 2022 est insuffisamment motivé, en méconnaissance des dispositions de l'article 15 du décret du 14 mars 1986 ;
- les actes litigieux ont été pris en méconnaissance des dispositions du 3° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 ;
- la rectrice de l'académie de Nantes s'est crue à tort en situation de compétence liée par l'avis du comité médical ;
- les arrêtés attaqués sont entachés d'une erreur de droit, dès lors qu'elle a été placée en disponibilité d'office sur une période où elle n'a pas été reconnue comme étant dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions ;
- ils sont entachés d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation médicale ;
- ils ont été pris en méconnaissance de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984, de l'article 43 du décret du 16 septembre 1985 et de l'article R. 914-81 du code de l'éducation, dès lors qu'aucune adaptation de son poste n'a été recherchée et qu'aucune proposition de reclassement ne lui a été faite.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juillet 2024, la rectrice de l'académie de Nantes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
VI. Par une requête enregistrée le 9 mai 2023 sous le n° 2306510, Mme B A, représentée par Me Tertrais, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2023 la plaçant en disponibilité d'office pour raisons de santé du 6 mars au 15 avril 2023 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice d'académie de Nantes de la placer en congé de longue maladie à compter du 4 septembre 2020 et de reconstituer sa carrière ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un vice de procédure, faute pour le rectorat d'établir avoir préalablement sollicité l'avis du conseil médical départemental conformément aux dispositions de l'article 48 du décret du 14 mars 1986 ;
- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation médicale ;
- il a été pris en méconnaissance de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984, de l'article 43 du décret du 16 septembre 1985 et de l'article R. 914-81 du code de l'éducation, dès lors qu'aucune adaptation de son poste n'a été recherchée et qu'aucune proposition de reclassement ne lui a été faite.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juillet 2024, la rectrice de l'académie de Nantes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n°85-986 du 16 septembre 1985 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Barès, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public ;
- et les observations de Me Gobé, substituant Me Tertrais, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, professeure d'espagnol affectée au collège Saint-Joseph à Challans (Vendée) en qualité de maître titulaire de l'enseignement privé, a été placée en congé de maladie ordinaire à compter du 4 septembre 2019. Le 23 juin 2020, elle a sollicité son placement en congé de longue maladie à compter du 4 septembre 2020. Par un arrêté du 1er octobre 2020, le recteur de l'académie de Nantes a rejeté sa demande et l'a placée en disponibilité d'office pour raisons de santé. Mme A a été maintenue et prolongée dans cette position administrative jusqu'au 15 avril 2023 par des arrêtés rectoraux des 6 janvier 2021, 11 et 22 février 2021, 23 mars 2021, 20 décembre 2021, 24 janvier 2023, 20 février 2023 et 7 mars 2023, dont elle demande l'annulation par les présentes requêtes, qu'il y a lieu de joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions tendant à ce qu'il soit donné acte du désistement de la requête
n° 2105524 :
2. Aux termes de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative : " En cas de rejet d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 au motif qu'il n'est pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision, il appartient au requérant, sauf lorsqu'un pourvoi en cassation est exercé contre l'ordonnance rendue par le juge des référés, de confirmer le maintien de sa requête à fin d'annulation ou de réformation dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce rejet. A défaut, le requérant est réputé s'être désisté. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que les deux arrêtés du 23 mars 2021 attaqués portant, retrait des arrêtés du 1er octobre 2020 plaçant Mme A en disponibilité d'office à compter du 4 septembre 2020 et la maintenant dans cette position jusqu'au 22 janvier 2021, qui remplacent les arrêtés attaqués des 11 et 22 février 2021, ont été contestés par l'intéressée, dans le délai de recours contentieux, par une requête enregistrée sous le n° 2105524, laquelle a été maintenue, en application des dispositions précitées de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative, par un courrier du 9 juillet 2021, dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance du juge des référés en date du 22 juin 2021. Dans ces conditions, les conclusions de la rectrice de l'académie de Nantes tendant à ce qu'il soit donné acte du désistement d'office de la requérante en application des dispositions précitées doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de non-lieu :
4. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de statuer sur la légalité de cet acte. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.
5. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 que les deux arrêtés du 23 mars 2021 ne sont pas devenus définitifs. Par suite, la rectrice de l'académie de Nantes n'est pas fondée à soutenir que les conclusions tendant à l'annulation des décisions des 1er octobre 2020, 6 janvier 2021, 11 février 2021 et 22 février 2021 sont dépourvues d'objet. Ses conclusions à fin de
non-lieu doivent, dès lors, être rejetées.
Sur la fin de non-recevoir :
6. Si la rectrice de l'académie de Nantes fait valoir que l'arrêté du 23 mars 2021 maintenant Mme A en disponibilité d'office du 4 mars au 3 septembre 2021 est devenu définitif dès lors qu'il n'est pas expressément mentionné dans le résumé des conclusions de l'intéressée dans sa requête enregistrée sous le n°2105524, il ressort toutefois de l'ensemble des écritures et des pièces produites par Mme A qu'elle a entendu contester, par ce recours, les deux arrêtés du 23 mars 2021. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la rectrice de l'académie de Nantes doit être écartée.
Sur la légalité des arrêtés attaqués :
7. En premier lieu, aux termes de l'article 48 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " La mise en disponibilité prévue aux articles 27 et 47 du présent décret est prononcée après avis du conseil médical sur l'inaptitude du fonctionnaire à reprendre ses fonctions. ".
8. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 7 mars 2023 a été pris au visa d'un " avis du comité médical départemental en date du 6 mars 2023 ". Toutefois, faute pour la rectrice de l'académie de Nantes de produire l'avis de l'instance médicale et alors que la requérante soutient sans être contestée qu'elle n'en a pas été destinataire et qu'il n'existe pas, Mme A est fondée à soutenir que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 48 du décret du 14 mars 1986.
9. En second lieu, si les arrêtés attaqués, lesquels ne correspondent au demeurant à aucun des cas mentionnés à l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, dans lesquels une décision doit être motivée, se bornent à viser les avis du comité médical départemental sur l'aptitude de Mme A à reprendre ses fonctions, il ressort toutefois des pièces du dossier, notamment de trois certificats administratifs adressés à l'intéressée par le rectorat de l'académie de Nantes, datés des 29 janvier 2021, 3 janvier 2022 et 21 février 2023 et signés " pour la rectrice par délégation ", indiquant que la requérante a été placée en disponibilité d'office " par décision du comité médical départemental ", que la rectrice, à laquelle il appartenait de se prononcer sur la demande de congé de longue maladie présentée par Mme A au vu des avis successifs du comité médical départemental, dépourvus de force contraignante, s'est, à tort, estimée lié par ces avis pour placer l'intéressée en position de disponibilité d'office. Par suite et alors que l'administration ne se trouvait pas en situation de compétence liée pour lui refuser le bénéfice d'un congé de longue maladie, Mme A est fondée à soutenir que les arrêtés la plaçant en position de disponibilité d'office pour raisons de santé du 4 septembre 2020 au 5 mars 2023 sont entachés d'erreurs de droit.
10. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens des requêtes, que les arrêtés rectoraux des 1er octobre 2020, 6 janvier 2021, 11 et 22 février 2021, 23 mars 2021, 20 décembre 2021, 24 janvier 2023, 20 février 2023 et 7 mars 2023, et la décision du 23 novembre 2020 portant rejet du recours gracieux formé contre l'arrêté du 1er octobre 2020 doivent être annulés.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que la situation de Mme A soit réexaminée. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Nantes de procéder à ce réexamen dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à verser à Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés rectoraux des 1er octobre 2020, 6 janvier 2021, 11 et 22 février 2021, 23 mars 2021, 20 décembre 2021, 24 janvier 2023, 20 février 2023 et 7 mars 2023 et la décision du 23 novembre 2020 rejetant le recours gracieux formé contre l'arrêté du 1er octobre 2020 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la rectrice de l'académie de Nantes de procéder au réexamen de la situation de Mme A dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme A la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Nantes.
Délibéré après l'audience du 27 août 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
M. Barès, premier conseiller,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le rapporteur,
M. BARÈS
Le président,
C. CANTIÉLa greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. DUMONTEIL
Nos 2100800, 2103261, 2105524, 2202134, 2304436, 2306510
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026