mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2307321 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | RENAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mai 2023, Mme A B, représentée par Me Renaud, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 9 février 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour valant autorisation de travail dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée la place en situation irrégulière alors qu'elle est particulièrement investie dans son parcours d'insertion sociale par le travail et s'était vu offrir une proposition de contrat de travail ; elle ne peut plus percevoir les prestations sociales pour ses enfants et se retrouve aujourd'hui dans une situation de grande précarité et face à l'impossibilité de subvenir à l'ensemble de ses besoins, notamment le paiement de ses charges ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que, si le préfet de Loire-Atlantique vise, dans le cadre de la décision attaquée, un avis du 28 septembre 2022 rendu par le collège des médecins de l'OFII, cet avis n'est pas joint à la décision de refus et elle n'a dès lors pas été mise en mesure de savoir si la procédure applicable en la matière a effectivement été respectée ; l'absence de consultation du collège de l'OFII pour avis constitue un vice de procédure particulièrement substantiel dans le cadre de cette demande de renouvellement de titre de séjour ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle souffre d'une hépatite virale active nécessitant un traitement depuis plusieurs années et bénéficie à ce titre du dispositif " affection longue durée " ; elle développe de surcroît une pathologie dans le cadre de son affection longue durée ce qui témoigne d'un besoin de prise en charge dont le défaut est susceptible d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité pour elle ; le système de santé guinéen est insusceptible de répondre à ses besoins de santé ; elle fait la démonstration de ce qu'une partie de son traitement, pour une pathologie intercurrente dont l'absence de prise en charge peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, n'est pas accessible en Guinée ; le système de soin Guinée ne s'est aucunement amélioré depuis la délivrance de son premier titre de séjour et il en est de même de son état de santé personnel ;
* elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du 1° de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, dès lors qu'elle peut parfaitement se prévaloir d'une vie privée en France dans la mesure où elle y dispose d'attaches sociales importantes et fondamentales pour son épanouissement personnel ; elle réside en France depuis plus de cinq années et s'est investie dans un renforcement de ses connaissances de la langue française ; elle s'est vu proposer un contrat dans une chaîne de restaurant ; un retour en Guinée de ses enfants, nés en France hors-mariage, pourrait les exposer à des discriminations majeures ; il est incontestable que ses enfants disposent de l'intégralité de leurs relations sociales en France où ils sont nés et ont toujours vécu ; l'enfant Mohamed Mouctar dispose aujourd'hui de nombreux repères qu'il serait dangereux et particulièrement inopportun de troubler ; son petit frère se construit également des repères sociaux forts sur le territoire français ; un départ vers un autre Etat dont les systèmes sociaux, éducatifs et culturels sont éloignés du système français, constituerait nécessairement une cassure dans la construction sociologique de ces petits garçons.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juin 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie : alors que l'intéressée se maintient sur le sol français depuis presque cinq années, son entrée en formation e était très récente au jour de l'édiction de la décision litigieuse (trois mois seulement) et cette formation doit prendre fin le 23 juin 2023, de sorte que cette dernière, qui a laissé passer trois mois avant de saisir le juge des référés, n'aura probablement pas la possibilité de la reprendre avant le prononcé de l'ordonnance à intervenir ; la requérante démontre en rien qu'elle aurait sollicité et obtenu une autorisation de travail en vue de la conclusion du contrat de travail dont elle se prévaut et n'établit pas davantage qu'elle serait dépourvue de toute ressource financière ou privée de son hébergement à plus ou moins brève échéance et, si elle fait état des dettes contractées auprès de son bailleur social ainsi que de son fournisseur énergétique, elle ne démontre pas avoir tenté d'obtenir une aide financière de l'État ; l'intéressée n'a jamais travaillé depuis son arrivée en France et rien ne permet de s'assurer qu'elle pourrait obtenir, en cas de suspension de l'exécution de la décision attaquée, un contrat lui permettant de rembourser ses dettes et de payer ses factures dans l'avenir ; la décision litigieuse n'a aucun effet sur la poursuite des soins nécessaires à la prise en charge médicale de Mme B ;
- aucun des moyens soulevés par Mme B, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* aucun des moyens de légalité externe n'est fondé et la requérante n'apporte pas la preuve qu'elle ne pourra pas bénéficier effectivement d'un suivi et d'un traitement adaptés à sa pathologie dans son pays d'origine, alors pourtant que, de jurisprudence constante, il lui revient de le faire dès lors qu'elle entend contester l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII ;
* ayant décidé de ne pas dévoiler l'entièreté de son état de santé, l'intéressée ne met pas le juge des référés en mesure d'apprécier à quel suivi ou à quel traitement elle ne pourrait effectivement avoir accès en Guinée ; Mme B pourra en tout état de cause effectivement faire l'objet d'un suivi et d'un traitement médical adapté dans son pays d'origine ;
* aucune atteinte n'est portée aux articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3 1° de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 mai 2023.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 3 mars 2023 sous le numéro 2303229 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Le Barbier, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 juin 2023 à 14 heures 30 :
- le rapport de Mme Le Barbier, juge des référés,
- et les observations de Me Renaud, avocat de Mme B, présente à l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante guinéenne née le 1er janvier 1994, est entrée en France le 5 mai 2018. Elle s'est vu délivrer un titre de séjour pour raisons médicales valable jusqu'au 22 septembre 2022. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 9 février 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler son titre de séjour.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Mme B ayant été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 mai 2023, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. Aucun des moyens soulevés par Mme B, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'apprécier la condition d'urgence, que le surplus des conclusions de la requête de Mme B doit être rejeté.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire de Mme B.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Renaud.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.
Fait à Nantes, le 20 juin 2023.
La juge des référés,
M. Le Barbier
La greffière,
G. PeignéLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026