jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2415396 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | - Etrangers - 15 jours |
| Avocat requérant | MEDJBER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 3 et 18 octobre 2024, M. C D, représenté par Me Medjber, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 septembre 2024 par lequel le préfet de la Sarthe l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de quatre ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe, sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour, injonction assortie d'une astreinte fixée à 150 euros par jour de retard, en application de l'article L. 911-3 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, récupérable conformément aux dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire assortie d'une interdiction de retour de quatre ans est entachée d'un vice de procédure, en méconnaissance des articles R. 40-29 et L. 777-3 du code de procédure pénale, dès lors que le préfet de la Sarthe ne justifie pas avoir consulté régulièrement le fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 16 et 25 octobre 2024, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. D n'est fondé.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 octobre 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Mounic, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue par l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Mounic, magistrate désignée, a été entendu à l'audience publique du 29 octobre 2024.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée à la suite de l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant algérien, né le 14 septembre 1987, actuellement incarcéré au centre pénitencier du Mans, déclare être entré en France pour la dernière fois en 2017, suite à une première obligation de quitter le territoire du préfet de la Sarthe le 17 mars 2016 et validée par le jugement n°1602332 du 11 avril 2016 du tribunal administratif de Nantes. Par une décision du 23 février 2018, l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile, confirmée par la cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 7 septembre 2018. Par un arrêté du 12 octobre 2018, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours, décision qu'il n'a pas exécutée. Par un arrêté du 4 septembre 2020, le préfet de la Seine-Maritime a refusé sa demande de titre en tant que conjoint de français et lui a fait de nouveau obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours. Par la présente requête, M. D demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 5 septembre 2024 par lequel préfet de la Sarthe l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de quatre ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 114-6 du code de la sécurité intérieure : " Les personnes qui font l'objet d'une enquête administrative en application de l'article L. 114-1 sont informées de ce que cette enquête donne lieu à la consultation des traitements automatisés de données personnelles () à l'exception des fichiers d'identification. / Lorsque l'enquête administrative qui donne lieu à la consultation fait suite à une demande de décision de l'intéressé, celui-ci en est informé dans l'accusé de réception de sa demande prévue aux articles L. 112-3 et L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration. () ". Aux termes du I de l'article R. 40-29, I, du code de procédure pénale : " I. - Dans le cadre des enquêtes prévues (), aux articles L. 114-1, () du code de la sécurité intérieure (), les données à caractère personnel figurant dans le traitement qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes, à l'exception des cas où sont intervenues des mesures ou décisions de classement sans suite, de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenues définitives, ainsi que des données relatives aux victimes, peuvent être consultées, sans autorisation du ministère public, par : () 5° Les personnels investis de missions de police administrative individuellement désignés et spécialement habilités par le représentant de l'Etat. L'habilitation précise limitativement les motifs qui peuvent justifier pour chaque personne les consultations autorisées. Lorsque la consultation révèle que l'identité de la personne concernée a été enregistrée dans le traitement en tant que mise en cause, l'enquête administrative ne peut aboutir à un avis ou une décision défavorable sans la saisine préalable, pour complément d'information, des services de la police nationale ou des unités de la gendarmerie nationale compétents et, aux fins de demandes d'information sur les suites judiciaires, du ou des procureurs de la République compétents. () ".
3. S'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Sarthe aurait saisi les services de police ou de gendarmerie compétents aux fins d'information des suites judiciaires ou de complément d'information en application de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale, il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que si le préfet fait état de différentes mentions au traitement des antécédents judiciaires (TAJ) et avoir consulté le FAED, il fait également référence à l'interpellation du requérant le 5 septembre 2024 par les agents de police du Mans pour des faits de détention non autorisée de stupéfiants, rébellion et violence sur une personne dépositaire de l'ordre public sans incapacité, aggravée par une circonstance de refus d'obtempérer à une sommation de s'arrêter, exposant directement autrui à un risque de mort ou d'infirmité permanente ainsi que conduite d'un véhicule sans permis pour lesquels il a été condamné à une peine d'emprisonnement de douze mois par le tribunal judiciaire du Mans le 6 septembre 2024 en comparution immédiate. Par suite, ces éléments étant suffisants pour retenir la menace grave à l'ordre public et fonder légalement l'arrêté contesté, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure prévue à l'article R. 40-29 du code de procédure pénale doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et liberté d'autrui ". L'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité, l'intensité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
5. Si le requérant se prévaut du fait qu'il vit en France depuis plus de sept ans, il ressort des pièces du dossier qu'il se maintient sans titre de séjour et a fait l'objet de deux obligations de quitter le territoire du préfet de la Seine-Maritime les 17 octobre 2018 et 4 septembre 2020 qu'il n'a pas exécutées. En outre, s'il soutient vivre en couple depuis juillet 2024 avec une ressortissante française, Mme B, il ne produit aucun élément permettant de justifier de sa relation avec cette dernière. Enfin, s'il se prévaut de la présence en France de son frère et d'oncles en situation régulière, et fournit des attestations établies pour la cause et incomplètes, il n'établit pas entretenir avec eux des liens suffisamment intenses, stables alors qu'il n'est pas dépourvu de famille dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de trente ans. Enfin, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'il serait intégré sur le territoire français alors qu'il est actuellement incarcéré au centre pénitentiaire du Mans pour une peine de douze mois de prison, suite à sa condamnation par le tribunal judiciaire du Mans le 6 septembre 2024 en comparution immédiate pour des faits de détention non autorisée de stupéfiants, rébellion et violence sur une personne dépositaire de l'ordre public sans incapacité, aggravée par une circonstance de refus d'obtempérer à une sommation de s'arrêter, exposant directement autrui à un risque de mort ou d'infirmité permanente ainsi que conduite d'un véhicule sans permis. Il ressort également des pièces du dossier que le requérant a été également condamné le 16 novembre 2020 à une peine de douze mois d'emprisonnement, avec sursis probatoire de deux ans et interdiction de porter une arme pendant une durée de cinq ans pour des faits de violence sur conjoint suivie d'incapacité et est par ailleurs défavorablement connu des services de police pour différents faits mentionnés au TAJ. Par suite, en l'obligeant à quitter le territoire sans délai assorti d'une interdiction de retour de quatre ans, le préfet de la Sarthe n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. D tendant à l'annulation de l'arrêté du 5 septembre 2024 du préfet de la Sarthe doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et de celles présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, au préfet de la Sarthe et à Me Linda Medjber.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
La magistrate désignée,
S. MOUNICLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026