lundi 13 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2308353 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Président 5 |
| Avocat requérant | BEARNAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 juin 2023, M. E A, représenté par Me Bearnais, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 mai 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a refusé la délivrance d'une attestation de demande d'asile, fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de le munir, le temps de ce réexamen, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de l'arrêté attaqué n'est pas établie ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- sa motivation est insuffisante ; le texte dont il est fait application n'est pas précisément mentionné ; l'ancienneté de sa présence et son intégration en France ainsi que le climat de violences généralisées en Afghanistan ne sont pas pris en compte ;
- son droit d'être entendu a été méconnu ; sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen approfondi et précis ; s'il avait pu présenter ses observations, il aurait pu faire valoir de façon utile ses éléments d'intégration et son stress post traumatique ;
- le préfet a méconnu l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et commis une erreur manifeste d'appréciation ; il est présent en France depuis quatre ans et s'est occidentalisé ; il risque d'être exécuté par les talibans en cas de retour en Afghanistan ; il bénéficie d'un suivi psychiatrique ; il est solidement intégré sur les plans professionnel, social et familial ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- sa motivation est insuffisante ; les risques qu'il encourt en cas de retour en Afghanistan n'ont pas été analysés ;
- sa situation n'a pas été examinée ; le préfet a méconnu les articles L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et commis une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été accordé à M. A par une décision du 15 juin 2023.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Martin, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 à L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 mars 2024 :
- le rapport de M. Martin, magistrat désigné ;
- et les observations de Me Bearnais, avocate de M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant afghan né le 10 février 2001, déclare être entré irrégulièrement en France le 29 février 2020. Il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par une décision du 21 avril 2021 du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Ce rejet a été confirmé par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 25 novembre 2021. M. A a présenté une demande de réexamen. Celle-ci a été déclarée irrecevable par l'OFPRA le 23 février 2022. Cette décision a été confirmée par la CNDA le 18 juillet 2022. L'intéressé a présenté, le 31 mai 2023, une seconde demande de réexamen. Toutefois, par un arrêté du même jour, pris sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Loire-Atlantique a fait obligation à M. A de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et désigné l'Afghanistan comme pays de destination. M. A demande, par la présente requête, l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué :
2. L'arrêté a été signé pour le préfet de la Loire-Atlantique et par délégation par Mme C B, cheffe du bureau de l'asile et de l'intégration. Par un arrêté du 30 janvier 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet de la Loire-Atlantique a accordé à Mme F, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture, une délégation à l'effet de signer, dans le cadre des attributions relevant de sa direction, un ensemble de décisions, dont au titre du bureau du contentieux et de l'éloignement, les décisions portant obligation de quitter le territoire français assorties ou non d'une décision portant sur le délai de retour volontaire et fixation du pays de renvoi. En cas d'absence ou d'empêchement de Mme F, l'article 2 de ce même arrêté confère la même délégation de signature à son adjoint, M. D. Enfin, en cas d'absence ou d'empêchement simultanés de Mme F et de M. D, l'article 3 de ce même arrêté confère la délégation de signature dans les limites de ses attributions, notamment, à Mme C B, cheffe du bureau de l'asile et de l'intégration. Il n'est ni établi ni même soutenu que Mme F et M. D n'auraient pas été simultanément absents ou empêchés le 31 mai 2023. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué, en tant qu'il oblige M. A à quitter le territoire français, vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, mentionne expressément qu'il a été pris en application des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelle le parcours suivi par M. A au titre de l'asile et précise les raisons pour lesquelles le préfet de la Loire-Atlantique a estimé qu'il ne bénéficiait plus du droit de se maintenir sur le territoire français, en application du 2° de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, du fait de la formulation d'une seconde demande de réexamen. Ce même arrêté expose la situation familiale de l'intéressé, rappelle qu'il a demandé en vain un titre de séjour pour raison de santé et en tire la conclusion que ses liens personnels et familiaux en France ne sont pas anciens, intenses et stables, compte tenu notamment du fait qu'il a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de 19 ans. Il ajoute que, dans ces conditions, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Ainsi, l'arrêté attaqué, en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, lesquelles permettaient au requérant de comprendre les motifs de la mesure d'éloignement prise à son encontre. Le moyen tiré du défaut de motivation de cet arrêté ne peut, dès lors, qu'être écarté. Il ressort de cette motivation que le préfet a bien procédé à un examen approfondi de la situation particulière du requérant avant de prononcer une obligation de quitter le territoire français à son encontre.
4. En deuxième lieu, le droit d'être entendu, qui relève des droits de la défense figurant au nombre des droits fondamentaux faisant partie intégrante de l'ordre juridique de l'Union européenne, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Il n'implique toutefois pas systématiquement l'obligation pour l'administration d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, l'étranger soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de demander un entretien pour faire valoir ses observations orales. En particulier, lorsqu'il demande l'asile, l'étranger, du fait même de l'accomplissement de cette démarche qui vise à ce qu'il soit autorisé à se maintenir en France et ne puisse donc pas faire l'objet d'une mesure d'éloignement forcé, ne saurait ignorer qu'en cas de refus il sera en revanche susceptible de faire l'objet d'une telle décision. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande qui doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter toutes les précisions qu'il juge utile. En principe, il se trouve ainsi en mesure de présenter à l'administration, à tout moment de la procédure, des observations et éléments de nature à faire obstacle à l'édiction d'une mesure d'éloignement. Enfin, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'entraîner l'annulation de la décision faisant grief que si la procédure administrative aurait pu, en fonction des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, aboutir à un résultat différent du fait des observations et éléments que l'étranger a été privé de faire valoir.
5. En l'espèce, M. A fait valoir qu'à aucun moment, il n'a pu informer le préfet de la Loire-Atlantique de son intégration dans la société française et du fait qu'il souffre d'un stress post-traumatique. Toutefois, il ne pouvait ignorer, depuis le rejet de sa demande d'asile et de sa première demande de réexamen, qu'il était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Or, il n'établit, ni même n'allègue avoir sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'il aurait été empêché de s'exprimer avant que ne soit prise l'obligation de quitter le territoire en litige. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que les éléments qu'il avance, relatifs à son intégration et son état de santé, auraient été de nature, si le préfet en avait eu connaissance, à remettre en cause le prononcé de la mesure d'éloignement litigieuse. Par suite et en tout état de cause, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " () Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". L'article L. 542-2 du même code dispose que : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : () 2° Lorsque le demandeur : / () / c) présente une nouvelle demande de réexamen après le rejet définitif d'une première demande de réexamen ; / () / Les dispositions du présent article s'appliquent sous réserve du respect des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951, et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. ".
7. Si M. A fait valoir que la présentation d'une seconde demande de réexamen de sa demande d'asile, avant que ne soit édicté l'arrêté litigieux du 31 mai 2023, faisait obstacle à ce que puissent lui être opposés un refus de délivrance d'attestation de demandeur d'asile et une obligation de quitter le territoire français, il résulte de ce qui a été dit précédemment qu'une première demande de réexamen avait été définitivement rejetée par la CNDA le 18 juillet 2022. Par suite, en application des dispositions précitées du c) du 2° de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Loire-Atlantique était fondé à refuser de délivrer à l'intéressé une attestation de demandeur d'asile et, celui-ci n'ayant plus de droit à se maintenir en France, à prendre à son encontre une obligation de quitter le territoire français. S'il appartenait à l'autorité administrative, avant de prendre ces décisions, de tenir compte des éléments nouveaux éventuellement produits par M. A et susceptibles de justifier l'octroi d'une protection internationale et de faire obstacle à son éloignement, il n'est pas établi, d'une part, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation de l'intéressé à partir des éléments dont il est établi qu'il avait connaissance, d'autre part, que le document intitulé " récit de demande de réexamen ", versé au dossier par M. A, présentait des éléments sérieux susceptibles de remettre en cause la décision d'irrecevabilité opposée à sa première demande de réexamen.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
9. M. A, célibataire sans enfant, est entré en France, selon ses propres déclarations, le 29 février 2020 pour y demander l'asile, en vain. Il fait valoir sa présence sur le territoire français depuis plus de trois ans et précise qu'il s'est occidentalisé, pratique des exercices de musculation dans une salle de sports, s'habille à l'occidental et fréquente de nombreux amis des deux sexes. Il déclare également bénéficier d'un suivi psychiatrique en raison d'un stress post traumatique consécutif aux traumatismes vécus en Afghanistan. Toutefois, l'intéressé, qui n'est pas dépourvu de toute attache dans son pays d'origine, ne justifie pas de relations anciennes, intenses et stables en France ni d'aucune insertion socio-professionnelle par la seule production de photographies le représentant en train de pratiquer de la musculation ou en compagnie de jeunes filles. S'il produit une attestation du 15 mars 2022 d'un médecin psychiatre selon laquelle il est suivi depuis le 4 janvier 2022 par l'équipe mobile psychiatrie précarité de l'hôpital Daumézon de Bouguenais, il n'apporte aucune précision sur la gravité et les causes de sa pathologie psychiatrique. Dans ces conditions, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale et n'a pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, il n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant fixation du pays de destination :
10. En premier lieu, en tant qu'il désigne le pays de renvoi, l'arrêté attaqué vise l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il fait état de la nationalité afghane de M. A et indique que celui-ci n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, l'arrêté attaqué, en tant qu'il désigne l'Afghanistan comme pays de renvoi, doit être regardé comme suffisamment motivé.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " () / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ", et aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
12. Si M. A soutient qu'il est toujours menacé de mort en Afghanistan par les moudjahidines de l'émirat islamique d'Afghanistan de la province de Baghlan, ce récit n'est assorti d'aucun élément suffisamment probant. S'il fait valoir son occidentalisation pour justifier ses craintes en cas de retour en Afghanistan, ni la présentation de photographies le représentant dans une salle de sport et avec des jeunes filles, ni la fourniture du rapport de l'OSAR du 26 mars 2021 sur les risques au retour liés à l'occidentalisation ne suffisent à établir que le requérant présenterait un profil " occidentalisé " ou à démontrer le risque d'une telle imputation en cas de retour dans son pays d'origine, alors qu'il ne démontre pas l'acquisition pérenne de tout ou partie des valeurs, du modèle culturel, du mode de vie, des usages ou encore des coutumes des pays occidentaux. Enfin, si M. A se prévaut de la dégradation de la situation sécuritaire dans son pays et notamment dans la province de Baghlan, aucun élément propre à la situation particulière du requérant ne révèle qu'il serait spécialement exposé, en cas de retour dans cette province, d'où il est originaire, à la situation de violence aveugle qui y sévit ou qui affecte les éventuelles autres provinces qu'il aurait nécessairement vocation à traverser pour rejoindre celle de Baghlan depuis son entrée sur le territoire afghan. Par suite, le moyen tiré par le requérant de ce que le préfet n'aurait pas examiné les risques qu'il encourrait en cas de retour en Afghanistan et qu'il aurait méconnu les dispositions et stipulations citées au point précédent doit être écarté.
13. En troisième lieu, pour les raisons mentionnées au point 9, le moyen tiré de ce que le préfet aurait, en fixant le pays de destination, méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et commis une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 31 mai 2023.
Sur les conclusions à fin d'injonction et les frais liés au litige :
15. Les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A étant rejetées, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées par voie de conséquence. De même, la demande présentée par le requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, tendant à ce que le versement d'une somme au profit de son conseil soit mis à la charge de l'Etat, ne peut, dès lors que ce dernier n'est pas partie perdante dans la présente instance, qu'être rejetée.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Magali Bearnais.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2024.
Le magistrat désigné,
L. MARTIN La greffière,
V. MALINGRE La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique
en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
V. Malingre
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026