lundi 15 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2313436 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | BOHNER |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le numéro 2313436, les 12 septembre 2023 et 20 mars 2024, M. E F J et Mme B C A, représentés par Me Bohner, demandent au tribunal :
1°) d'admettre provisoirement M. F J au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision implicite née le 10 septembre 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision de l'autorité consulaire française en Ouganda refusant de délivrer à Mme A C un visa de long séjour au titre de la réunification familiale ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer ce visa dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros hors taxes à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, dès lors que l'identité de la demandeuse de visa et son lien matrimonial avec le réunifiant sont établis ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 mars 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la réunification familiale présente un caractère partiel ;
- les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant n'ont pas été méconnues.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le numéro 2313439, les 12 septembre 2023 et 20 mars 2024, M. E F J et Mme G E F, représentés par Me Bohner, demandent au tribunal :
1°) d'admettre provisoirement M. F J au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision implicite née le 10 septembre 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision de l'autorité consulaire française en Ouganda refusant de délivrer à Mme G E F un visa de long séjour au titre de la réunification familiale ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer ce visa dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros hors taxes à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, dès lors que l'identité de Mme E F et son lien de filiation avec M. F J sont établis ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 mars 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la réunification familiale présente un caractère partiel ;
- les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant n'ont pas été méconnues.
III. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le numéro 2313442, les 12 septembre 2023 et 20 mars 2024, M. E F J et Mme D E F, représentés par Me Bohner, demandent au tribunal :
1°) d'admettre provisoirement M. F J au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision implicite née le 10 septembre 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision de l'autorité consulaire française en Ouganda refusant de délivrer à Mme D E F un visa de long séjour au titre de la réunification familiale ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer ce visa dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros hors taxes à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, dès lors que, si Mme D E F était âgée de plus de 19 ans à la date de l'enregistrement de sa demande de visa, elle bénéficiait d'un droit à la réunification eu égard au contexte de la crise sanitaire liée au covid-19 qui a retardé la demande de visa, et au délai séparant l'introduction de la demande d'asile de M. F J et l'obtention du bénéfice de la protection subsidiaire, que son identité et le lien de filiation l'unissant à M. F J sont établis ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 mars 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la réunification familiale présente un caractère partiel ;
- les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant n'ont pas été méconnues.
M. F J a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 mars 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme André a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. E F J, ressortissant somalien né le 12 mai 1955, s'est vu attribuer le bénéfice de la protection subsidiaire. Le 19 mai 2022, des visas de long séjour au titre de la réunification familiale ont été sollicités par Mme C A (désignée sous le nom de " B A C " par l'office français de protection des réfugiés et apatrides selon un courrier du 3 août 2020), de même nationalité, née le 10 décembre 1970, qu'il présente comme son épouse, et par Mme G E F et Mme D E F, qu'il présente comme ses enfants, de même nationalité, nées respectivement les 26 juin 2004 et 2 décembre 2000. Par une décision du 10 septembre 2023, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre les refus opposés par l'autorité consulaire française en Ouganda à ces demandes. M. F J, Mme C A, Mme G E F et Mme D E F demandent l'annulation de la décision de la commission de recours.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. F J a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 mars 2024. Par suite, ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.
Sur la jonction :
3. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2313436, 2313439 et 2313442 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article D. 312-8-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En l'absence de décision explicite prise dans le délai de deux mois, le recours administratif exercé devant les autorités mentionnées aux articles D. 312-3 et D. 312-7 est réputé rejeté pour les mêmes motifs que ceux de la décision contestée (). Pour rejeter le recours préalable formé à l'encontre de la décision consulaire, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France doit être regardée comme s'étant fondée sur le motif retenu par la décision consulaire, tiré de ce que le lien familial des demandeuses de visas avec le bénéficiaire de la protection subsidiaire ne correspond pas à l'un des cas permettant d'obtenir un visa au titre de la réunification familiale.
5. Aux termes des dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : / 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile ; / 2° Par son concubin, âgé d'au moins dix-huit ans, avec lequel il avait, avant la date d'introduction de sa demande d'asile, une vie commune suffisamment stable et continue ; / 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. / () / L'âge des enfants est apprécié à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite. ". Aux termes de l'article L. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux. "
6. Pour l'application de ces dispositions, l'article R. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " La demande de réunification familiale est initiée par la demande de visa des membres de la famille du réfugié ou du bénéficiaire de la protection subsidiaire mentionnée à l'article L. 561-5. Elle est déposée auprès de l'autorité diplomatique ou consulaire dans la circonscription de laquelle résident ces personnes ".
7. Il résulte de ces dispositions que l'âge de l'enfant pour lequel il est demandé qu'il puisse rejoindre son parent réfugié sur le fondement de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être apprécié à la date de la demande de réunification familiale, c'est-à-dire à la date à laquelle est présentée la demande de visa à cette fin, sans qu'aucune condition de délai ne puisse être opposée. La circonstance que cette demande de visa ne peut être regardée comme effective qu'après son enregistrement par l'autorité consulaire, qui peut intervenir à une date postérieure, est sans incidence à cet égard. Par ailleurs, lorsqu'une nouvelle demande de visa est déposée après un premier refus définitif, il convient, pour apprécier l'âge de l'enfant, de tenir compte de cette demande, et non de la première demande.
8. Les dispositions précitées ne peuvent toutefois recevoir application dans le cas où l'enfant a atteint l'âge de dix-neuf ans entre la demande d'asile de son parent et l'octroi à celui-ci du statut de réfugié ou de la protection subsidiaire. Dans cette hypothèse, sous réserve que la demande de réunification ait été introduite dans les trois mois suivant l'octroi de la protection, l'âge doit être apprécié à la date de la demande d'asile.
En ce qui concerne Mme D E F :
9. Pour justifier du lien de filiation entre Mme D E F et M. F J, les requérants ont produit un certificat de naissance, établi le 6 juin 2018 par le maire de Mogadiscio, faisant état de ce qu'elle est née le 2 décembre 2000 et qu'elle est la fille de M. F J et de Mme C A. Par suite, le lien de filiation avec M. F J peut être regardé comme établi. Il ressort toutefois des pièces du dossier que Mme D E F était âgée de plus de dix-neuf ans à la date de sa demande de visa et qu'elle n'avait pas atteint l'âge de dix-neuf ans entre la date d'introduction de la demande d'asile de M. F J et le bénéfice de la protection subsidiaire par celui-ci, et dont il indique qu'il lui a été accordé en 2018. Dans ces conditions, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en opposant le motif tiré de ce qu'elle ne relèverait pas des dispositions de l'article L. 562-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne Mme B C A :
10. Pour justifier du lien matrimonial de Mme C A avec M. F J, les requérants produisent un certificat de naissance établi le 6 juin 2018 par le maire de Mogadiscio, ainsi qu'une carte d'identité de réfugiée délivrée le 30 juillet 2019 et une attestation de réfugiée établie le 28 octobre 2022, en Ouganda. Ils versent également au dossier une copie certifiée conforme du certificat de mariage établi par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 3 août 2020, faisant état de ce qu'elle s'est mariée avec M. F J le 9 septembre 1999 en Somalie. Aucune procédure d'inscription de faux n'a été engagée à l'encontre de ce certificat de mariage, de sorte que les énonciations qu'il comporte font foi. Dans ces conditions, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en rejetant le recours formé par les requérants contre la décision consulaire refusant de délivrer le visa sollicité pour le motif tiré de ce que Mme C A ne relèverait pas des dispositions de l'article L. 562-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne Mme G E F :
11. Pour justifier du lien de filiation entre Mme G E F et M. F J, les requérants ont produit un certificat de naissance, établi le 6 juin 2018 par le maire de Mogadiscio, faisant état de ce qu'elle est née le 26 juin 2004 et qu'elle est la fille de M. F J et de Mme C A. Par suite, le lien de filiation avec M. F J peut être regardé comme établi. Il ressort de ces documents que Mme H était âgée de moins de dix-neuf ans à la date de sa demande de visa. Dans ces conditions, et en l'absence de toute précision dans le mémoire en défense sur le motif opposé par le consulat et repris par la commission, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en considérant que Mme G E F ne relevait pas des dispositions de l'article L. 562-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
12. Pour établir que la décision attaquée était légale, le ministre de l'intérieur et des outre-mer fait valoir, dans son mémoire en défense, communiqué aux requérants, que la demande de réunification familiale présente un caractère partiel.
13. Aux termes de l'article L 561-4 du même code : " Les articles L. 434-1, L. 434-3 à L. 434-5 et le premier alinéa de l'article L. 434-9 sont applicables. La réunification familiale n'est pas soumise à des conditions de durée préalable de séjour régulier, de ressources ou de logement. ". Aux termes de l'article L. 434-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable aux membres de la famille d'un réfugié en vertu des dispositions de l'article L. 561-4 cité précédemment : " Le regroupement familial est sollicité pour l'ensemble des personnes désignées aux articles L. 434-2 à L. 434-4. Un regroupement partiel peut toutefois être autorisé pour des motifs tenant à l'intérêt des enfants. ". Aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : / 1° Par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans / 2° Et par les enfants du couple mineurs de dix-huit ans ".
14. Alors qu'il ressort d'une note de l'OFPRA établie le 3 août 2022, que M. F J a déclaré avoir quatre enfants lors de l'introduction de sa demande d'asile, dont un mineur à la date de la décision attaquée, il est constant que des visas n'ont été sollicités que pour deux d'entre eux, G et D E F. Si l'aîné de ses deux autres enfants était âgé de plus de dix-neuf ans à la date du dépôt de ces demandes de visas, il n'en va pas de même du second, né le 10 octobre 2006. Dès lors, alors que les requérants n'apportent aucun élément d'explication à cette situation, le ministre de l'intérieur et des outre-mer, en retenant le motif tiré du caractère partiel de la réunification familiale, ne commet pas d'erreur d'appréciation. Par suite, il y a lieu de procéder à la substitution de motif demandée par le ministre, qui a été soumise au contradictoire dans le cadre de l'instance et n'a pas pour effet de priver le requérant d'une garantie de procédure.
15. En second lieu, eu égard à ce qui a été dit au point 14, alors que les demandeuses de visas ne seront pas isolées en Ouganda où elles vivent depuis plusieurs années et dès lors qu'elles ne produisent aucun document attestant de la continuité d'une vie familiale avec M. F J depuis l'obtention du bénéfice de la protection subsidiaire, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France n'a méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni celles du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, Mme G E F, étant, au demeurant, âgée de plus de dix-huit ans à la date de la décision attaquée.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions aux fins d'injonction et de celles présentées au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire de M. F J.
Article 2 : Les requêtes n°231436, 231439 et 231442 sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E F J, à Mme B C A, à Mme G E F et à Mme D E F, ainsi qu'à Me Bohner et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 25 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chauvet, présidente,
Mme André, première conseillère,
Mme Heng, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 avril 2024.
La rapporteure,
M. ANDRE
La présidente,
C. CHAUVET
La greffière,
C. GUILLAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,, 2313439, 2313442
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026