LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2316127

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2316127

lundi 27 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2316127
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantGOURLAOUEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 octobre 2023 et régularisée les 2 novembre 2023 et 29 novembre 2024, et des mémoires, enregistrés les 26 octobre et 10 novembre 2023, les 5 et 26 juillet 2024, Mme H D, Mme E C, M. F I, et Mme A G, représentés par Me Gourlaouen, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler la décision implicite et la décision du 25 octobre 2023 par lesquelles la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé contre les décisions de l'autorité consulaire française en République démocratique du Congo refusant de délivrer à Mme E C, M. F I et Mme A G, des visas de long séjour au titre de la réunification familiale ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de faire délivrer ces visas, à défaut, de réexaminer leurs demandes de visa ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros à verser à leur conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

- les décisions attaquées ne sont pas motivées ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen de leur situation personnelle ;

- elles sont entachées d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'est pas établi que la commission de recours était régulièrement composée ;

- elles sont entachées d'un second vice de procédure, dès lors que les dispositions de l'article R. 561-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues ;

- elles méconnaissent les dispositions des articles L. 561-2 et L. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sont entachées d'une erreur d'appréciation, dès lors que l'identité des demandeurs de visa et leur lien de filiation avec la réunifiante sont établis par la possession d'état ;

- elles sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, dès lors que le décès du père des demandeurs de visa est établi ;

- les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que celles des articles 3, 9 et 10 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ont été méconnues ; leur situation personnelle a été appréciée de façon manifestement erronée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les moyens soulevés par Mme D, Mme C, M. I et Mme G ne sont pas fondés ;

- la décision attaquée peut légalement être fondée sur le motif tiré de ce que le décès du père des demandeurs de visas n'est pas établi. Le ministre doit, ainsi, être regardé comme sollicitant implicitement une substitution de motifs.

Par une décision du 11 octobre 2024, Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique :

Considérant ce qui suit :

1. Mme H D, ressortissante congolaise née le 15 janvier 1983, a obtenu le statut de réfugiée par une décision du 18 mai 2021 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Des visas de long séjour ont été sollicités, au titre de la réunification familiale, pour E C, F I (alias J) et A G qu'elle présente comme ses enfants, auprès de l'autorité consulaire en République démocratique du Congo, laquelle a rejeté ces demandes. Par une décision implicite née le 5 septembre 2023, puis par une décision du 25 octobre 2023, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé contre cette décision consulaire. Mme D, Mme C, M. I et Mme G demandent l'annulation des deux décisions de la commission de recours.

Sur l'objet du litige :

2. Si le silence gardé par l'administration sur un recours administratif préalable obligatoire fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision.

3. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants dirigées contre la décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France née le 5 septembre 2023, doivent être regardées comme dirigées contre la décision expresse du 25 octobre 2023 de ladite commission.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Pour rejeter le recours préalable formé contre les refus de visa litigieux, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France s'est fondée sur le motif tiré de ce que les demandeurs de visa n'ont justifié ni de leur identité ni de leur lien familial avec la bénéficiaire de la protection de l'OFPRA.

5. Aux termes des dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : () / 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. / () / L'âge des enfants est apprécié à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite. ". Aux termes des dispositions de l'article L. 561-5 de ce code : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. / En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux ".

6. La circonstance qu'une demande de visa de long séjour ait pour objet le rapprochement familial des enfants d'une personne admise à la qualité de réfugiée ne fait pas obstacle à ce que l'autorité administrative refuse la délivrance du visa sollicité en se fondant, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, sur un motif d'ordre public. Figure au nombre de ces motifs le défaut de valeur probante des documents destinés à établir la réalité du lien de filiation produits à l'appui de la demande de visa.

7. Il est constant que Mme E C, M. F I et Mme A G ne disposent pas d'actes de naissance. Toutefois, pour justifier de leur identité et de leur lien de filiation avec Mme D, les requérants produisent une attestation, établie le 25 octobre 2019 par les services du premier ministre ougandais, indiquant que Mme D était, à cette date, réfugiée en Ouganda et accompagnée notamment de six enfants, dont Mme A G, née le 5 juillet 2004 et F J et E C nés le 10 septembre 2006. Ces informations sont corroborées par les mentions portées sur leurs cartes d'identité de réfugiés ougandaises établies le 20 juillet 2023 et celles figurant sur leurs passeports ougandais délivrés les 21 et 23 août 2023. En outre, il ressort des pièces du dossier que, dans son formulaire de demande d'asile, Mme D a déclaré A G, F I et E C comme ses enfants, qu'elle s'est rendue en Ouganda en 2023 et a transféré des sommes d'argent au bénéfice de A G, l'aînée de ces trois enfants, au cours des années 2022 et 2023. Par suite, l'ensemble de ces éléments permettent de considérer que l'identité de Mme E C, de M. F I et de Mme A G et leur lien de filiation les unissant à Mme D sont établis par la possession d'état. En conséquence, ils sont fondés à soutenir que la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en rejetant leurs recours pour le motif énoncé au point 4.

8. Toutefois, pour établir que la décision attaquée était légale, le ministre fait valoir dans son mémoire en défense, communiqué aux requérants, que le décès du père des trois demandeurs de visa n'est pas établi. Il doit, ainsi, être regardé comme sollicitant implicitement une substitution de motif.

9. Il ressort des pièces du dossier, notamment du récit d'asile de Mme D, qu'elle a été séparée de M. K, né le 8 juin 1972, lors de l'attaque de leur village en République démocratique du Congo (RDC) en mai 2010. Cette information est corroborée par l'attestation de composition de famille de réfugiés précisant qu'elle est arrivée en Ouganda avec ses enfants et son frère, sans que son conjoint y soit mentionné. En outre, après l'avoir déclaré décédé dès l'introduction de sa demande d'asile, en 2019, elle produit un certificat de décès, établi par une polyclinique située dans la province du Sud-Kivu (RDC), précisant qu'il est décédé le 25 septembre 2010 des suites d'une attaque par arme à feu. Par ailleurs, il ressort des photographies et des attestations de proches versées au dossier que les trois demandeurs de visa vivent seuls, sans leur père, en Ouganda, dans des conditions précaires. Par suite, l'ensemble de ces éléments permettent de regarder le décès du père des demandeurs de visa comme établi. Dans ces conditions, et alors qu'ils entretiennent une vie familiale avec Mme D, et que Mme G était majeure à la date de sa demande de visa, le nouveau motif opposé par le ministre ne peut fonder la légalité de la décision attaquée. Dans ces conditions, la substitution de motif sollicitée par le ministre de l'intérieur ne peut être accueillie.

10. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme D, Mme C, M. I et Mme G sont fondés à demander l'annulation de la décision attaquée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

11. Eu égard aux motifs d'annulation retenus, l'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'il soit procédé à la délivrance d'un visa de long séjour à Mme C, à M. I (alias J) et à Mme G. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, de faire délivrer ces visas dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement.

Sur les frais liés au litige :

12. Mme D ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros (mille deux cents euros) à verser à Me Gourlaouen, sous réserve que celle-ci renonce au versement de la part contributive de l'Etat.

D E C I D E :

Article 1er : La décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, du 25 octobre 2023, est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, de faire délivrer à Mme C, à M. I (alias J) et à Mme G des visas de long séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à Me Gourlaouen la somme de 1 200 euros (mille deux cents euros) sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que cette dernière renonce au versement de la part contributive de l'Etat.

Article 4 : le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme H D, à Mme E C, à M. F I (alias J), à Mme A G, ainsi qu'à Me Gourlaouen et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 6 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Claire Chauvet, présidente,

Mme Marina André, première conseillère,

M. Emmanuel Bernard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2025.

La rapporteure,

Marina B

La présidente,

Claire Chauvet

La greffière,

Anne Voisin

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions