jeudi 23 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2003198 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL DEREC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 11 septembre 2020, 27 septembre 2023, 30 janvier 2024 et 12 février 2024, M. C A, représenté par Me Callon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier de Blois à lui verser la somme totale de 40 981,18 euros en réparation de ses préjudices en lien avec sa prise en charge au sein de cet établissement le 20 août 2019, augmentée des intérêts légaux avec capitalisation ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Blois la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
Il soutient que :
- le centre hospitalier de Blois a commis une faute de nature à engager sa responsabilité se caractérisant par une maladresse opératoire dans la réalisation d'un geste d'avulsion de deux dents surnuméraires, qui a généré la destruction quasi-totale du volume osseux péri radiculaire ;
- cette faute est à l'origine des complications subies, se traduisant par des douleurs importantes ainsi qu'une gêne et ayant nécessité de retirer deux nouvelles dents saines ;
- le centre hospitalier de Blois engage également sa responsabilité pour faute en raison d'un défaut d'information sur l'éventualité d'une évolution défavorable de sa situation ;
- s'agissant de ses préjudices, le centre hospitalier de Blois devra être condamné à l'indemniser à hauteur de 1 972,80 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 8 000 euros au titre des souffrances endurées, 1 850 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, 2 000 euros au titre du préjudice esthétique, 2 000 euros au titre du préjudice sexuel, 17 300 euros au titre des dépenses de santé futures, 5 000 euros au titre de l'incidence professionnelle et 1 000 euros à titre d'indemnité pour le temps perdu à se rendre aux expertises et aux nombreux rendez-vous nécessités par les soins.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 septembre 2020, 26 septembre 2022, 5 octobre 2023 et 31 janvier 2024, le centre hospitalier de Blois, représenté par Me Derec, conclut à la limitation de l'indemnisation accordée à M. A à la somme de 8 231,50 euros, dont doit être déduite la provision de 4 000 euros déjà versée et au rejet de ses autres conclusions et des demandes de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Loir-et-Cher.
Il soutient que :
- s'agissant de l'intervention de la CPAM de Loir-et-Cher, elle est irrecevable dès lors que ses mémoires ont été signés par une personne incompétente ;
- elle est également mal fondée dès lors qu'il n'est pas justifié que les frais médicaux et pharmaceutiques ainsi que les frais futurs présentent un lien de causalité avec la faute alléguée ; s'agissant de la demande relative aux frais futurs viagers, ils présentent un caractère éventuel et, en tout état de cause, il ne donne pas son accord pour que soit versé un capital au titre de ces frais ;
- s'agissant des préjudices de M. A, il ne saurait être condamné à indemniser des montants supérieurs à 1 231,50 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 4 200 euros au titre des souffrances endurées, 1 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, 900 euros au titre du préjudice esthétique, 900 euros au titre du préjudice sexuel ; les demandes concernant les frais de santé futurs présentent un caractère virtuel et seront rejetées ; la réalité de l'incidence professionnelle alléguée n'est pas établie ;
- il convient de déduire du montant total alloué la provision perçue par M. A, à savoir 4 000 euros.
Par des mémoires, enregistrés les 24 janvier et 23 février 2024, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Loir-et-Cher, agissant au nom et pour le compte de la CPAM du Loiret, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Blois à lui verser la somme de 1 907,68 euros au titre des débours qu'elle a exposés pour le compte de son assuré, M. A ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Blois à lui verser la somme de 635,89 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Blois la somme de 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- l'ordonnance du magistrat délégué du tribunal administratif d'Orléans n° 2003187 du 21 avril 2021 liquidant et taxant l'expertise ordonnée le 4 décembre 2020 et confié au docteur E ;
- l'ordonnance du président du tribunal administratif d'Orléans n° 2201152 du 7 février 2023 liquidant et taxant l'expertise ordonnée le 8 juin 2022 et confiée au docteur E ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Nehring ;
- les conclusions de M. Eric Gauthier, rapporteur public ;
- et les observations de Me Derec, représentant le centre hospitalier de Blois.
Considérant ce qui suit :
1. M C A, né le 7 septembre 1998, a fait l'objet d'une intervention d'avulsion de deux prémolaires surnuméraires ainsi que de quatre dents de sagesse, sous anesthésie générale, au sein du service de stomatologie du centre hospitalier de Blois. En raison de la persistance de douleurs, l'intéressé a de nouveau consulté l'équipe médicale de cet établissement hospitalier le 13 septembre 2019 puis le 2 janvier 2020. Il a alors été diagnostiqué une rétraction gingivale importante en lingual avec exposition complète des surfaces radiculaires des dents 34 et 35, une inflammation à type ostéite et une exposition partielle de l'os mandibulaire nécessitant l'avulsion des dents concernées, qui a été réalisée au mois de septembre 2020.
2. Estimant le centre hospitalier de Blois responsable des complications postérieures à l'intervention du 20 août 2019, M. A a présenté une demande préalable indemnitaire auprès de cet établissement, qui a été rejetée par courrier du 15 juillet 2020. M. A a saisi le juge des référés du tribunal administratif d'Orléans, le 11 septembre 2020, d'une demande d'expertise. Par ordonnance du 4 décembre 2020, le juge des référés de ce tribunal a désigné le docteur E comme expert, lequel a rendu son rapport le 6 mars 2021. Une nouvelle requête en référé expertise, enregistrée le 1er avril 2022 au greffe du tribunal administratif d'Orléans, a été présentée par M. A. Par ordonnance du 8 juin 2022, le juge des référés a désigné le docteur E afin d'évaluer les préjudices subis par l'intéressé. L'expert a rendu son rapport le 19 octobre 2022. Par la requête ci-dessus analysée, M. A demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Blois à lui verser la somme totale de 40 981,18 euros en réparation des préjudices subis en lien avec sa prise en charge au sein de cet établissement hospitalier, le 20 août 2019.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier de Blois :
3. Il résulte de l'instruction que le mémoire en intervention de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Loir-et-Cher a été signé par Mme D, responsable du service recours contre tiers. Il résulte de l'instruction que par décision du 1er janvier 2022, le directeur de la CPAM de Loir-et-Cher lui a donné délégation de signature afin, notamment, de représenter la caisse primaire de Loir-et-Cher devant les juridictions dans le domaine des recours contre les tiers. Il résulte également de l'instruction que cette décision a été signée par Mme B, sous-directrice, elle-même titulaire d'une délégation de signature signée par le directeur de la CPAM de Loir-et-Cher, le 1er juillet 2020. Ainsi, Mme D avait qualité pour signer les mémoires en intervention enregistrés les 24 janvier et 23 février 2024. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée par le centre hospitalier de Blois ne peut qu'être écartée.
Sur la responsabilité du centre hospitalier de Blois :
En ce qui concerne la faute médicale :
4. Aux termes du premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. ".
5. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du docteur E du 6 mars 2021, se fondant sur l'analyse de clichés radiographiques post opératoires, que lors de l'intervention d'avulsion de deux dents surnuméraires, le 20 août 2019, l'os mandibulaire de M. A a été retiré sur une large surface en périphérie des racines des dents 34 et 35 en zone vestibulaire, occasionnant également des lésions des racines de ces dents ainsi que de la racine mésiale de la dent 36. L'expert conclut à une maladresse opératoire survenue lors du geste d'avulsion qui, ainsi, n'a pas été réalisé selon les règles de l'art. Cette analyse n'est pas contestée par le centre hospitalier de Blois. Par suite, l'équipe médicale du centre hospitalier de Blois a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'établissement.
En ce qui concerne l'obligation d'information :
6. L'article L. 1111-2 du code de la santé publique dispose que : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus ".
7. M. A soutient qu'il n'a pas été informé par l'équipe médicale de ce que son état était susceptible d'évoluer défavorablement à la suite de l'intervention d'avulsion de deux dents surnuméraires. Toutefois, il résulte du rapport d'expertise du docteur E du 6 mars 2021 que M. A a été informé des risques inhérents à une intervention chirurgicale réalisée sous anesthésie générale et qu'il a, ainsi, donné un consentement éclairé à l'intervention. En outre, il ressort du même rapport d'expertise que l'avulsion de dents surnuméraires ne présente pas de risque de complication particulière. Dès lors, le centre hospitalier de Blois n'avait pas à l'informer des risques spécifiques liés à une intervention d'avulsion de dents surnuméraires. Par suite, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la responsabilité de l'établissement est engagée à raison d'une méconnaissance de son devoir d'information.
Sur les préjudices de M. A :
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
8. En premier lieu, M. A demande la condamnation de l'établissement hospitalier à lui verser la somme de 1 000 euros au titre du temps qu'il a passé pour se rendre aux expertises ainsi qu'aux différents rendez-vous médicaux nécessités par son état de santé. Toutefois, il ne produit aucun justificatif permettant de démontrer un quelconque préjudice à ce titre. Par suite cette demande doit être rejetée.
9. En deuxième lieu, s'agissant des dépenses de santé, il résulte du rapport du docteur E que les complications liées à la faute du centre hospitalier de Blois nécessiteront, à l'avenir, la mise en place de deux couronnes sus implantaires sur les dents 34 et 35 avec greffe d'os vascularisé. Il évalue le coût de cette intervention à la somme de 11 000 euros. L'expert précise que si cette intervention n'était pas réalisable, il devrait être alors envisagé une prothèse sur la dent 36 et un stellite sur les dents 34 et 35 pour un coût total de 2 300 euros. Par suite, il y a lieu de condamner le centre hospitalier de Blois à rembourser à M. A, sur production des justificatifs, les dépenses qu'il sera amené à exposer pour ces frais médicaux, après déduction des remboursements éventuels des organismes sociaux, dans la limite du montant maximum fixé par l'expert, soit 11 000 euros.
10. En troisième lieu, M. A soutient avoir subi un préjudice d'incidence professionnelle en raison, selon lui, de troubles survenus lors d'entretiens professionnels en lien avec le port d'une prothèse amovible. Toutefois, l'intéressé n'allègue aucune circonstance précise ni ne produit aucun élément de nature à justifier que les complications dont il a souffert postérieurement à l'intervention du 20 août 2019 ont eu une incidence dommageable sur sa vie professionnelle. Par suite, cette demande ne peut qu'être rejetée.
En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux :
S'agissant des préjudices temporaires :
11. En premier lieu, s'agissant du déficit fonctionnel temporaire, il résulte du rapport du docteur E que M. A a subi un déficit fonctionnel temporaire, en lien avec la faute de l'équipe médicale du centre hospitalier, à compter du 20 août 2019 jusqu'au 19 novembre 2021, évalué à 10 %. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 1 620 euros.
12. En second lieu, s'agissant des souffrances endurées en lien avec la faute du centre hospitalier de Blois, l'expert les a évaluées à 3,5/7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 5 000 euros.
S'agissant des préjudices définitifs :
13. En premier lieu, s'agissant du déficit fonctionnel permanent, il résulte du rapport du docteur E que l'intéressé a subi un déficit fonctionnel permanent, en lien avec la faute de l'équipe médicale du centre hospitalier, évalué à 1 %. Il sera fait une juste appréciation en évaluant ce préjudice à la somme de 1 000 euros.
14. En deuxième lieu, s'agissant du préjudice esthétique, celui-ci a été évalué par l'expert à 1/7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 1 000 euros.
15. En dernier lieu, concernant le préjudice sexuel, l'expert indique dans son rapport que l'intéressé a souffert d'un retentissement sur sa libido, en lien avec la faute du centre hospitalier de Blois. Il y a lieu d'évaluer ce préjudice à la somme de 1 000 euros.
En ce qui concerne les sommes déjà perçues par M. A :
16. Il résulte de l'instruction que l'assureur du centre hospitalier de Blois a versé à M. A une somme de 4 000 euros le 5 octobre 2021. Par suite, il y a lieu de déduire cette somme des montants à accorder au titre des préjudices de l'intéressé.
17. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier de Blois doit être condamné à verser à M. A la somme totale de 5 620 euros, compte tenu de la somme de 4 000 euros déjà perçue par l'intéressé, en réparation des préjudices subis consécutivement à sa prise en charge au sein de cet établissement. Le centre hospitalier de Blois doit également être condamné à verser à M. A les sommes qu'il sera amené à exposer pour les frais médicaux mentionnés au point 9 du présent jugement, sur présentation des justificatifs et après déduction des remboursements éventuels des organismes sociaux, dans la limite de 11 000 euros.
Sur les demandes de la caisse :
En ce qui concerne les débours :
18. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la CPAM de Loir-et-Cher, agissant au nom et pour le compte de la CPAM du Loiret, a exposé, pour le compte de son assuré, les sommes de 272,18 euros de frais médicaux, de 17,84 euros de frais pharmaceutiques et de 246,79 euros pour les frais futurs, desquels doivent être déduits 11 euros de franchises, soit une somme totale de 525,81 euros.
19. En second lieu, s'agissant des dépenses de santé futures, il résulte de ce qui a été dit au point 9 du présent jugement que les frais médicaux tenant à la mise en place de deux couronnes sus implantaires sur les dents 34 et 35 avec greffe d'os vascularisé, sont en lien avec les complications de l'intervention du 20 août 2019. Par suite, il y a lieu de condamner le centre hospitalier de Blois à rembourser à la CPAM de Loir-et-Cher, sur production des justificatifs, les débours qu'elle sera amenée à exposer pour ces frais médicaux au bénéfice de M. A.
En ce qui concerne les frais de gestion :
20. L'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale permet aux caisses d'assurance maladie exerçant leur recours subrogatoire de recouvrer une indemnité forfaitaire de gestion égale au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans des limites fixées par arrêté.
21. En l'espèce, il y a lieu de condamner le centre hospitalier de Blois à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher la somme de 175,27 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Sur les intérêts :
22. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ".
23. M. A demande que les indemnités qui lui sont allouées soient assorties des intérêts au taux légal avec capitalisation. Il y a lieu d'y faire droit, à compter du 15 juillet 2020, date de réception, au plus tard, de sa demande préalable. Ces intérêts produiront eux-mêmes intérêts à compter du 15 juillet 2021.
Sur les dépens :
24. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
25. D'une part, il y a lieu de mettre à la charge définitive du centre hospitalier de Blois les frais et honoraires de l'expertise ordonnée le 4 décembre 2020 et confiée au docteur E, liquidés et taxés à la somme de 2 400 euros par ordonnance du magistrat délégué du tribunal n° 2003187 du 21 avril 2021.
26. D'autre part, il y a lieu de mettre à la charge définitive du centre hospitalier de Blois les frais et honoraires de l'expertise ordonnée le 8 juin 2022 et confiée au docteur E, liquidés et taxés à la somme de 2 400 euros par ordonnance du président du tribunal n° 2201152 du 7 février 2023.
Sur les frais exposés non compris dans les dépens :
27. Il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Blois une somme de 1 500 euros à verser à M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de cet établissement hospitalier une somme à verser à la CPAM de Loir-et-Cher agissant au nom et pour le compte de la CPAM du Loiret, en application de ces mêmes dispositions, dès lors que la caisse ne justifie pas des sommes qu'elle a exposées à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier de Blois est condamné à verser à M. A une somme de 5 620 euros. Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 15 juillet 2020. Les intérêts échus à la date du 15 juillet 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : Le centre hospitalier de Blois est condamné à verser à M. A les sommes qu'il exposera pour les frais médicaux mentionnés au point 9 du présent jugement, sur présentation des justificatifs et après déduction des remboursements éventuels des organismes sociaux, dans la limite de 11 000 euros.
Article 3 : Le centre hospitalier de Blois est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher, agissant au nom et pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie du Loiret, une somme de 525,81 euros au titre de ses débours.
Article 4 : Le centre hospitalier de Blois est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher, agissant au nom et pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie du Loiret, les sommes que la caisse exposera pour les frais médicaux mentionnés au point 9 du jugement, sur présentation des justificatifs.
Article 5 : Le centre hospitalier de Blois est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher, agissant au nom et pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie du Loiret, une somme de 175,27 euros au titre de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Article 6 : Le centre hospitalier de Blois versera une somme de 1 500 euros à M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise ordonnée le 4 décembre 2020, liquidés et taxés à la somme de 2 400 euros sont mis à la charge du centre hospitalier de Blois.
Article 8 : Les frais et honoraires de l'expertise ordonnée le 8 juin 2022, liquidés et taxés à la somme de 2 400 euros, sont mis à la charge du centre hospitalier de Blois.
Article 9 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 10 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au centre hospitalier de Blois et à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher.
Copie en sera adressée à l'expert.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Rouault-Chalier, présidente
Mme Bernard, première conseillère,
M. Nehring, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2024.
Le rapporteur,
La présidente,
Virgile NEHRING
Patricia ROUAULT-CHALIER
La greffière,
Emilie DEPARDIEU
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026