mercredi 27 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2403186 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET COUDRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 février 2024, suivie de la production de pièces complémentaires le 13 mars 2024 à 23h32 et le 14 mars 2024 à 08h44, Mme C B, représentée par Me Giroud, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 13 novembre 2023 par laquelle le maire de la commune de Pornic a refusé de constater la réalisation de travaux irréguliers sur la parcelle située 3 route des champs ronds, et d'en dresser un procès-verbal d'infraction ;
2°) " d'enjoindre au maire de la commune de Pornic de dresser procès-verbal des infractions constatées, de transmettre sans délai ledit procès-verbal d'infractions au procureur de la République compétent, d'ordonner par arrêté motivé l'interruption des travaux, après établissement du procès- verbal de constat d'infraction, et le transmettre sans délai au procureur de la République, enfin, après avoir invité l'intéressé à présenter ses observations, de le mettre en demeure, dans un délai de 3 mois, soit de procéder aux opérations nécessaires à la mise en conformité de la construction, de l'aménagement, de l'installation ou des travaux en cause aux dispositions dont la méconnaissance a été constatée, soit de déposer, selon le cas, une demande d'autorisation ou une déclaration préalable visant à leur régularisation, sous astreinte administrative " ;
3°) d'enjoindre au préfet de département d'avoir à mettre en œuvre et à adopter les mêmes mesures, à défaut d'intervention du maire de la commune de Pornic dans les conditions et selon les modalités indiquées précédemment ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Pornic le versement à son profit d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ; les irrégularités qu'elle dénonce génèrent d'ores-et-déjà diverses difficultés :
* la conception du mur privatif n'est pas celle d'un mur de soutènement mais d'un simple mur séparatif, de sorte qu'il n'est pas prévu pour supporter l'apport de terres de remblai, sur une hauteur et une longueur significatives ;
* deux inondations sont intervenues à l'intérieur de sa maison depuis cet apport de terres, les 20 et 24 octobre 2023. Dorénavant, compte tenu de la modification de la hauteur du terrain non prévue au permis de construire, des inondations interviennent, non seulement de son garage, mais encore sur la voie publique route des champs ronds ;
* si l'enduit extérieur de son mur était jusqu'alors suffisant pour assurer une étanchéité aux eaux de pluie s'écoulant naturellement du terrain voisin, il n'en est plus de même avec un apport de terres de plus de 40 cm en remblai contre son mur. Intervenus en urgence, les pompiers n'ont eu d'autre choix que de réaliser, en pleine nuit, une tranchée le long de son mur, avec pour effet de rapprocher le niveau du terrain d'assiette de ce qu'il devrait à peu près être si le permis de construire était respecté. Pour autant, la SCI des Champs Ronds 1821, loin de prendre acte de la mise en œuvre irrégulière de son permis de construire, a profité de la tranchée réalisée par les pompiers pour enfouir des réseaux EP (eaux pluviales) non prévusavant de combler la tranchée pour mettre l'ensemble du terrain d'assiette, notamment au droit de son mur au niveau + 0,00, en violation flagrante du permis de construire. Au-delà de ces deux inondations spécifiques, sa cour ainsi que la chaussée sont continuellement inondées depuis le 25 octobre 2023, au gré des précipitations. Ces inondations sont plus graves au niveau du point de rencontre de son terrain et celui de la SCI bénéficiaire du permis de construire mis en œuvre, notamment au niveau de sa cour d'entrée. Les travaux d'exhaussement irrégulièrement effectués reportent la déclivité du terrain, et l'écoulement des eaux, vers l'est du terrain d'assiette du projet.
- les moyens soulevés sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :
* la compétence de son signataire n'est pas avérée ;
* le non-respect des prescriptions du permis de construire délivré impose à l'autorité administrative de dresser un procès-verbal de constat d'infraction et d'en tirer les conséquences. Le maire se trouve donc en situation de compétence liée et doit dresser le procès- verbal, lorsqu'il a connaissance d'une infraction. Il est de surcroît jugé qu'un procès-verbal doit être établi, alors même qu'il existerait un doute sur la réalité de l'infraction, l'abstention ou le retard de l'autorité à dresser procès-verbal engageant la responsabilité de l'Etat s'il s'avérait que les faits en cause constituaient une infraction punissable : il appartient en effet dans ce cas au seul procureur de la République d'apprécier, le cas échéant, la réalité de l'infraction ainsi relevée. Au cas d'espèce, les travaux exécutés l'ont été, pour partie, en méconnaissance du permis de construire délivré le 14 avril 2023. Quatre infractions au moins résultent de la mise en œuvre du permis de construire délivré :
' les travaux réalisés et en cours méconnaissent le permis de construire délivré, en ce qu'il en résulte un exhaussement irrégulier du terrain, en particulier au droit de sa propriété et de son mur, avec, pour conséquences, d'une part, d'en faire un mur de soutènement alors que telle n'est pas sa fonction, d'autre part, de générer des infiltrations dans sa maison du fait de la modification - irrégulière - de l'écoulement des eaux pluviales ;
' l'exhaussement du terrain au cours des travaux aboutit nécessairement à modifier la hauteur des constructions autorisées. L'abri de jardin, en limite sud, possède donc nécessairement une hauteur supérieure à celle indiquée dans le permis de construire, d'au moins 0,40 mètres correspondant à la hauteur remblayée irrégulièrement ;
' le carport est prévu pour posséder une largeur de 5,65 mètres et être implanté à une distance de 5,51 mètres de la limite est (limite de voie publique), ainsi qu'il résulte du dossier de permis de construire. Toutefois, l'une et/ou l'autre de ces mesures sont nécessairement erronées. En effet, le permis de construire délivré en 2009 indiquait une distance de 10 mètres entre la limite est de la construction (alors nouvelle) et la limite de voie publique à l'est. Or, la distance serait aujourd'hui de 11,16 mètres, de sorte que, soit la distance de 5,51 mètres entre le carport et la voie publique est erronée, soit la largeur du carport est erronée ; la construction mise en œuvre sur le terrain ne peut avoir été réalisée selon les prescriptions du permis de construire de 2023 ;
' la réalisation des travaux a abouti à l'enfouissement des réseaux EP (eaux pluviales) le long du mur sud lui appartenant, contrairement à ce que prévoit le permis de construire. Le bénéficiaire du permis de construire a enfoui ses réseaux en limite de propriété sud, le long de son mur, et a créé un puits de décompression. Le permis de construire, non seulement ne l'autorise pas, mais prévoit au contraire le passage des réseaux en un autre endroit de la parcelle, éloigné du mur séparatif sud.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 mars 2024, la commune de Pornic, représentée par la SELARL cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme B le versement à son profit d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie :
* les travaux réalisés ne portent aucune atteinte imminente ou immédiate à la situation de Mme B, qui n'apporte pas la preuve que les travaux réalisés seraient à l'origine des inondations qu'elle subit. Son argumentation n'est assortie d'aucun élément précis pour s'en assurer.
* si la commune est visée par le plan de prévention des risques littoraux (PPRL) de la Baie de Bourgneuf Nord en Loire-Atlantique, le secteur d'implantation du projet n'est nullement concerné par un tel risque. Ensuite, le terrain naturel (TN) de la parcelle d'assiette du projet est en légère pente du nord vers le sud, c'est-à-dire en direction de la parcelle de la requérante. Une analyse du profil altimétrique confirme que les eaux pluviales s'écoulent naturellement au sud vers la parcelle de la requérante en raison d'une pente moyenne de 4 %. Du fait de la servitude légale d'écoulement des eaux pluviales, les propriétaires de terrains sont tenus de respecter l'écoulement naturel des eaux résultant de la topographie des lieux. Il en résulte que les eaux pluviales ruissellent naturellement en contrebas, par l'effet de la pente, vers la parcelle de Mme B, de sorte qu'elle ne peut pas se plaindre de la présence d'eaux pluviales provenant de la parcelle d'assiette du projet. Les travaux n'ont pas modifié cet écoulement naturel. Le permis de construire a été exécuté conformément à l'autorisation délivrée. Aucun exhaussement n'a été réalisé et le pétitionnaire n'a nullement imperméabilisé le sol par la réalisation de nouvelles constructions. La requérante confond à ce titre les exhaussements avec la présence de talus en phase travaux, qui ne sont que temporaires, lesquels ne démontrent nullement une non-conformité. Sur ce point en outre, on relèvera que pour assurer l'étanchéité du mur mitoyen, le pétitionnaire a fait poser une membrane d'étanchéité. En tout état, à supposer les exhaussements établis, les infractions seraient circonscrites et réversibles. De tels travaux d'exhaussements constitués de simples mouvements de terres présentent un caractère facilement réversible.
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée.
* son signataire, adjoint au maire, qui a la qualité d'officier de police judiciaire, peut refuser de dresser procès-verbal en l'absence d'infraction ;
* l'examen de la légalité du refus de dresser un procès-verbal de constat d'infraction est subordonné à l'existence d'une infraction, c'est-à-dire à la constatation d'un " élément matériel de l'infraction ". De telles conditions ne sont pas réunies en l'absence d'élément matériel de l'infraction, ce qui justifie le refus de dresser un procès-verbal de constat.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 mars 2024, la SCI des Champs Ronds 1821, représentée par Me Bernot, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme B le versement à son profit d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie :
* les arguments avancés et les photos produites par la requérante se rapportent à des travaux en cours d'exécution et non à une situation achevée. Il est à cet égard parfaitement normal que de la terre végétale ait pu être déplacée sur ce terrain alors qu'a notamment été creusée une piscine ;
* le terrain de la requérante était déjà, avant les travaux, situé à un niveau inférieur au sien. De fait, la rue des champs ronds est en légère descente dans le sens Nord-Sud et toutes les propriétés sont donc implantées " en espalier " ;
* la requérante ne prouve nullement que ce sont les travaux réalisés sur le fond voisin qui sont la cause des inondations de son garage, alors que la commune de Pornic a connu un mois d'octobre 2023 exceptionnellement pluvieux.
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée. Aucune des prétendues " irrégularités " que revendique la requérante n'est en réalité avérée. Aucun exhaussement du terrain n'a été réalisé. Si Mme B expose que l'abri de jardin en limite sud serait implanté à une hauteur supérieure à celle mentionnée dans le permis de construire, elle échoue dans sa démonstration. L'abri de jardin a été réalisé à hauteur des autres bâtiments, au même niveau que la terrasse, soit à + 0.13 m. C'est également à tort que Mme B soutient que le carport " ne serait pas implanté par rapport à l'autorisation délivrée ". S'agissant du positionnement des réseaux EP, après les fortes pluies du mois d'octobre 2023, il a simplement apposé un drain dans la tranchée creusée le long du mur séparatif pour faciliter l'évacuation des eaux pluviales. Ce drain est raccordé au réseau d'eaux pluviales. Il n'y a là aucune méconnaissance du permis de construire.
Par un mémoire enregistré le 13 mars 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie :
* le terrain objet du projet observe une pente naturelle du nord vers le sud, soit un écoulement naturel des eaux pluviales vers la propriété de la requérante. Or, depuis le mois d'octobre 2023, force est de constater un phénomène météorologique exceptionnel faisant apparaître des niveaux de précipitations supérieurs aux normales de saison. Des épisodes pluvieux particulièrement abondants et réguliers sont ainsi observés sur l'ensemble du département, donnant lieu à des crues et autres inondations ponctuelles, à l'image de celle subie par la requérante. Cette dernière n'apporte aucun élément probant permettant de démontrer le lien de cause à effet direct entre les inondations subies et les travaux de constructions querellés ;
* à supposer que ces travaux puissent par extraordinaire avoir une conséquence sur l'écoulement des eaux pluviales, il n'en demeure pas moins qu'il ne s'agit que d'un phénomène ponctuel lié à des travaux en cours d'exécution. En effet, les mouvements de terre liés à la réalisation de tels travaux de construction sont inévitables et par nature présentent un caractère temporaire et surtout rapidement réversible.
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête en annulation.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bouchardon, premier conseiller, pour statuer sur les demandes en référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 mars 2024 à 10h05 :
- le rapport de M. Bouchardon, juge des référés ;
- les observations de Me Giroud, avocat de Mme B, en sa présence, qui insiste tout d'abord sur le fait que, compte tenu de la modification de la hauteur du terrain non prévue au permis de construire, des inondations, non seulement du garage de Mme B, mais encore de la voie publique, interviennent, alors même qu'aucun problème de cette nature n'avait jusque-là était signalé. Les travaux d'exhaussement irrégulièrement effectués reportent la déclivité du terrain et l'écoulement des eaux, vers l'est du terrain d'assiette du projet. La pose d'une membrane traduit à elle-seule l'existence de cet exhaussement. Il soutient également que la SCI a profité de la tranchée réalisée en urgence par les sapeurs- pompiers pour enfouir des réseaux EP non prévus ;
- celles de Me Hauuy, avocat de la commune de Pornic, qui soutient que la requérante n'apporte pas la preuve que les travaux réalisés seraient à l'origine des inondations qu'elle subit, mettant en exergue le fait que les constructions dans ce secteur sont réalisées par espalier, de sorte que l'eau est amenée à ruisseler. En tout état de cause, les travaux ne sont pas achevés. Sur le fond, le contrôle effectué par un agent assermenté le 8 novembre 2023 a démontré que les travaux en cours respectaient bien l'autorisation d'urbanisme accordée ;
- et celles de Me Bernot, avocat de la SCI des Champs Ronds 1821, qui fait valoir que le mur séparatif ne supporte à ce jour aucun apport de terre végétale par rapport à la situation antérieure et que le défaut d'étanchéité relève d'un manquement aux règles de l'art lors de l'édification de ce mur du garage par la requérante elle-même. Enfin, aucune inondation de la voie publique n'a été constatée contrairement à ce que soutient cette dernière, les photos produites montrant simplement la présence de boue le long du bas-côté de la chaussée. Me Bernot insiste particulièrement sur ses conclusions tendant à ce que soit mis à la charge de Mme B le versement à son profit d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, considérant que cette affaire n'aurait jamais dû donner lieu à un contentieux.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 13 novembre 2023 par laquelle le maire de la commune de Pornic a refusé, d'une part, de constater la réalisation de travaux irréguliers sur la parcelle située 3 route des champs ronds, par la SCI des Champs Ronds 1821, en méconnaissance des prescriptions du permis de construire qui lui a été délivré par ce même maire le 14 avril 2023, relatif à l'extension d'une maison d'habitation existante, à la création d'une piscine, d'un préau pour le stationnement (carport) et d'un abri de jardin, et, d'autre part, d'en dresser un procès-verbal d'infraction en application des dispositions des articles L. 480-1 et L. 480-4 du code de l'urbanisme.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aux termes de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme : " Les infractions aux dispositions des titres Ier, II, III, IV et VI du présent livre sont constatées par tous officiers ou agents de police judiciaire ainsi que par tous les fonctionnaires et agents de l'Etat et des collectivités publiques commissionnés à cet effet par le maire ou le ministre chargé de l'urbanisme suivant l'autorité dont ils relèvent et assermentés. Les procès-verbaux dressés par ces agents font foi jusqu'à preuve du contraire () Lorsque l'autorité administrative et, au cas où il est compétent pour délivrer les autorisations, le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ont connaissance d'une infraction de la nature de celles que prévoient les articles L. 480-4 et L. 610-1, ils sont tenus d'en faire dresser procès-verbal. Copie du procès-verbal constatant une infraction est transmise sans délai au ministère public () ". Aux termes de l'article L. 480-4 du même code : " Le fait d'exécuter des travaux mentionnés aux articles L. 421-1 à L. 421-5 en méconnaissance des obligations imposées par les titres Ier à VII du présent livre et les règlements pris pour leur application ou en méconnaissance des prescriptions imposées par un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou par la décision prise sur une déclaration préalable est puni d'une amende comprise entre 1 200 euros et un montant qui ne peut excéder, soit, dans le cas de construction d'une surface de plancher, une somme égale à 6 000 euros par mètre carré de surface construite, démolie ou rendue inutilisable au sens de l'article L. 430-2, soit, dans les autres cas, un montant de 300 000 euros. En cas de récidive, outre la peine d'amende ainsi définie un emprisonnement de six mois pourra être prononcé () ".
4. En l'espèce, aucun des moyens invoqués par Mme B, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
5. Il résulte de ce qui précède que l'une des conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie. Dès lors, la demande Mme B doit être rejetée, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'urgence. Ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent, par conséquent, qu'être également rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Mme B étant la partie perdante dans la présente instance, ses conclusions tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Pornic au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent être accueillies. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Pornic ainsi que par la SCI des Champs Ronds 1821 sur ce même fondement.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Pornic et par la SCI des Champs Ronds 1821 tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B, à la commune de Pornic, à la SCI des Champs Ronds 1821 et au préfet de la Loire-Atlantique.
Fait à Nantes, le 27 mars 2024
Le juge des référés,
L. Bouchardon
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026