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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2404615

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2404615

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2404615
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationOQTF 6 semaines - 1ère chambre
Avocat requérantBEARNAIS

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée le 26 mars 2024 sous le numéro 2404615, M. B C, représenté par Me Bearnais, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 mars 2024 par lequel préfet de la Vendée lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Vendée, à titre principal, de délivrer une attestation de demandeur d'asile et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation en le munissant d'une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;

- elle n'est pas suffisamment motivée dès lors qu'elle ne précise pas quel alinéa de l'article L. 542-2 2° fonde la décision attaquée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure au regard de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le préfet n'a pas examiné la réserve prévue à l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en cas de non respect des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 août 2024, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

II. Par une requête enregistrée le 26 mars 2024 sous le numéro 2404616, Mme A D, représentée par Me Bearnais, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 mars 2024 par lequel préfet de la Vendée lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Vendée, à titre principal, de délivrer une attestation de demandeur d'asile et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation en la munissant d'une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;

- elle n'est pas suffisamment motivée dès lors qu'elle ne précise pas quel alinéa de l'article L. 542-2 2° fonde la décision attaquée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure au regard de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le préfet n'a pas examiné la réserve prévue à l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en cas de non respect des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée de l'examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 août 2024, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

M. C et Mme D ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par des décisions du 26 septembre 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention de Genève du 28 juillet 1951, relative au statut des réfugiés ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le traité sur l'Union européenne ;

- le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Douet, vice-présidente, en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Douet, présidente a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant de la République démocratique du Congo (RDC), né le 13 février 1986, est entré en France le 17 juin 2019 selon ses déclarations. Sa compatriote Mme D, née le 22 octobre 1991, qui se déclare sa concubine l'a rejoint le 15 décembre 2020. Ils ont demandé, le 1er juillet 2019 pour lui et le 20 janvier 2021 pour elle, la reconnaissance de leur qualité de réfugiés. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmées par la Cour nationale du droit d'asile par des arrêts en date du 29 janvier 2024. Par ailleurs, M. C a également déposé le 20 septembre 2021 une demande d'admission exceptionnelle au séjour qui a été rejetée le 11 janvier 2022. Par deux arrêtés en date du 15 mars 2024, le préfet de la Vendée leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office lorsque le délai sera expiré. Par les deux requêtes susvisées, qui présentent à juger des questions semblables et qu'il y lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, M. C et Mme D demandent au tribunal d'annuler ces arrêtés.

Sur le moyen commun aux décisions, tiré de l'incompétence de l'auteur des actes :

2. L'arrêté attaqué a été signé pour le préfet de la Vendée, par Mme Nadia Seghier, secrétaire générale de la préfecture. Par un arrêté n° 85-2024-010 du 2 janvier 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet de la Vendée a donné une délégation de signature à la secrétaire générale de la préfecture à l'effet de signer " 1. Tous arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Erat dans le département de la Vendée, à l'exception des arrêtés de conflit. / 2. Sont notamment inclus dans la délégation de signature accordée, toutes les décisions en matière de droit au séjour et d'éloignement des étrangers pris dans le cadre du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile () ". Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit donc être écarté.

Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français :

3. L'article L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger auquel la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé ou qui ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application de l'article L. 542-2 et qui ne peut être autorisé à demeurer sur le territoire à un autre titre doit quitter le territoire français. Sous réserve des cas où l'autorité administrative envisage d'admettre l'étranger au séjour pour un autre motif, elle prend à son encontre, dans un délai fixé par décret en Conseil d'Etat, une obligation de quitter le territoire français sur le fondement et dans les conditions prévues au 4° de l'article L. 611-1 ". L'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ".

4. Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée () ".

5. Les obligations de quitter le territoire français du 15 mars 2024 visent les textes dont il est fait application et en particulier le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précisent que les requérants ne disposent plus du droit de se maintenir en France à compter de la lecture en audience publique le 29 janvier 2024 de l'arrêt de la Cour nationale du droit d'asile, comme le prévoient les dispositions de l'article L. 541-2 du même code. Par ailleurs, les décisions portant obligation de quitter le territoire français énoncent avec une précision suffisante et dépourvue de caractère stéréotypé, les considérations de fait, en particulier la situation des intéressés. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté comme manquant en fait.

6. Il ressort des pièces des dossiers que la situation des requérants, dont le recours contre les décisions du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a été rejeté par des décisions de la Cour nationale du droit d'asile lues en audience publique le 29 janvier 2024, relève du cas prévu au second alinéa de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle ne relève d'aucun des cas prévus à l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il en résulte que le moyen tiré de ce que le préfet de la Vendée, avant d'édicter les décisions portant obligation de quitter le territoire, n'a pas procédé à l'examen de la situation personnelle des requérants au regard de la réserve fondée sur le respect des stipulations de l'article 33 de la convention relative au statut des réfugiés et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté comme inopérant.

7. Le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français ou sur la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.

8. Les requérants ont présenté une demande d'asile, laquelle demande constitue aussi une demande de titre de séjour en qualité de bénéficiaire d'une protection, et, à cette occasion, ont été mis à même de faire valoir tout élément justifiant qu'ils soient autorisés à séjourner en France et ne soient pas contraints de quitter ce pays et de retourner, en particulier, en RDC. Ils n'ignoraient pas qu'ils étaient susceptibles de faire l'objet de décisions de retour à l'issue du rejet de leurs demandes d'asile par la décision de la Cour nationale du droit d'asile. Ils étaient à même de faire valoir auprès du préfet de la Vendée toutes observations comme tous éléments de nature à faire obstacle à l'intervention d'une telle mesure d'éloignement. Ils étaient également à même de demander un entretien pour faire valoir leurs observations orales et ne justifient, ni avoir sollicité un tel entretien, ni qu'il leur aurait été refusé. Il en résulte qu'ils ne sont pas fondés à prétendre que les obligations de quitter le territoire français ont été prises à l'issue d'une procédure entachée d'une méconnaissance du droit d'être entendu.

9. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

10. Si les requérants font valoir qu'ils résident en France, où leurs enfants jumeaux sont nés le 1er décembre 2021, depuis plusieurs années et que M. C a exercé pendant deux ans une activité professionnelle, il ressort des pièces des dossiers que la durée de leur séjour en France, remontant au mois de juin 2019 pour M. C et au mois de décembre 2020 pour Mme D, s'explique par l'examen des demandes d'asile qu'ils avaient présentées. Il ressort de ces mêmes pièces que les demandes d'asile présentées pour leurs jumeaux nés en 2021 ont été également rejetées. Dans ces conditions, rien ne fait obstacle à ce que leur vie familiale puisse se poursuivre dans leur pays d'origine où ils ont vécu jusqu'à l'âge de 33 et 29 ans. En outre, les deux premiers enfants de M. C résident en RDC. Dès lors, eu égard à l'ensemble des circonstances caractérisant la situation personnelle des requérants, compte tenu de la durée et des conditions de leur séjour dans ce pays, et eu égard aux effets d'une obligation de quitter le territoire français, le préfet de la Vendée, en leur faisant obligation de quitter ce territoire dans un délai de trente jours ,n'a pas porté au droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels ont été prises ces décisions.

11. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste entachant ces décisions quant à leurs conséquences sur la situation des requérants doit être écarté.

12. Enfin, il ne ressort d'aucune pièce des dossiers que le préfet de la Vendée n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle des requérants.

Sur la légalité des décisions fixant le pays de destination :

13. Les décisions fixant le pays de destination comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elles se réfèrent notamment aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à l'absence de justification par les intéressés de l'existence d'une menace personnelle en cas de retour dans leur pays d'origine. Dès lors, les décisions fixant le pays de destination sont suffisamment motivées.

14. Si M. C et Mme D soutiennent qu'ils encourent un risque pour leur vie et leur intégrité en cas de retour en RDC, toutefois, ils n'apportent aucun élément circonstancié de nature à caractériser les motifs des craintes invoquées. Au demeurant, leurs demandes de reconnaissance de la qualité de réfugiés ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et par la Cour nationale du droit d'asile. Dans ces conditions, le préfet n'a pas méconnu les stipulations et dispositions précitées en fixant le pays de destination.

15. Enfin le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les motifs exposés au point 10.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de M. C, Mme D doivent être rejetées, en toutes leurs conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes nos 2404615 et 2404616 présentées par M. C et Mme D sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Mme A D, au préfet de la Vendée et à Me Béarnais.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.

La magistrate désignée,

H. DOUETLa greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Nos 2404615,

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