lundi 3 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2309964 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | LANTHEAUME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 juillet 2023 et 23 avril 2024, M. E D et Mme B C, représentés par Me Lantheaume, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de constater le non-lieu à statuer s'agissant de M. F A ;
2°) d'annuler la décision implicite née le 24 mai 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours contre la décision du 19 février 2023 de l'autorité consulaire française à Alger (Algérie) refusant de délivrer à Mme C un visa de long séjour en qualité de visiteuse ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer ce visa dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- M. F A étant décédé le 27 juillet 2023, la requête en tant qu'elle est présentée en son nom est devenue sans objet ;
- la décision attaquée n'est pas motivée faute pour la commission d'avoir répondu à la demande de communication des motifs dans le délai d'un mois prévu par l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le motif tiré de ce qu'ils ne sont pas à charge de leur fille française est entaché d'erreur de droit ;
- ils remplissent les conditions de délivrance du visa de long séjour en qualité de visiteur.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 avril 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. F A et Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Heng a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. E F A et Mme B C, ressortissants algériens, ont présenté des demandes de visa de long séjour en qualité de visiteurs auprès de l'autorité consulaire française à Alger (Algérie). Par des décisions du 19 février 2023, cette autorité a refusé de leur délivrer ces visas. Par une décision implicite née le 24 mai 2023, dont M. F A et Mme C demandent l'annulation, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre ces décisions consulaires. Le 5 juillet 2023, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a expressément rejeté leur recours.
Sur le désistement :
2. Le tribunal a été informé le 23 avril 2024, soit postérieurement à la production par le ministre de l'intérieur et des outre-mer de son mémoire en défense, du décès de M. A, intervenu le 27 juillet 2023. Par suite, l'affaire étant, en ce qui le concerne, en état d'être jugée, les conclusions à fin de non-lieu du conseil de M. F A doivent être regardées comme équivalant à un désistement pur et simple dont rien ne s'oppose à ce qu'il soit donné acte.
Sur l'objet du litige :
3. Si le silence gardé par l'administration sur un recours administratif préalable obligatoire fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde et que, dès lors, celle-ci ne peut être utilement contestée au motif que l'administration aurait méconnu ces dispositions en ne communiquant pas au requérant les motifs de sa décision implicite dans le délai d'un mois qu'elles lui impartissent.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme C tendant à l'annulation de la décision implicite née le 24 mai 2023 par laquelle la commission de recours a rejeté le recours contre les décisions de l'autorité consulaire française à Alger doivent être regardées comme dirigées contre la décision expresse du 5 juillet 2023 par laquelle la commission a confirmé ce refus. Par ailleurs, cette décision s'étant substituée à la décision implicite initialement intervenue, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision implicite tiré de l'absence de communication des motifs de la décision implicite ne peut qu'être écarté comme inopérant.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, Mme C ne peut utilement se prévaloir de ce que le motif de la décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France tiré de ce qu'elle ne justifie pas être à la charge de sa fille française est entaché d'erreur de droit, dès lors que ce motif ne fonde pas la décision attaquée.
6. En second lieu, aux termes de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () a) Les ressortissants algériens qui justifient de moyens d'existence suffisants et qui prennent l'engagement de n'exercer, en France, aucune activité professionnelle soumise à autorisation reçoivent après le contrôle médical d'usage un certificat valable un an renouvelable et portant la mention " visiteur " (). ". Aux termes de l'article 9 de cet accord : " () Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre des articles () 7 (), les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité et un visa de long séjour délivré par les autorités françaises. / Ce visa de long séjour accompagné des pièces et documents justificatifs permet d'obtenir un certificat de résidence dont la durée de validité est fixée par les articles et titres mentionnés à l'alinéa précédent ".
7. L'étranger désirant se rendre en France et qui sollicite un visa de long séjour en qualité de visiteur doit justifier de la nécessité dans laquelle il se trouve de résider en France pour un séjour de plus de trois mois. En l'absence de toute disposition conventionnelle, législative ou réglementaire déterminant les cas où ce visa peut être refusé, et eu égard à la nature d'une telle décision, les autorités françaises, saisies d'une telle demande, disposent, sous le contrôle par le juge de l'excès de pouvoir, d'un large pouvoir d'appréciation et peuvent se fonder non seulement sur des motifs tenant à l'ordre public, tel que le détournement de l'objet du visa, mais aussi sur toute considération d'intérêt général.
8. Pour rejeter le recours de Mme C, la commission de recours contre les refus de visa s'est fondée sur le motif tiré de ce qu'elle ne justifie pas de la nécessité de s'établir en France pour un séjour de longue durée, alors qu'elle est titulaire d'un visa de court séjour de circulation d'un an délivré le 10 mai 2023.
9. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a sollicité la délivrance d'un visa de long séjour " établissement privé / visiteur " afin de pouvoir séjourner en France plus de trois mois et passer ainsi plus de temps avec sa fille et ses petits-enfants y résidant. Mme C s'est notamment vue délivrer un visa de court séjour multi-circulation d'une durée d'un an, lui permettant de voyager entre la France et l'Algérie pour une durée de 90 jours maximum sur une période de 180 jours à compter du 1er juin 2023. Par ailleurs, elle ne justifie pas, par les pièces produites, de la nécessité de disposer simultanément d'un visa de long séjour " visiteur ". Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir qu'elle remplit les conditions de délivrance du visa de long séjour en qualité de visiteuse.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige doivent également l'être.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de la requête en tant qu'elles concernent le refus de visa opposé à M. F A.
Article 2 : La requête de Mme C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C épouse F A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 6 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chauvet, présidente,
Mme André, première conseillère,
Mme Heng, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juin 2024.
La rapporteure,
H. HENGLa présidente,
C. CHAUVET
La greffière,
C. GUILLAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026