lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2416427 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | GONAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 octobre 2024, M. B A représenté par Me Gonand, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre aux autorités consulaires françaises à Casablanca (Maroc) de lui restituer son passeport revêtu du visa de long séjour mention " salarié " demandé dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence découle de ce que la non restitution de son document de voyage depuis le 27 août 2024 l'empêche d'exécuter l'autorisation de travail dont il est détenteur et le prive de la rémunération à laquelle il pourrait prétendre alors qu'elle le prive de l'exercice de sa liberté fondamentale d'aller et venir ; cette conservation d'un document appartenant à une autorité étrangère constitue de surcroît une voie de fait ;
- la mesure est utile en ce qu'il doit être en possession de son passeport revêtu d'un visa pour se déplacer et rentrer régulièrement sur le territoire français et aucune autre alternative que ce recours peut lui permettre de recouvrer ses droits d'aller et venir et de travailler en France ;
- il n'existe aucun obstacle à l'exécution d'une décision administrative en ce que l'inertie de l'administration n'est pas constitutive d'une décision implicite de rejet mais d'une voie de fait ;
- la mesure de restitution ne fait pas l'objet d'une contestation sérieuse et la délivrance du visa repose sur une décision du ministre du 24 mai 2024.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 novembre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que si le visa destiné au requérant a bien été préparé par les autorités consulaires françaises à Casablanca en application de la recommandation ministérielle il est ressorti des vérifications préalables que la société ayant obtenu l'autorisation de travail en faveur du requérant a fait savoir à l'administration qu'elle n'avait plus besoin de personnel, ce dont le requérant a été informé le 15 novembre 2024 par l'intermédiaire de son conseil, ce qui implique que l'intéressé ne peut plus se voir délivrer le visa demandé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
L'instruction a été close le 29 novembre 2024 à 10h00.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. D'une part, il ressort des pièces produites par le ministre de l'intérieur en défense que la SARL " Clos des Costières " qui avait obtenu une autorisation de travail le 16 octobre 2023, a informé les autorités consulaires françaises à Casablanca par courriel du 4 novembre 2024 que la société n'était plus " dans le besoin de personnel ". Il suit de là qu'en l'absence de nouvelle preuve d'embauche par une autre société, M. A n'est plus fondé à solliciter qu'il soit enjoint aux autorités consulaires françaises à Casablanca de lui délivrer le visa en litige.
4. D'autre part, si M. A demande à ce que son passeport lui soit restitué, il ne fait état, à l'appui de la présente requête en référé, d'aucune demande préalable en ce sens auprès des autorités consulaires françaises à Casablanca ni d'aucun projet concret de sortie du territoire marocain vers la France ou un Etat tiers. Dans ces conditions, la condition d'urgence qu'il y aurait à ordonner auxdites autorités de lui restituer sans tarder son passeport ne peut dès lors être regardée comme satisfaite.
5. Il suit de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante, la somme sollicitée par le requérant.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Fait à Nantes, le 2 décembre 2024.
Le juge des référés,
B. Echasserieau
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2416427
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026