lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2313898 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SOH MOUAFO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 18 et 25 septembre 2023 et le 24 août 2024, M. A D C, représenté par Me Soh Mouafo, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours contre la décision du 9 août 2023 de l'autorité consulaire française à Douala (Cameroun) refusant de lui délivrer un visa de long séjour en qualité d'étudiant ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui délivrer ce visa, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée et la décision consulaire sont insuffisamment motivées ;
- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen réel et sérieux ;
- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation dès lors que les informations qu'il a apportées, à l'appui de sa demande de visa, sont fiables et complètes ;
- son projet d'études est sérieux et cohérent ;
- il dispose de ressources suffisantes pour couvrir ses frais d'inscription et ceux liés à son séjour en France ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles méconnaissent les dispositions des articles 5, 7 et 11 de la directive 2016/801 du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2016.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 novembre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés ;
- la décision attaquée peut être également fondée sur le risque de détournement de l'objet du visa et sur l'insuffisance des ressources dont dispose le requérant pour financer son séjour en France.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive (UE) 2016/801 du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2016 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'instruction interministérielle relative aux demandes de visas de long séjour pour études dans le cadre de la directive UE 2016/801 du 4 juillet 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Pétri, rapporteur public,
- et les observations de Me Soh Mouafo, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D C, ressortissant camerounais né le 13 mai 1999, a présenté une demande de visa de long séjour en qualité d'étudiant auprès de l'autorité consulaire française à Douala (Cameroun). Par une décision du 9 août 2023, cette autorité a refusé de lui délivrer le visa sollicité. Par une décision implicite née le 12 novembre 2023, dont M. C demande l'annulation, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre cette décision consulaire.
2. En premier lieu, la décision attaquée énonce avec une précision suffisante les dispositions légales qui la fondent et mentionne les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. C. Elle satisfait, ainsi, aux exigences de motivation que lui imposent les articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation du demandeur de visa.
4. En troisième lieu, M. C soutient, sans être contestée, avoir fourni l'ensemble des documents demandés pour justifier sa demande, notamment, un document de voyage d'une durée supérieure d'au moins 3 mois à la date d'expiration du visa sollicité, une attestation de pré-inscription générée par l'application " Etudes En France ", des justificatifs de ressources d'un montant mensuel minimum équivalent à 615 euros, une attestation bancaire de virement permanent et irrévocable, un justificatif d'hébergement. Par suite, et alors que le ministre de l'intérieur et des outre-mer n'apporte, dans son mémoire en défense, aucun élément de nature à établir que les informations communiquées pour justifier l'objet et les conditions du séjour envisagé ne seraient pas fiables, en se fondant sur ce motif, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a entaché sa décision attaquée d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. Toutefois, pour établir que la décision attaquée était légale, le ministre de l'intérieur et des outre-mer fait valoir dans son mémoire en défense, communiqué au requérant, d'une part que le demandeur n'établit pas disposer de ressources suffisantes pour financer son séjour en France et, d'autre part, qu'il existe un risque de détournement de l'objet du visa sollicité. Le ministre doit être regardé comme sollicitant implicitement une substitution de motif.
6. En l'absence de dispositions spécifiques figurant dans le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une demande de visa de long séjour formée pour effectuer des études en France est notamment soumise aux instructions générales établies par le ministre chargé de l'immigration prévues par le décret du 13 novembre 2008 relatif aux attributions des chefs de mission diplomatique et des chefs de poste consulaire en matière de visas, en particulier son article 3, pris sur le fondement de l'article L. 311-1 de ce code. L'instruction applicable est, s'agissant des demandes de visas de long séjour en qualité d'étudiant mentionnés à l'article
L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'instruction ministérielle du 4 juillet 2019 relative aux demandes de visas de long séjour pour études dans le cadre de la directive (UE) 2016/801 précitée, laquelle participe de la transposition de cette même directive.
7. Le point 2.2 de cette instruction prévoit que " L'étranger doit justifier qu'il disposera de ressources suffisantes pour couvrir ses frais d'études / L'étranger doit apporter la preuve qu'il dispose de moyens d'existence suffisants pour la durée de validité du visa de long séjour pour études. Ces ressources doivent être équivalentes, pour l'ensemble de la période concernée, au moins au montant de l'allocation d'entretien mensuelle de base versée, au titre de l'année universitaire écoulée, aux boursiers du Gouvernement français, soit 615 euros en 2019 ".
8. Il ressort des pièces du dossier que M. C a sollicité un visa de long séjour pour poursuivre une formation en première année de " Mastère marketing communication digitale " à l'Executive Management School of Paris (EMSP), que son oncle a versé un acompte de 1 000 euros correspondant aux droits d'inscription dans la formation sollicitée. Il ressort encore des pièces du dossier que M. C bénéficie d'une somme mensuelle de 615 euros, conformément au montant minimum fixé par l'instruction du 4 juillet 2019, et que son loyer s'élève à 435 euros. Si le requérant produit un courrier par lequel son oncle s'engage à prendre en charge " tous les frais de ses études durant son séjour en France ", ce document est rédigé en termes généraux et ne comporte aucune mention relative aux frais de scolarité restant à payer, qui s'élève à plus de 5 000 euros. Dans ces conditions, il y a lieu de considérer que le motif tiré de l'insuffisance des ressources dont dispose le requérant pour financer son séjour en France est de nature à fonder légalement la décision attaquée. Il résulte de l'instruction que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France aurait pris la même décision si elle avait entendu se fonder initialement sur ce motif. Dès lors, il y a lieu de procéder à la substitution de motif demandée par le ministre, qui a été soumise au contradictoire dans le cadre de l'instance et n'a pas pour effet de priver le requérant d'une garantie de procédure.
9. En quatrième lieu, ainsi que l'a jugé la Cour de justice de l'Union européenne, par son arrêt du 10 septembre 2014 n° C-491/13, " rien n'empêche les Etats membres d'exiger toutes les preuves nécessaires pour évaluer la cohérence de la demande d'admission à des fins d'études afin d'éviter toute utilisation abusive ou frauduleuse de la procédure ". Ainsi, en tout état de cause, alors même que le requérant remplirait les conditions fixées par les articles 5, 7 et 11 de la directive (UE) 2016/801 du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2016, la commission de recours n'a, en refusant de délivrer le visa pour le motif indiqués au point précédent, pas méconnu les objectifs de cette directive.
10. En cinquième et dernier lieu, eu égard à la nature de la décision contestée, M. C ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à la délivrance d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étudiant.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et de celles qu'il a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D C et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Claire Chauvet, présidente,
Mme Marina André, première conseillère,
M. Emmanuel Bernard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.
Le rapporteur,
Emmanuel BLa présidente,
Claire ChauvetLa greffière,
Anne Voisin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026