mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2317114 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - 3ème chambre |
| Avocat requérant | BENVENISTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 novembre 2023, Mme F E A, représentée par Me Benveniste, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 octobre 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est recevable ;
Sur les moyens communs :
- il n'est pas établi que l'arrêté contesté ait été signé par une autorité habilitée ;
- il n'a pas été pris à l'issue d'un examen particulier de sa situation ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- l'illégalité de la mesure d'éloignement la prive de base légale ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 mars 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens de la requête sont infondés.
Mme E A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 mai 2024.
Le président du tribunal a délégué à M. C les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 21 mai 2024, à 10h30, M. C :
- a lu son rapport,
- a entendu les observations de Me Benveniste, représentant Mme E A, assistée par M. B D, interprète, qui confirme les écritures présentées ;
- a constaté que le préfet de la Loire-Atlantique n'était ni présent, ni représenté,
- a informé la requérante qu'en cas d'annulation de l'arrêté attaqué, une injonction fondée sur l'article L. 911-2 du code de justice administrative était susceptible d'être prononcée d'office,
- a entendu les observations de Me Benveniste sur ce point,
- et a prononcé la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E A, ressortissante somalienne née le 16 octobre 1979, déclarant être entrée en France le 20 février 2022, a été déboutée du droit d'asile par une décision en date du 2 mars 2023 de la Cour nationale du droit d'asile. Par un arrêté du 27 octobre 2023, dont l'intéressée demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
2. Il ressort des pièces du dossier que Mme E A est entrée en France accompagnée de son frère, après avoir transité par la Grèce. Au vu des pièces médicales et notes sociales produites par la requérante, il est établi que ce dernier, qui a obtenu le statut de réfugié, souffre de plusieurs pathologies lourdes nécessitant une prise en charge spécifique au centre hospitalier universitaire de Nantes et dépend du soutien psychologique et de l'assistance dans les actes de la vie courante que lui apporte sa sœur. Dans ces conditions particulières, la décision portant obligation de quitter le territoire prise à l'encontre de Mme E A est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
3. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, l'arrêté en litige doit être annulé.
Sur l'injonction d'office :
4. Eu égard aux motifs énoncés ci-dessus et aux dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que la situation de Mme E A soit réexaminée et qu'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler lui soit délivrée, dans l'attente de ce qu'il soit statué sur son cas. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique d'y procéder en effectuant ce réexamen dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de mettre à la charge de l'Etat, à ce titre, le versement de la somme de 1 500 euros à Me Benveniste, avocate de Mme E A, bénéficiaire de l'aide juridictionnelle totale, sous réserve de la renonciation de Me Benveniste à percevoir la somme correspondant à la part contributive.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique en date du 27 octobre 2023 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer la situation de Mme E A dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de délivrer à l'intéressée, dans l'attente de ce qu'il soit statué sur son cas, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 3 : L'Etat versera à Me Benveniste, avocate de Mme E A, la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme F E A, à Me Benveniste et au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
Le magistrat désigné,
C. C La greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
C. DUMONTEIL
N°2317114
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026