mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2415516 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 octobre 2024 et le 24 octobre 2024, M. D A et Mme C B épouse A, représentés par Me Rodrigues Devesas, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 19 septembre 2024 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visas d'entrée en France a rejeté le recours contre la décision de l'autorité consulaire française en Tunisie refusant de délivrer à M. A un visa de long séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française ;
2°) d'enjoindre à au ministre de l'intérieur de procéder à un nouvel examen de la situation de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'ils se sont rencontrés il y a plus de six ans et sont mariés depuis près de quatre ans ; il est retourné en Tunisie en juin 2023 afin de régulariser sa situation mais n'est aujourd'hui toujours pas mis en capacité de rejoindre son épouse afin de poursuivre leur projet de vie commune ; cette séparation emporte des conséquences sur leur santé mentale et sur la santé physique de Mme A qui n'est pas autonome dans certains gestes du quotidien et a besoin de la présence de son mari à ses côtés.
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est entachée d'erreur d'appréciation et méconnaît l'article L. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la sincérité de leur relation maritale ne peut être remise en cause ; ils se sont rencontrés en début d'année 2018 et se sont mariés en novembre 2020 ; ils résidaient au même domicile avant le départ de M. A pour la Tunisie ; ce dernier assure un rôle important pour les enfants de Mme B épouse A ; malgré la séparation depuis le mois de juin 2023, ils ont maintenu les liens ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie :
- aucun des moyens soulevés par M. A, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 septembre 2024.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 7 octobre 2024 sous le numéro 2415552 par laquelle M. A, demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 octobre 2024 à 9 heures 30 :
- le rapport de M. Huin, juge des référés,
- les observations de Me Bergeonneau, substituant Me Rodrigues Devesas, représentant M. A et Mme B épouse A
- et les observations du représentant le ministre de l'intérieur qui, invité à préciser les motifs de la décision litigieuse, confirme que les considérations tenant à l'état de santé de l'épouse de M. A et de deux de ses enfants ne constituent plus une considération fondant le rejet de la demande de visa présentée par M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, ressortissant tunisien, a sollicité la délivrance d'un visa de long séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française. A la suite du rejet de sa demande par les autorités consulaires en Tunisie, la commission de recours contre les décisions de refus de visas d'entrée en France a, par une décision du 19 septembre 2024, rejeté son recours contre la décision des autorités consulaires. Par la présente requête, M. A et Mme B épouse A demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 19 septembre 2024 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visas d'entrée en France a rejeté le recours contre la décision de l'autorité consulaire française en Tunisie refusant de délivrer à M. A un visa de long séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
En ce qui concerne la condition d'urgence :
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
3. En l'espèce, eu égard à la séparation entre les époux, dont il n'est pas contesté qu'ils se sont mariés en novembre 2020 et vivent ensemble depuis 2019, et aux répercussions que cette situation induit sur l'état de santé fragile de Mme A, la condition d'urgence doit être regardée comme satisfaite dans les circonstances de l'espèce.
En ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :
4. Pour rejeter le recours contre la décision des autorités consulaire en Tunisie, la commission de recours contre les décisions de refus de visas d'entrée en France a retenu que les circonstances que M. A soit entré et ait séjourné irrégulièrement dans l'espace Schengen et qu'au cours de ce séjour il ait épousé Mme B, alors qu'il ne justifie pas lui apporter un soutien matériel, constituent un faisceau d'indices tendant à établir que le mariage n'a d'autre objet que de faciliter son établissement durable en France.
5. Eu égard à la date du mariage des intéressés et à la durée de vie commune, non contestée par le ministre de l'intérieur, aux éléments relatifs à la réalité de la l'intention matrimoniale tels que les photographies et attestations de proches, ainsi qu'au maintien des liens entre les époux depuis le départ de M. A pour la Tunisie en juin 2023 en vue de solliciter un visa de long séjour en qualité de conjoint de ressortissante française, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision du 19 septembre 2024 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visas d'entrée en France a rejeté le recours contre la décision de l'autorité consulaire française en Tunisie refusant de délivrer à M. A un visa de long séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. L'exécution de la présente ordonnance implique nécessairement, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à un nouvel examen de la situation de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
8. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Rodrigues Devesas d'une somme de 1 000 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 19 septembre 2024 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visas d'entrée en France a rejeté le recours contre la décision de l'autorité consulaire française en Tunisie refusant de délivrer à M. A un visa de long séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint à ministre de l'intérieur de procéder à un nouvel examen de la situation de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.
Article 3 : L'Etat versera à Me Rodrigues-Devesas, avocate de M. A, la somme de 1 000 au titre des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A, à Mme C B épouse A, au ministre de l'intérieur et à Me Stéphanie Rodrigues-Devesas.
Fait à Nantes, le 29 octobre 2024.
Le juge des référés,
F. HUIN
La greffière,
M-C. MINARDLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026