jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2002029 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | VERGNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 juin 2020 et 20 août 2021, M. B D, représenté par Me Vergne, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 17 février 2020 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle (CLAC) Ouest a refusé de lui délivrer une carte professionnelle d'agent privé de sécurité ainsi que la délibération du 18 juin 2020 par laquelle la Commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé à l'encontre de la décision du 17 février 2020 de la commission locale d'agrément et de contrôle Ouest ;
2°) d'enjoindre au CNAPS de lui délivrer une carte professionnelle d'agent privé de sécurité à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions contestées sont entachées d'incompétence ;
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'a commis aucun fait grave révélant un comportement contraire à la probité de nature à porter atteinte à la sécurité des biens et que son casier judiciaire ne comporte aucune condamnation ;
- s'il a été mis en cause au cours d'une procédure pénale portant sur une falsification de documents, cette affaire a été classée sans suite par le parquet et il nie les accusations qui ont été portées contre lui, de sorte qu'il demeure présumé innocent.
Par un mémoire en défense, enregistré 2 août 2021, le conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions dirigées contre la décision de la CLAC du 17 février 2020 sont irrecevables ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- et les conclusions de Mme Palis De Koninck, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D a sollicité le 8 janvier 2020 le renouvellement de sa carte professionnelle d'agent privé de sécurité. Par une délibération du 17 février 2020, la commission locale d'agrément et de contrôle (CLAC) Ouest a refusé de renouveler sa carte professionnelle. Par la délibération du 18 juin 2020, la Commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté le recours administratif préalable exercé par M. D. Ce dernier demande l'annulation de ces deux délibérations.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la délibération de la CLAC Ouest du 17 février 2020 :
2. L'article L. 633-3 du code de la sécurité intérieure dispose que : " Tout recours contentieux formé par une personne physique ou morale à l'encontre d'actes pris par une commission d'agrément et de contrôle est précédé d'un recours administratif préalable devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. ". Aux termes de l'article R. 633-9 du même code : " Le recours administratif préalable obligatoire devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle prévu à l'article L. 633-3 peut être exercé dans les deux mois de la notification, par la commission locale d'agrément et de contrôle, de la décision contestée. Cette notification précise les délais et les voies de ce recours. Toute décision de la Commission nationale d'agrément et de contrôle se substitue à la décision initiale de la commission locale d'agrément et de contrôle. () ".
3. L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue nécessairement à la décision initiale et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge de la légalité.
4. Il résulte de ce qui précède que la décision de la CNAC du 18 juin 2020 s'étant entièrement substituée à la délibération de la CLAC Ouest du 17 février 2020, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision initiale de la CLAC Ouest, dépourvues d'objet, doivent être rejetées comme irrecevables, ainsi que le fait valoir le CNAPS en défense.
Sur les conclusions dirigées contre la délibération de la CNAC du 18 juin 2020 :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 633-3 du code de la sécurité intérieure : " Tout recours contentieux formé par une personne physique ou morale à l'encontre d'actes pris par une commission régionale d'agrément et de contrôle est précédé d'un recours administratif préalable devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle () ". Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 632-10 du même code : " Un vice-président, chargé de suppléer le président en cas d'absence ou d'empêchement de celui-ci et d'assurer l'intérim en cas de vacance momentanée du poste de président, est élu dans les mêmes conditions ". Il résulte de ces dispositions que les décisions prises sur recours administratif préalable à l'encontre d'actes pris par une commission régionale d'agrément et de contrôle relèvent de la compétence de la Commission nationale d'agrément et de contrôle, le président ou le vice-président de la commission se bornant à authentifier ces décisions par leur signature, sans qu'il leur soit nécessaire de justifier à cette fin d'une délégation de signature régulièrement publiée.
6. Il ressort des pièces du dossier que la décision en litige a été adoptée par le collège de la Commission nationale d'agrément et de contrôle lors d'une délibération du 30 avril 2020, dont le relevé a été signé par M. A E, vice-président de la commission, " pour la Commission nationale d'agrément et de contrôle, pour le président empêché ". Il résulte de ce qui précède qu'il y était habilité par sa seule nomination en sa qualité de vice-président, qui n'est pas contestée, sans qu'il lui soit nécessaire de disposer à cette fin d'une délégation de signature. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte manque en fait.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de la sécurité intérieure : " Nul ne peut exercer à titre individuel une activité mentionnée à l'article L. 611-1, ni diriger, gérer ou être l'associé d'une personne morale exerçant cette activité, s'il n'est titulaire d'un agrément () ". Aux termes de l'article L. 612-7 du même code : " L'agrément prévu à l'article L. 612-6 est délivré aux personnes qui satisfont aux conditions suivantes : () / 2° Ne pas avoir fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent ; () / L'agrément ne peut être délivré s'il résulte de l'enquête administrative, () que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées. ".
8. La délibération contestée a été prise au motif que M. D a été mis en cause, le 29 mars 2019, en qualité d'auteur des faits de faux par altération frauduleuse de la vérité dans un écrit et usage de faux en écriture pour avoir frauduleusement altéré, entre le 18 mai 2018 et le 29 mars 2019, douze fiches de paie ainsi qu'un relevé de carrière et les avoir produits dans le cadre de la délivrance d'une carte professionnelle pour exercer l'activité de conducteur de voiture de transport avec chauffeur. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du courriel du 12 mars 2020 adressé par les services de gendarmerie à la CNAPS, que l'intéressé a produit douze fiches de paie couvrant les périodes du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2017 ainsi qu'un relevé de carrière auprès de la société ZG Transport. Or, après vérification auprès des services de l'URSSAF et de la CARSAT, il s'est avéré que le requérant travaillait dans une entreprise de restauration durant cette même période. En outre, des incohérences dans la taille des caractères des documents ont été relevées, traduisant leur caractère frauduleux. Si M. D soutient que ces documents ont été falsifiés par un tiers, il ressort de ses propres déclarations qu'il a rémunéré cet individu afin d'obtenir une carte professionnelle de conducteur de voiture de transport avec chauffeur plus rapidement. Ainsi, ces circonstances, qui traduisent au demeurant un comportement peu respectueux de la règlementation, ne sauraient remettre en cause la matérialité des agissements reprochés à l'intéressé. En outre, M. D soutient qu'il n'a fait l'objet d'aucune condamnation pénale concernant ces faits, la procédure initiée à son encontre ayant été annulée par le tribunal correctionnel d'Orléans par jugement du 14 novembre 2019 avant de faire l'objet d'un classement sans suite, et que son casier judiciaire est vierge. Toutefois, ces circonstances ne permettent pas de remettre en cause la gravité des faits qui ont été relevés. Ainsi, la CNAC a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, qualifier les agissements de l'intéressé de contraires à l'honneur et de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens et en conclure qu'ils étaient incompatibles avec l'exercice des fonctions d'agent privé de sécurité. Enfin, la procédure de délivrance d'agrément prévue à l'article L. 612-7 du code de la sécurité intérieure est indépendante de la procédure pénale. Par suite, l'autorité administrative ne méconnaît pas le principe de la présomption d'innocence en refusant la délivrance d'un agrément sur le fondement de ces dispositions. Le moyen doit, dès lors, être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée, pour information, au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rouault-Chalier, présidente,
M. Viéville, premier conseiller,
M. Nehring, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
Le rapporteur,
Virgile C
La présidente,
Patricia ROUAULT-CHALIER
La greffière,
Nadine REUBRECHT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026