LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2309549

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2309549

jeudi 20 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2309549
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCONNAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 juillet 2023 et le 17 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Connan, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté 2023-07 du 26 avril 2023 par lequel le maire de la commune de Sucé-sur-Erdre l'a mis en demeure, au nom de l'Etat, d'interrompre l'exécution des travaux de construction réalisés sur un terrain cadastré section ZN numéro 92 situé 2178 route de la Filonnière lieudit La Baraudière à Sucé-sur-Erdre, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que cet arrêt des travaux risque d'entrainer de lourdes conséquences sur une partie du bien immobilier qui risque de s'effondrer suite au tremblement de terre du 16 juin 2023 ; il réside dans une partie des bâtiments avec ses deux enfants ; l'arrêt des travaux risque de porter atteinte à leur sécurité ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ;

* l'arrêté est entaché d'un vice de procédure dès lors que le maire de la commune de Sucé-sur-Erdre n'a pas respecté les dispositions des articles L. 121-1, L. 121-2 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ; l'arrêté a été émis avant l'expiration du délai de quinze jours qui lui avait été laissé pour faire valoir ses observations et qui a commencé à courir à la date effective de réception de cet arrêté ; il n'a pas été averti, avant l'édiction de cet arrêté, des motifs pour lesquels un arrêté interruptif de travaux était envisagé, notamment de la caducité du permis de construire qui lui a été délivré le 12 novembre 2019 ;

* il n'est pas établi que le signataire du procès-verbal de constat d'infraction du 29 mars 2023 était compétent pour le dresser en application des dispositions de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme ; le constat d'huissier dressé à l'issue du délai de 3 ans de validité de son permis de construire ne lui a pas été communiqué ; le procès-verbal d'infraction le lui a été communiqué que le 28 juin 2023 ;

* l'arrêté interruptif de travaux est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur de fait ; les travaux qu'il a engagés ont débuté avant l'expiration du délai de trois ans, qui courait depuis le 11 novembre 2019, prévu à l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme et ont eu, dans leur ensemble, pour effet d'interrompre le délai de péremption prévue à cet article ; il a déclaré l'ouverture du chantier auprès du service de l'urbanisme le 3 octobre 2022 ; des travaux conséquents de gros œuvre, portant sur la démolition d'une partie du bâtiment existant et la mise en place de renforts, ont été réalisés sur une partie du bâtiment objet du permis de construire à la fin du mois d'octobre et au début du mois de novembre 2022 ; des réunions de chantier se sont tenues avant le 11 novembre 2022 au cours desquelles les devis relatifs à deux lots importants ont été validés ; des travaux intérieurs ont été réalisés ; divers devis pour la réalisation de travaux d'installation de fenêtre de toiture, de raccordement téléphonique du bâtiment, d'aménagement du bâtiment ont été demandés ;

* les travaux réalisés correspondent à l'objet du permis de construire délivré le 11 novembre 2019 ; aucune infraction pénale n'est constituée.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 17 juillet 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- l'urgence n'est pas établie ;

- il n'y a pas de doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2023, la commune de Sucé-sur-Erdre, représentée par Me Vic, conclut au rejet de la requête et demande en outre qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence n'est pas établie ;

- il n'y a pas de doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 3 juillet 2023 sous le numéro 2309616 par laquelle M. B demande l'annulation de l'arrêté 2023-07 du 26 avril 2023.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Allio-Rousseau, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 juillet 2023 à 14h30 :

- le rapport de Mme Allio-Rousseau, juge des référés ;

- les observations de Me Connan, avocate de M. B ;

- les observations de Me Auriau, substituant Me Vic, avocat de la commune de Sucé-sur-Erdre.

Le préfet de la Loire-Atlantique, régulièrement convoqué, n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par une demande enregistrée le 11 juin 2019, M. B a sollicité la délivrance d'un permis de construire sur un terrain sis lieudit La Baraudière à Sucé-sur-Erdre. Cette demande visait la démolition partielle, la réhabilitation et l'extension de bâtiments existants en vue de la création de gîtes. Le 19 novembre 2019, le maire de Sucé-sur-Erdre lui a délivré un certificat attestant de ce qu'il était titulaire d'un permis de construire tacite depuis le 11 novembre 2019. M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté n° 2023-07 du 26 avril 2023 par lequel le maire de la commune de Sucé-sur-Erdre l'a mis en demeure, au nom de l'Etat, d'interrompre l'exécution des travaux de construction réalisés sur cet ensemble immobilier cadastré section ZN numéro 92 situé 2178 route de la Filonnière lieudit La Baraudière à Sucé-sur-Erdre.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire. Enfin, la condition d'urgence doit être appréciée à la date à laquelle le juge des référés statue.

4. Pour justifier de l'urgence, M. B fait valoir que les travaux de rénovation entrepris sur l'ensemble immobilier sont à l'arrêt depuis le début du mois de mai 2023, et que cet arrêt de travaux risque d'entrainer de lourdes conséquences dès lors qu'une partie des immeubles est susceptible de s'effondrer suite notamment au tremblement de terre ressenti dans la région, comme en atteste le constat dressé le 27 juin 2023 par son maître d'œuvre. Il ajoute que le risque d'effondrement est de nature à porter atteinte à sa sécurité ainsi qu'à celle de ses enfants qui résident dans une partie des bâtiments et à entraîner des coûts supplémentaires.

5. S'il n'est pas possible d'exclure que le déchaussement de pierres ainsi qu'un écartement de certaines fissures, qui sont apparentes au moins depuis trois ans sur l'angle du bâtiment B de l'ensemble immobilier, et que l'effondrement de la cheminée du four à pain située à proximité du bâtiment A du projet, peuvent avoir pour cause le tremblement de terre du 16 juin 2023 et ses répliques, il ne résulte pas toutefois de l'instruction que les travaux préconisés par l'expert professionnel mandaté par le requérant, qui consistent en un étayage de toute urgence du plancher et de la toiture du bâtiment B, un étayage de la cheminée du bâtiment A, la mise en place de jambes de force et d'une protection du site, soient inclus dans ceux prévus par le permis de construire obtenu tacitement le 19 novembre 2019 et dont la poursuite a été interrompue par l'arrêté du 26 avril 2023, ni que cet arrêté empêche la réalisation en urgence de travaux de confortement. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que M. B demeure avec ses enfants dans une autre partie du bâtiment qui n'est pas directement concernée par le risque d'effondrement. Enfin, M. B ne justifie d'aucun surcoût des travaux à raison de leur interruption.

6. Il résulte de ce qui précède que la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut, en l'espèce, être regardée comme remplie. L'une des conditions auxquelles les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnent la suspension de l'exécution d'une décision administrative n'étant pas remplie, les conclusions de la requête de M. B tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 26 avril 2023 ne peuvent qu'être rejetées. Ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent, par conséquent, qu'être également rejetées.

7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Sucé-sur-Erdre au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Sucé-sur-Erdre au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée pour information à la commune de Sucé-sur-Erdre et au préfet de la Loire-Atlantique.

Fait à Nantes, le 20 juillet 2023.

La juge des référés,

M.-P. ALLIO-ROUSSEAU

La greffière,

M-C. MINARDLa République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions