jeudi 31 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2311059 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ADDEN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2023, la société Online Academy, représentée par Me Chouchana, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 1er juin 2023 par laquelle la directrice adjointe de la caisse des dépôts et consignations l'a exclue de sa plateforme " moncompteformation " pour une durée de douze mois, lui a enjoint de reverser les sommes qui lui ont été versées, a refusé de lui payer les sommes concernant les dossiers de formation en cours et s'est opposée au reversement, le cas échéant, des sommes rétrocédées par l'établissement bancaire ;
2°) d'enjoindre à la caisse des dépôts et consignations de procéder à son référencement sur la plateforme " moncompteformation ", dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre à la caisse des dépôts et consignations de procéder au paiement des formations qu'elle a engagées sur la plateforme " moncompteformation ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la caisse des dépôts et consignations le versement à son profit d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ; elle exerce exclusivement son activité sur la plateforme " moncompteformation " ; si son exclusion de cette plateforme est maintenue et si les sommes facturées, qui représentent à ce jour un montant de 169 515 euros, ne lui sont pas payées prochainement, elle devra se déclarer en cessation de paiements et solliciter sa liquidation judiciaire auprès du tribunal de commerce ;
- les moyens qu'elle soulève, tirés de l'insuffisante motivation en fait de la décision attaquée, de l'absence de respect, par la caisse des dépôts et consignations, de la procédure contradictoire durant la phase de contrôle et à l'issue de celle-ci, en violation des articles 10 et 13.1 des conditions générales d'utilisation de la plateforme " moncompteformation " et de l'article R. 6333-6 du code du travail, et de ce que la décision attaquée, en tant qu'elle lui reproche la commission de fraudes, est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 août 2023, la caisse des dépôts et consignations, représentée par Me Nahmias, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la société Online Academy le versement à son profit d'une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la société requérante propose, par l'intermédiaire de la plateforme " moncompteformation " différentes formations en langue et des bilans de compétence ; des non-conformités graves concernant cet organisme de formation ont été constatées ; l'urgence de la préservation des fonds publics et la particulière gravité des agissements délictuels constatés l'ont conduite à exclure la société de cette plateforme par décision unilatérale du 1er juin 2023 ;
- les conditions prévues à l'article L. 521-1 du code de justice administrative, tenant à l'urgence et à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, ne sont pas remplies.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête au fond par laquelle la société Online Academy demande l'annulation de la décision attaquée susvisée de la caisse des dépôts et consignations.
Vu :
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- les conditions générales d'utilisation de la plateforme " Mon compte formation " applicable aux relations entre la caisse des dépôts et consignations et les organismes de formation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Martin, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 août 2023 à 9h30 :
- le rapport de M. Martin, juge des référés ;
- les observations de Me Chouchana, avocat de la société Online Academy, et celles de Me Monfront, substituant Me Nahmias, avocat de la caisse des dépôts et consignations.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La société Online Academy demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 1er juin 2023 par laquelle la directrice adjointe de la caisse des dépôts et consignations l'a exclue de la plateforme dématérialisée " moncompteformation " pour une durée de douze mois, lui a enjoint de reverser les sommes qui lui ont été versées, a refusé de lui payer les sommes concernant les dossiers de formation en cours et s'est opposée au reversement, le cas échéant, des sommes rétrocédées par l'établissement bancaire.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier objectivement et concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant et de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Il résulte de l'instruction que la société Online Academy, organisme de formation créé le 16 mars 2022, propose, par l'intermédiaire de la plateforme " moncompteformation ", différentes formations en langue et des bilans de compétence. A ce titre, elle avait perçu, à la date de la décision attaquée, de la caisse des dépôts et consignations une somme totale de 270 225 euros provenant des comptes personnels de formation de 278 titulaires Pour l'exclure temporairement de cette plateforme, la caisse des dépôts et consignations a considéré que l'analyse du fonctionnement de la société révélait des non-conformités graves à caractère frauduleux justifiant, eu égard au risque de disparition immédiate et définitive des fonds versés, le prononcé sans délai de cette exclusion et le blocage de l'ensemble des paiements. La société Online Academy fait valoir qu'elle exerce exclusivement son activité sur la plateforme " moncompteformation ". Elle produit à l'appui de cette affirmation trois relevés de compte bancaire de mars, avril et mai 2023 ainsi qu'un tableau selon lequel la caisse des dépôts et consignations reste lui devoir une somme de 169 515 euros correspondant à des dossiers facturés. Selon la société, si son déférencement est maintenu et si cette somme ne lui est pas versée, elle devra se déclarer en cessation de paiements et solliciter sa liquidation judiciaire auprès du tribunal de commerce. Toutefois, il ne ressort pas des éléments produits par la société, en l'absence notamment d'une attestation d'un expert-comptable, qu'elle serait dans l'impossibilité de proposer ses formations autrement que par le biais de la plateforme " Mon compte formation " et que son exclusion temporaire de cette plateforme compromettrait sa survie. En revanche, il résulte des éléments produits par la caisse des dépôts et consignations, notamment, que 240 comptes des stagiaires, soit 40% du total, ayant souscrit à une formation proposée par la société partagent les mêmes adresses IP alors que ces stagiaires sont domiciliés dans différentes régions françaises, que 167 comptes de stagiaires partagent les mêmes adresses IP que la société Online Academy, que le processus d'inscription/validation d'une formation auprès de la société requérante se fait dans un temps très court (moins de 20 minutes pour 63% des dossiers de formations), que six titulaires de compte ont signalé, entre décembre 2022 et mars 2023, avoir été victimes de la part de la société requérante d'une vente forcée sans consentement ou d'un vol d'identité et que la société, qui ne justifie pas du taux de réalisation de ses formations par les stagiaires, ne cite aucun des réseaux sociaux dont elle prétend se servir pour assurer sa publicité et ne fournit pas d'exemple de cette publicité susceptible de convaincre un futur stagiaire de souscrire sur le champ à ses offres de formation. En l'état de l'instruction, ces éléments non sérieusement contredits corroborent les allégations de fraude de la caisse des dépôts et consignations. Dans ces conditions, l'intérêt public qui s'attache, d'une part, au bon fonctionnement du dispositif de financement de formation continue " Mon compte formation " et, d'autre part, à la préservation des finances publiques fait obstacle à ce que puisse être regardée comme remplie la condition d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. En conséquence, l'une au moins des conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, les conclusions de la société Online Academy tendant à la suspension de l'exécution de la décision attaquée de la caisse des dépôts et consignations ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. La société Online Academy étant la partie perdante dans la présente instance, ses conclusions tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de la caisse des dépôts et consignations au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent être accueillies. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la caisse des dépôts et consignations sur ce même fondement.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Online Academy est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse des dépôts et consignations tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Online Academy ainsi qu'à la caisse des dépôts et consignations.
Fait à Nantes, le 31 août 2023.
Le juge des référés,
L. Martin
La greffière,
M. A La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026