mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2409314 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | WOZNIAK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 juin 2024, Mme C A, représentée par Me Wozniak, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 28 février 2024 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de l'admettre au séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler en qualité de chef d'entreprise, sans délai à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa demande, et dans cette attente de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle ne dispose d'aucun accès aux aides sociales et s'est retrouvée en situation de grande précarité et d'impécuniosité, étant empêchée de travailler du fait de la décision contestée, alors qu'elle est présente en France depuis 2012 où elle s'est investie dans son cursus universitaire et sa vie professionnelle ; la condition d'urgence est de plus présumée satisfaite en cas de refus de renouvellement de titre de séjour ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :
S'agissant des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :
* elles sont insuffisamment motivées ;
* elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
* elles n'ont pas été précédées d'une saisine de la commission du titre de séjour, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elles n'ont pas été précédées d'une demande de pièce complémentaire comme le prévoit l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
* elles sont entachées d'une erreur de fait : elle est entrée en France à 21 ans et a quitté son pays d'origine alors qu'elle était mineure ; le préfet n'a pas tenu compte de l'ensemble de ses ressources, notamment celles procurées par son emploi en qualité d'assistante d'éducation dont elle aurait pu justifier si une demande de pièce complémentaire lui avait été adressée ;
* elles sont entachées d'une erreur de droit : le préfet n'a pas tenu compte de l'ensemble de sa situation financière en se bornant à retenir le chiffre d'affaires brut résultant de son activité indépendante ;
* elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation : le chiffre d'affaires d'un montant de 11 650 euros ne concerne son activité que durant six mois et non un an et son revenu peut ainsi être estimé à 19 826,67 euros sur une année ;
* elles sont vexatoires au regard de son insertion professionnelle et personnelle en France ;
* elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : elle dispose d'attaches familiales fortes en France.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
* elle porte atteinte à sa dignité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2024, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'aucun des moyens soulevés par Mme A n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 juin 2024.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 4 avril 2024 sous le numéro 2405162 par laquelle Mme A demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Robert-Nutte, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Robert-Nutte, juge des référés, a été entendu au cours de l'audience publique du 1er juillet 2024 à 10 heures 30. La juge des référés a ainsi informé les parties qu'en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, l'ordonnance était susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête à fin de suspension dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante ivoirienne, titulaire d'un titre de séjour portant la mention " entrepreneur/ profession libérale ", valable du 30 décembre 2022 au 29 décembre 2023, en a sollicité le renouvellement auprès du préfet de la Sarthe, lequel a rejeté sa demande par un arrêté du 28 février 2024 portant également obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours dont l'intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution.
Sur l'irrecevabilité des conclusions à fin de suspension dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours :
2. Les dispositions particulières prévues par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour contester devant le juge administratif la légalité d'une obligation de quitter le territoire français déterminent l'ensemble des règles de procédure applicables en la matière. Il en résulte qu'un arrêté ordonnant une telle mesure d'éloignement n'est pas justiciable, en principe, des procédures de référé instituées par le livre V du code de justice administrative. Il n'en va autrement que dans le cas où les modalités selon lesquelles il est procédé à l'exécution d'une telle mesure relative à l'éloignement forcé d'un étranger emportent des effets qui, en raison de changements dans les circonstances de droit ou de fait survenus depuis l'intervention de cette mesure et après que le juge a statué ou que le délai prévu pour le saisir a expiré, excèdent ceux qui s'attachent normalement à sa mise à exécution.
3. Il ne résulte pas de l'instruction qu'il serait procédé à l'exécution de la mesure d'éloignement dont Mme A a fait l'objet et que l'intéressée serait ainsi renvoyée dans le pays fixé par l'arrêté contesté. Par suite, les conclusions de la requête de Mme A à fin de suspension de l'exécution de la décision du 28 février 2024 du préfet de la Sarthe portant obligation de quitter le territoire français sont irrecevables et doivent, en tant que telles, être rejetées.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
5. Aucun des moyens invoqués par Mme A, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 28 février 2024 par laquelle le préfet de la Sarthe a refusé de l'admettre au séjour.
6. Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin d'apprécier la condition d'urgence, de rejeter le surplus des conclusions de la requête de Mme A.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Wozniak.
Copie en sera transmise au préfet de la Sarthe.
Fait à Nantes, le 23 juillet 2024.
La juge des référés,
O. ROBERT-NUTTE
La greffière,
M. BLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2409314
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026