mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2306573 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | LOUISA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 2 mai et 7 juillet 2023 et 5 mars 2024, Mme C D épouse B et M. A B, représentés par Me Louisa, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision du 24 mai 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours contre la décision du 28 novembre 2022 de l'autorité consulaire française en Haïti refusant de délivrer à M. B un visa de long séjour au titre du regroupement familial ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer ce visa dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer la demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 200 euros à verser à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors que l'identité du demandeur de visa et son lien familial avec la regroupante sont établis ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 février 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Heng,
- et les observations de Me Le Roy, substituant Me Louisa, représentant Mme B et M. B.
Une note en délibéré a été enregistrée pour le compte des requérants le 13 mars 2024 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, ressortissante haïtienne, a obtenu par décision du 11 février 2022 du préfet de l'Essonne une autorisation de regroupement familial au profit de M. E, ressortissant de même nationalité qu'elle présente comme son conjoint. Par une décision du 28 novembre 2022, l'autorité consulaire française en Haïti a rejeté la demande de visa de long séjour présentée au titre du regroupement familial. Par une décision du 24 mai 2023, dont Mme B et M. B demandent l'annulation, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre cette décision consulaire.
2. En premier lieu, la décision attaquée se réfère aux articles L. 311-1, L. 434-1 et L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle indique que, pour rejeter la demande de visa litigieuse, la commission de recours s'est fondée sur le motif tiré de ce que l'identité du demandeur de visa et son lien allégué avec la regroupante ne sont pas établis. Dès lors, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la décision attaquée mentionne de façon suffisamment précise les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, d'une part, dans le cas où la venue d'une personne en France a été autorisée au titre du regroupement familial, l'autorité diplomatique ou consulaire n'est en droit de rejeter la demande de visa dont elle est saisie à cette fin que pour des motifs d'ordre public. Figurent au nombre de ces motifs le défaut de valeur probante des documents destinés à établir l'identité et le lien de mariage entre le demandeur du visa et le membre de la famille qu'il projette de rejoindre sur le territoire français.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil () ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ". Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.
5. Pour justifier de l'identité de M. B, a été produite la copie certifiée conforme établie le 25 novembre 2016 et délivrée par les archives nationales de la République d'Haïti de l'acte de naissance n° 206 dressé au registre de l'année 1969, mentionnant la comparution, le 8 février 1969, de M. B, demeurant et domicilié à Ladumette, pour déclarer la naissance de son fils, l'enfant A B, né le 5 octobre 1968 " à quatre heures du matin de ses œuvres légitimes avec la citoyenne Ermilia Casimir (). ". Il ressort néanmoins de cet acte qu'il a fait l'objet d'une rectification par voie judiciaire le 27 septembre 2016, et que mention de cette rectification a été portée sur l'acte le 25 novembre 2016, sans que ce jugement ne soit produit à l'instance. M. B a également produit à l'appui de sa demande de visa l'acte de naissance n° 25374, dressé, de façon manuscrite, sur déclaration du père de l'enfant le 6 mai 1999, et sur lequel son nom de famille est orthographié " Pogy ". Les requérants font valoir " qu'il ne s'agit pas de deux actes de naissance " mais " d'un même acte " car les actes de naissance manuscrits haïtiens sont ensuite enregistrés par le bureau des archives nationales. Il ressort, toutefois, de ce qui précède, ainsi que de l'extrait des archives produit que ces deux actes ont été établis à des dates différentes. En outre, les actes comportent des numérotations différentes, et aucune de leurs mentions ne permet de confirmer cette analyse, de sorte qu'une coexistence de deux actes de naissance pour une même personne doit être regardée comme établie, ce qui est de nature à remettre en cause leur valeur probante. Enfin, si les requérants versent quelques mandats de transfert d'argent datés de 2019 et de 2020, des attestations de proches non-circonstanciées et les tampons du passeport de Mme B attestant de ses voyages en Haïti, pays dont elle a, au demeurant, la nationalité, ces éléments ne permettent pas, en tout état de cause, d'établir tant l'identité du demandeur de visa que le lien matrimonial allégué par possession d'état. Dans ces conditions, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en refusant de délivrer le visa sollicité au motif que l'identité du demandeur de visa et son lien matrimonial avec la regroupante ne sont pas établis.
6. En troisième lieu, compte tenu de ce qui précède, les éléments produits par les requérants sont insuffisants pour établir l'identité du demandeur de visa et, par suite, le lien matrimonial l'unissant à Mme B. Par suite, la décision attaquée n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit des requérants au respect de leur vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B et Mme B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige doivent l'être également.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B et de Mme D épouse B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D épouse B, à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 11 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chauvet, présidente,
Mme André, première conseillère,
Mme Heng, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2024.
La rapporteure,
H. HENGLa présidente,
C. CHAUVET
La greffière,
A. VOISIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026