lundi 16 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2417772 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL CORNET VINCENT SEGUREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 15 novembre et 10 décembre 2024, la société Eiffage Energie Systèmes-Loire Océan , représenté par Me Crapart, demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
A titre principal ;
1°) d'annuler la procédure de passation du marché public engagée par le syndicat mixte Territoire d'énergie Loire-Atlantique pour la passation d'un accord-cadre relatif à la distribution publique d'énergie électrique, aux réseaux d'éclairage public et d'infrastructures de communication électronique, à la fourniture et à la pose de matériels d'éclairage public (lot n°8 " Pornic Agglo Pays de Retz-Ouest ") ;
2°) d'enjoindre au syndicat mixte syndicat mixte Territoire d'énergie Loire-Atlantique de reprendre la procédure au stade de l'analyse des offres ;
A titre subsidiaire ;
3°) d'enjoindre au syndicat mixte de verser aux débats :
- le rapport de la commission d'appel d'offres ;
- les motifs détaillés des notes qui lui ont été attribuées ainsi qu'à son concurrent sur les critères de la qualité du dossier type " chantier type effacement de réseaux électricité, éclairage public et télécom ", et de la capacité du candidat à former des étudiants aux métiers des réseaux (ICE, EP, BT/HT), par le biais de contrats en alternance, dans le cadre de la réalisation de prestations pour TE44 ;
- les caractéristiques et avantages de l'offre du groupement attributaire, relativement à celle d'Eiffage, sur ces deux critères ;
4°) de surseoir à statuer sur la requête jusqu'à ce que le syndicat ait déféré à cette injonction ;
En tout état de cause ;
5°) de mettre à la charge du syndicat mixte Territoire d'énergie Loire-Atlantique une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a insuffisamment été informé des motifs de rejet de son offre et des caractéristiques et avantages de l'offre de l'attributaire ;
- le syndicat a dénaturé son offre et méconnu les principe d'égalité de traitement des candidats sur les critères de la qualité du dossier-type " chantier type effacement de réseaux électricité, éclairage public et télécom " et de la capacité du candidat à former des étudiants aux métiers des réseaux (ICE, EP, BT/HT), par le biais de contrats en alternance, dans le cadre de la réalisation de prestations pour le syndicat.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2024, syndicat mixte Territoire d'énergie Loire-Atlantique, représenté par Me Marchand, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Eiffage Energie Systèmes - Loire Océan sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par la société requérante n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Simon, en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 11 décembre 2024 à 14h30 en présence de Mme Labourel, greffière d'audience, M. Simon a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Crapart, avocat de la société Eiffage Energies Systèmes-Loire Océan ;
- et les observations de Me Gourdain, substituant Me Marchand, avocat de TE44.
La clôture de l'instruction a été différée au 12 décembre 2024 à 16 heures.
Un mémoire, présenté pour la société Eiffage Energies Systèmes Loire-Océan, a été enregistré le 12 décembre 2024 à 15h22.
Un mémoire, présenté pour le syndicat mixte Territoire d'énergie Loire-Atlantique, a été enregistré le 12 décembre 2024, à 16h01.
Considérant ce qui suit :
1. Par un avis d'appel public à la concurrence publié le 9 juillet 2024 au JOUE et au BOAMP, le syndicat mixte Territoire d'énergie Loire-Atlantique (TE44) a lancé une procédure d'appel d'offres ouvert pour l'attribution de 145 lots d'un marché de travaux relatifs à la distribution publique d'énergie électrique, aux réseaux d'éclairage public et d'infrastructures de communication électronique, à la fourniture et à la pose de matériels d'éclairage public. Par courrier du 5 novembre 2024, la société Eiffage Energie Systèmes-Loire Océan a été informée du rejet de son offre pour l'attribution du lot n° 8 (secteur " Pornic Agglo Pays de Retz-Ouest ") et de ce que celui-ci avait été attribué au groupement SPIE Citynetworks/Sturno. Par sa requête, la société Eiffage Energies Systèmes-Loire Océan demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, à titre principal, d'annuler cette procédure.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. / Il peut également être saisi en cas de manquement aux mêmes obligations auxquelles sont soumises, en application de l'article L. 521-20 du code de l'énergie, la sélection de l'actionnaire opérateur d'une société d'économie mixte hydroélectrique et la désignation de l'attributaire de la concession. / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ".
3. Il appartient au juge administratif, saisi en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, de se prononcer sur le respect des obligations de publicité et de mise en concurrence incombant à l'administration. En vertu de cet article, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements du pouvoir adjudicateur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles qui sont susceptibles d'être lésées par de tels manquements. Il appartient, dès lors, au juge des référés précontractuels de rechercher si l'opérateur économique qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésé ou risquent de le léser, fût-ce de façon indirecte en avantageant un opérateur économique concurrent.
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 2181-1 du code de la commande publique : " Dès qu'il a fait son choix, l'acheteur le communique aux candidats et aux soumissionnaires dont la candidature ou l'offre n'a pas été retenue, dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 2181-3 du code de la commande publique, " La notification prévue à l'article R. 2181-1 mentionne les motifs du rejet de la candidature ou de l'offre. / Lorsque la notification de rejet intervient après l'attribution du marché, l'acheteur communique en outre : / 1° Le nom de l'attributaire ainsi que les motifs qui ont conduit au choix de son offre ; / 2° La date à compter de laquelle il est susceptible de signer le marché dans le respect des dispositions de l'article R. 2182-1 ".
5. L'information sur les motifs du rejet de son offre dont est destinataire l'entreprise en application des dispositions précitées a, notamment, pour objet de permettre à la société non retenue de contester utilement le rejet qui lui est opposé devant le juge du référé précontractuel saisi en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative. Par suite, l'absence de respect de ces dispositions constitue un manquement aux obligations de transparence et de mise en concurrence. Cependant, un tel manquement n'est plus constitué si l'ensemble des informations, mentionnées aux articles du code de la commande publique précités, a été communiqué au candidat évincé à la date à laquelle le juge des référés statue sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, et si le délai qui s'est écoulé entre cette communication et la date à laquelle le juge des référés statue a été suffisant pour permettre à ce candidat de contester utilement son éviction.
6. Il résulte de l'instruction que, par courrier du 5 novembre 2024, TE44 a informé la société requérante du rejet de son offre en lui indiquant son rang de classement, les notes qu'elle a obtenues sur chacun des critères et sous-critères, le nom de l'attributaire ainsi que les notes obtenues par ce dernier. En cours d'instance, TE44 a par ailleurs produit un extrait du rapport d'analyse des offres explicitant les notes obtenues par la société requérante sur chacun des sous-critères de la valeur technique mettant en exergue les points positifs et négatifs de son offre. Par suite, sans qu'il soit besoin de procéder à la mesure d'injonction sollicitée, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance du droit à l'information des candidats évincés comme manquant en fait, la circonstance que l'information relative à la date de conclusions prévisionnelle du contrat n'ait pas été portée à la connaissance de la société requérante étant sans incidence sur le respect par le syndicat de ses obligations en matière de publicité et de mise en concurrence.
7. En deuxième lieu, il n'appartient pas au juge du référé précontractuel, qui doit seulement se prononcer sur le respect, par le pouvoir adjudicateur, des obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation d'un contrat, de se prononcer sur l'appréciation portée sur la valeur d'une offre ou les mérites respectifs des différentes offres. Il lui appartient, en revanche, lorsqu'il est saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le pouvoir adjudicateur n'a pas dénaturé le contenu d'une offre en en méconnaissant ou en en altérant manifestement les termes et procédé ainsi à la sélection de l'attributaire du contrat en méconnaissance du principe fondamental d'égalité de traitement des candidats.
8. D'une part, la seule circonstance que, la société requérante aurait obtenu, à l'occasion d'une précédente procédure de mise en concurrence lancée en 2023 par TE44, une note de 9 sur 10 sur un critère " définir un chantier type effacement avec EP et télécom " contre 15 sur 25 (soit 6 sur 10) dans le cadre de la présente procédure sur le sous-critère de la qualité du dossier-type " chantier type effacement de réseaux électricité, éclairage public et télécom " ne suffit pas à établir que TE44 aurait dénaturé son offre, alors qu'il résulte de l'instruction que les conditions de la consultation entre les deux différentes procédures ont évolué, qu'il n'est pas établi que les deux offres produites à chacune de ces procédures étaient identiques, et que les notes attribuées se font au regard des mérites respectifs des offres présentées dans chaque procédure de mise en concurrence. Si la société Eiffage Energies Systèmes-Loire Océan fait valoir avoir amélioré depuis 2023 la qualité de son offre sur ce point ainsi qu'au regard des attendus évalués à travers le sous-critère de la capacité des candidats à former des étudiants aux métiers des réseaux, il n'appartient pas au juge du référé précontractuel de se prononcer sur les mérites respectifs des offres ni sur la valeur de l'offre de la société requérante.
9. D'autre part, il résulte du règlement de la consultation que, pour les lots 1 à 8, le cadre du mémoire technique exigeait, en plus d'une description des principales mesures prévues pour assurer la sécurité du chantier et des personnes y travaillant et de la description des mesures et moyens techniques mis en œuvre pour exécuter les prestations dans le respect de l'environnement, une description de la méthodologie d'exécution d'une opération d'effacement de réseaux devant comporter elle-même une description spécifique des moyens humains et matériels permettant d'assurer la sécurité des travailleurs sur les chantiers ainsi que la démarche relative au développement durable. Or, le préambule du point 2 du mémoire technique de la société requérante relatif à une telle méthodologie indique que " les méthodologies spécifiques à la sécurité, à l'environnement et à la valorisation des déchets sont complétées dans les chapitres 5, 7 et 8 " par renvoi. Par ailleurs, si ce point 2 comporte en effet une évocation de ces problématiques de manière diffuse, aucune description spécifique relative à celles-ci n'y figure pour autant. Dans ces conditions, la société Eiffage Energies Systèmes-Loire Océan n'est pas fondée à soutenir que TE44 aurait sur ce point dénaturé son offre en retenant, sur le sous-critère de la qualité du dossier-type, que la sécurité et l'environnement n'étaient pas décrits dans le chapitre dédié autrement que par un renvoi à d'autres chapitres.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par la société Eiffage Energies Systèmes-Loire Océan sur le fondement des dispositions de l'article L. 551-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de TE44, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme que demande la société Eiffage Energies Systèmes Loire-Océan au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
12. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société Eiffage Energies Systèmes-Loire-Océan une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par TE44 et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la société Eiffage Energies Systèmes-Loire Océan est rejetée.
Article 2 : La société Eiffage Energies Systèmes-Loire Océan versera au syndicat mixte Territoire d'énergie Loire-Atlantique une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Eiffage Energies Systèmes Loire-Océan, au syndicat mixte Territoire d'énergies Loire-Atlantique, à la société SPIE Citynetworks et à la société Sturno.
Fait à Nantes, le 16 décembre 2024.
Le juge des référés,
P-E. SIMON
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026