vendredi 22 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2315482 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL CORNET VINCENT SEGUREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 octobre 2023 et 13 novembre 2024, la société Jean-Louis Laigle, représentée par Me Marcault-Derouard, demande au juge des référés :
1°) statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner la commune de Saint-Aignan de Grand Lieu à lui verser une provision de
25 425,18 euros TTC, assortie des intérêts, ainsi que de la capitalisation de ces intérêts, en paiement de travaux réalisés dans le cadre de la réhabilitation et de la rénovation du presbytère et de son parc ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Aignan de Grand Lieu une somme de
2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à la demande des maître d'ouvrage et maître d'œuvre, elle a exécuté des travaux, pour un montant de 25 425,18 euros TTC, afin de remédier aux désordres liés à la défaillance des sociétés Guesneau et Joly chargées respectivement des lots couverture et charpente ;
- par un accord d'arbitrage du 27 avril 2022, le maître d'ouvrage s'est engagé à régler lesdits travaux s'ils n'étaient pas payés par les sociétés Guesneau et Joly ;
- ces travaux ont été convenus hors marché et n'avaient donc pas à figurer dans le décompte général et définitif dudit marché ;
- la créance n'est donc pas sérieusement contestable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2024, la commune de Saint-Aignan de Grand Lieu, représentée par Me Marchand, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société Jean-Louis Laigle en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'eu égard au caractère définitif du décompte général du marché conclu avec la société Jean-Louis Laigle, la créance dont celle-ci se prévaut est sérieusement contestable.
Par une ordonnance du 25 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au
15 novembre 2024 à 12h00.
Un mémoire présenté pour la commune de Saint-Aignan de Grand Lieu a été enregistré le 15 novembre 2024 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- l'arrêté du 3 mars 2014 modifiant l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Rimeu pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement signé le 6 mars 2020, la commune de Saint-Aignan de Grand Lieu a confié à la société Jean-Louis Laigle les lots n° 2 " gros oeuvre " et n°3 " maçonnerie taille de pierre " d'un marché de travaux de réhabilitation et d'extension du presbytère et de son parc. La maîtrise d'œuvre des travaux a été confiée Mme A. En cours de chantier, la
société Jean-Louis Laigle a réalisé des travaux de reprise de désordres liés à l'exécution des lots n° 4 " charpente bois " et n° 5 " couverture ardoises ", pour un montant de 25 425,18 euros TTC. Après avoir vainement tenté d'en obtenir le paiement des sociétés Guesneau et Joly, chargées respectivement de ces lots n° 4 et n° 5, la société Jean-Louis Laigle s'est adressée au maître d'ouvrage, qui a refusé de payer ladite facture. Par sa requête, la société Jean-Louis Laigle demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner la commune de Saint-Aignan de Grand lieu à lui verser une provision de 25 425,18 euros TTC.
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".
3. L'ensemble des opérations auxquelles donne lieu l'exécution d'un marché public de travaux est compris dans un compte dont aucun élément ne peut être isolé et dont seul le solde arrêté lors de l'établissement du décompte général et définitif détermine les droits et obligations définitifs des parties.
4. Il résulte de l'instruction que le maître d'ouvrage s'est engagé, lors d'une réunion d'arbitrage du 14 avril 2022, à régler à la société Jean-Louis Laigle les travaux réalisés pour remédier aux désordres liés aux lots n° 4 et 5 dans l'hypothèse où les sociétés Guesneau et Joly, responsables desdits désordres, ne les paieraient pas, que la société Jean-Louis Laigle a intégré dans le décompté final du lot n°3 établi le 25 mai 2022 la somme de 25 425,18 euros TTC correspondante et que, par un courriel du 15 juillet 2022, la commune a accepté cette facture en indiquant toutefois qu'elle serait traitée hors marché. Si la société Jean-Louis Laigle a ainsi légitimement pu croire que la commune de Saint-Aignan de Grand Lieu acceptait le paiement de la facture litigieuse, en dehors des contrats signés pour les lots n° 2 et 3, il résulte également de l'instruction, que, par un courrier postérieur du 29 juillet 2022, la commune a expressément refusé de prendre en charge la facture litigieuse et qu'elle a implicitement réitéré ce refus en gardant le silence sur les demandes de paiement de la société requérante des 20 décembre 2022 et
13 février 2023. Ainsi, à la date à laquelle la société Jean-Louis Laigle a reçu les décomptes généraux des marchés des lots n°2 et n°3, le 6 mars 2023, le refus de la commune de payer la facture litigieuse avait été clairement exprimé. Or la société Jean-Louis Laigle a signé lesdits décomptes sans émettre aucune réserve, le 9 mars 2023, de sorte qu'ils sont devenus définitifs. Par suite, eu égard à l'unicité des décomptes respectifs des lots n° 2 et n°3 et à l'absence de tout autre contrat signé entre les parties pour l'exécution des travaux litigieux, le caractère définitif des décomptes généraux signés le 9 mars 2023 par la société Jean-Louis Laigle, sans réserve quant au litige qui l'opposait alors au maître d'ouvrage, fait obstacle à ce que la créance dont se prévaut la société requérante soit, en l'état de l'instruction, regardée comme non sérieusement contestable.
5. Il résulte de ce qui précède que la société Jean-Louis Laigle n'est pas fondée à demander la condamnation de la commune de Saint-Aignan de Grand Lieu à lui verser une provision de
25 425,18 euros TTC.
6. Les conclusions présentées par la société Jean-Louis Laigle, partie perdante, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par la commune de Saint-Aignan de Grand Lieu.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Société Jean Louis Laigle est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Aignan de Grand Lieu sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la Société Jean Louis Laigle et à la commune de Saint-Aignan de Grand Lieu.
Fait à Nantes, le 22 novembre 2024.
La juge des référés,
S. RIMEU
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026