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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2311645

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2311645

mardi 29 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2311645
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantRODRIGUES DEVESAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Rodrigues Devesas, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque ce délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de délivrer le titre de séjour sollicité ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de destination :

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour les prive de base légale.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 juin 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête. Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Cantié a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant tchadien né le 13 janvier 2001, déclarant être entré en France le 12 août 2019, a été définitivement débouté du droit d'asile par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 31 août 2020. Sa demande de réexamen a également été rejetée. Il a sollicité auprès du préfet de Maine-et-Loire son admission exceptionnelle au séjour. Sa demande a été rejetée par un arrêté du 5 juillet 2023 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur la légalité de l'arrêté contesté :

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

2. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France en août 2019 à l'âge de 18 ans, accompagnant sa mère, son frère et ses trois sœurs. Il y réside habituellement depuis, de même que les membres de sa famille, sa mère ayant obtenu sa régularisation et ses frères et sœurs étant scolarisés. Il ressort notamment d'un certificat médical établi le 9 décembre 2022 par le Dr C que la présence de M. B est nécessaire à la prise en charge médicale de son petit-frère Hissein, lors des rendez-vous médicaux à Nantes et des hospitalisations à Cholet. Toutefois, M. B, qui est célibataire, ne démontre pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. S'il fait état de sa volonté d'intégration par le travail, en se prévalant d'une ancienneté de travail cumulée de neuf mois d'activités salariées ainsi que d'une promesse d'embauche signée le 31 octobre 2022, et justifie être propriétaire d'un bien immobilier en France, disposer d'un patrimoine financier lui permettant de subvenir à ses besoins et déclarer ses impôts en France, la durée de son séjour, inférieure à quatre ans à la date de l'acte attaqué, s'explique essentiellement par l'examen de sa demande d'asile et de sa demande de réexamen. De plus, il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement à l'exécution de laquelle il s'est soustrait. Dans ces conditions, le préfet de Maine-et-Loire, en refusant l'admission au séjour de l'intéressé, n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts d'intérêt public poursuivis. Dès lors, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Il y a lieu d'écarter, pour les mêmes motifs, les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicables au litige, et le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne les autres décisions attaquées :

3. En premier lieu, eu égard à ce qui a été dit ci-dessus, le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.

4. En second lieu, M. B n'établit pas la réalité du risque personnel qu'il allègue encourir en cas de retour au Tchad. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Maine-et-Loire.

Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cantié, président,

M. Barès, premier conseiller,

M. Delohen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.

Le président-rapporteur,

C. CANTIE

L'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

M. BARESLa greffière,

F. MERLET

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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