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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2200315

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2200315

jeudi 23 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2200315
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantSELARL DEREC

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I- Par une requête, enregistrée le 28 janvier 2022 sous le n° 2200315, M. D C, représenté par Me Binisti demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :

1°) de condamner solidairement le centre hospitalier de Dreux et la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) à lui verser une provision à valoir sur son indemnisation définitive d'un montant de 230 000 euros ;

2°) de mettre à la charge solidaire du centre hospitalier de Dreux et de la SHAM la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les condamner aux entiers dépens de la procédure de référé.

Il soutient que :

- lors de l'intervention de pose de prothèse de hanche, une faute médicale a été commise qui a pour origine une plaie directe du nerf sciatique par un instrument tranchant, ayant entraîné une atteinte sciatique sévère ;

- cette maladresse per opératoire engage la responsabilité du centre hospitalier de Dreux auquel il incombe d'indemniser l'intégralité des préjudices qu'il a subis du fait de cette faute ;

- l'existence de l'obligation pesant sur l'établissement hospitalier et son assureur n'est donc pas sérieusement contestable et justifie que lui soit accordée une provision à hauteur de la somme globale de 230 000 euros se répartissant de la manière suivante :

* 6 000 euros au titre de l'assistance par tierce personne avant consolidation et 70 000 euros pour l'assistance par tierce personne permanente ;

* 40 000 euros pour les dépenses de santé futures incluant la part restant à sa charge des consultations en neuro-orthopédie et le suivi par un psychologue une fois par semaine à titre viager ;

* 4 000 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire pour la période comprise entre le 23 février 2017 et le 17 juillet 2018 ainsi que 70 000 euros au titre de son déficit fonctionnel permanent évalué à 24 % par l'expert ;

* 20 000 euros au titre des souffrances endurées évaluées à 2/7 par l'expert ;

* 10 000 euros au titre du préjudice esthétique fixé à 2/7 tant en ce qui concerne le préjudice temporaire que son préjudice permanent ;

* 10 000 euros pour son préjudice d'agrément résultant de l'impossibilité dans laquelle il se trouve du fait de ses séquelles d'effectuer des activités de bricolage et de jardinage.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 décembre 2022, le centre hospitalier de Dreux et la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), représentés par Me Derec, concluent à la limitation de la provision à allouer à M. C à la somme de 42 000 euros, à la limitation des frais de justice à un montant de 1 500 euros et au rejet du surplus des demandes et conclusions.

Ils font valoir que :

- le principe de la responsabilité du centre hospitalier à raison des conséquences dommageables de la plaie du nerf sciatique n'est pas contesté ;

- les prétentions indemnitaires du requérant apparaissent disproportionnées et en partie injustifiées et les sommes devront être limitées à hauteur de 4 160 euros en ce qui concerne l'assistance temporaire par tierce personne, de 2 697,50 euros pour le déficit fonctionnel temporaire, de 2 000 euros au titre des souffrances endurées, de 31 200 euros s'agissant du déficit fonctionnel permanent et de 1 800 euros pour le seul préjudice esthétique permanent ;

- la demande présentée au titre des dépenses de santé futures, dont il n'est justifié ni de la réalité ni du montant, devra être rejetée ;

- il en va de même en ce qui concerne les frais d'assistance permanente par tierce personne en l'absence de justification des aides financières perçues ;

- le préjudice d'agrément ne pourra pas davantage être indemnisé, l'impossibilité de pratiquer les activités de loisirs invoquées étant prise en compte et indemnisée au titre du déficit fonctionnel permanent.

La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher et à la caisse primaire d'assurance maladie d'Eure-et-Loir qui n'ont pas produit d'observations.

II- Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 janvier 2022 et le 17 octobre 2023 sous le n° 2200320, M. D C, représenté par Me Binisti, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, de condamner solidairement le centre hospitalier de Dreux et la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) à lui verser la somme de 896 739,50 euros en réparation de l'intégralité des préjudices subis du fait de la prise en charge médicale fautive dont il a été victime au sein de cet établissement hospitalier ;

2°) à titre subsidiaire, de désigner un expert, de préférence spécialiste en médecine physique et de réadaptation ;

3°) à titre infiniment subsidiaire, de condamner solidairement le centre hospitalier de Dreux et la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) à lui verser la somme de 285 471,50 euros ;

4°) en tout état de cause, de mettre à la charge solidaire du centre hospitalier de Dreux et de la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) le versement de la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de les condamner aux entiers dépens de la procédure.

Il soutient que :

- lors de l'intervention de pose de prothèse de hanche, une faute médicale a été commise qui a pour origine une plaie directe du nerf sciatique par un instrument tranchant, ayant entraîné une atteinte sciatique sévère ;

- cette maladresse per opératoire engage la responsabilité du centre hospitalier de Dreux auquel il incombe d'indemniser l'intégralité des préjudices qu'il a subis du fait de cette faute ;

- les préjudices doivent être liquidés sur le fondement du rapport du docteur B, complété par l'examen du docteur A, les conclusions du premier expert étant en effet contestées sur le plan médico-légal, notamment en ce qu'elles ne tiennent pas compte de l'incidence psychologique et apparaissent sous-évaluées ;

- en ce qui concerne les préjudices patrimoniaux temporaires, il sollicite le versement, outre d'un montant de 133,50 euros au titre des dépenses de santé restées à sa charge, d'une somme de 26 935 euros au titre des frais divers qu'il a supportés pour les honoraires de son conseil (390 euros) ainsi que pour les frais de transport pour se rendre à divers examens médicaux (200 euros) et pour les dépenses d'assistance temporaire par tierce personne calculées sur la base de trois heures par jour pendant la période de DFT à 50 % et de deux heures par jour pendant la période de DFT à 25 % (26 375 euros) ;

- en ce qui concerne ses préjudices patrimoniaux permanents, il demande à être indemnisé à hauteur de 52 252 euros au titre des dépenses de santé futures compte tenu de la nécessité de réaliser une consultation dans un service spécialisé de neuro-orthopédie ainsi qu'un suivi psychiatrique ; de 136 139 euros au titre des frais de logement adapté (frais d'acquisition d'un logement de plain-pied, frais de déménagement, frais d'aménagement des sanitaires) ; de 500 217 euros au titre l'assistance par tierce personne qui devra être calculée sur la base de trois heures par jour et non de trois heures trente par semaine comme cela a été retenu par l'expert de la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CCI) ;

- en ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux temporaires, il sollicite le versement d'une somme de 4 063 euros pour son déficit fonctionnel temporaire, d'une somme de 35 000 euros au titre des souffrances endurées et de 6 000 euros pour son préjudice esthétique temporaire ;

- en ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux permanents, il demande à être indemnisé à hauteur de 81 000 euros au titre de son déficit fonctionnel permanent, qui devra être évalué à 27 % et non à 24 % comme le retient l'expert de la CCI, à hauteur de 20 000 euros au titre de son préjudice d'agrément, à hauteur de 25 000 euros au titre de son préjudice esthétique permanent et à hauteur de 10 000 euros au titre de son préjudice sexuel ;

- s'il ne devait pas être tenu compte du rapport complémentaire produit, une expertise médicale devrait alors être ordonnée, les conclusions de l'expert de la CCI étant contestées au plan médico-légal dès lors qu'elles ne prennent pas en considération l'incidence psychologique du dommage subi, qu'elles sont sous-évaluées en ce qui concerne l'assistance par tierce personne permanente et qu'elles ne retiennent pas la nécessité d'un déménagement dans un logement de plain-pied adapté à son handicap ;

- dans l'hypothèse d'une liquidation des préjudices sur la base du rapport de l'expert de la CCI, il sollicite le versement d'une indemnisation globale de 268 090 euros se décomposant en 7 648 euros au titre des frais divers, 45 577 euros de dépenses de santé futures, 72 802 euros au titre de l'assistance par tierce personne permanente, 4 063 euros de déficit fonctionnel temporaire, 25 000 pour les souffrances endurées, 6 000 euros de préjudice esthétique temporaire, 72 000 euros au titre de son déficit fonctionnel permanent, 20 000 euros de préjudice d'agrément et 15 000 euros de préjudice esthétique permanent.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 décembre 2022 et le 25 avril 2024, le centre hospitalier de Dreux et la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), devenue société Relyens Mutual Insurance, représentés par Me Derec, concluent à la limitation de l'indemnisation à allouer à M. C à la somme de 77 484,66 euros, à la limitation des frais de justice à un montant de 1 500 euros et au rejet du surplus des demandes et conclusions.

Ils font valoir que :

- le principe de la responsabilité du centre hospitalier à raison des conséquences dommageables de la plaie du nerf sciatique n'est pas contesté ;

- l'indemnisation devra être calculée sur la base du second rapport du docteur B, qui est seul doté d'un caractère impartial et contradictoire, contrairement à la note établie unilatéralement par le docteur A, à la demande de l'avocat de M. C ;

- les prétentions indemnitaires du requérant apparaissent disproportionnées et en partie injustifiées et les sommes devront être limitées à hauteur de 4 160 euros en ce qui concerne l'assistance temporaire par tierce personne, de 2 697,50 euros pour le déficit fonctionnel temporaire, de 2 000 euros au titre des souffrances endurées, de 31 200 euros s'agissant du déficit fonctionnel permanent et de 1 800 euros pour le seul préjudice esthétique permanent ;

- les frais de médecin conseil relèvent d'un choix personnel de M. C et ne sont pas utiles à la solution du litige ;

- les frais de transport ne sont pas justifiés par la moindre pièce et ne peuvent ouvrir droit à réparation forfaitaire ;

- la demande présentée au titre des dépenses de santé futures, dont il n'est justifié ni de la réalité ni du montant, devra être rejetée ;

- la demande d'indemnisation présentée au titre des frais de logement adapté ne pourra qu'être rejetée, l'expert ne retenant pas l'existence d'un tel préjudice ; en tout état de cause, il conviendrait de déduire du prix d'acquisition du nouveau logement le prix de vente de l'appartement actuel du requérant ;

- il en va de même en ce qui concerne les frais d'assistance permanente par tierce personne en l'absence de justification des aides financières perçues ; l'indemnisation ne pourrait en tout état de cause excéder la somme de 35 627,16 euros ;

- le préjudice d'agrément ne pourra pas davantage être indemnisé, l'impossibilité invoquée de pratiquer des activités de loisirs étant prise en compte et indemnisée au titre du déficit fonctionnel permanent ;

- l'expert n'a pas retenu de préjudice sexuel.

La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher et à la caisse primaire d'assurance maladie d'Eure-et-Loir qui n'ont pas produit d'observations.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Rouault-Chalier,

- les conclusions de M. Gauthier, rapporteur public,

- et les observations de Me Binisti, représentant M. C et de Me Derec, représentant le centre hospitalier de Dreux et la société Relyens Mutual Insurance.

Considérant ce qui suit :

1. M. D C, né le 24 janvier 1946, qui souffrait de coxarthrose bilatérale, a bénéficié de la mise en place d'une prothèse totale de hanche droite en janvier 2015, réalisée au sein du centre hospitalier de Dreux. Ayant constaté une dégradation de son état au niveau de la hanche gauche, il a consulté, le 18 novembre 2016, le même chirurgien qui a décidé de mettre en place une prothèse totale à gauche. L'intervention a eu lieu le 23 janvier 2017 au sein du centre hospitalier de Dreux. Au cours de cette opération, une plaie partielle du nerf sciatique est survenue, qui a été suturée. M. C, qui a été informé de la survenue de cette complication, a bénéficié de la mise en place immédiate d'une attelle de releveur du pied et a été transféré dans un centre de rééducation, où il a séjourné du 3 février au 15 mars 2017. Plusieurs électromyogrammes ont ensuite été réalisés dont trois en 2017 et le dernier, le 17 juillet 2018, qui ont tous montré une atteinte totale du nerf sciatique poplité externe et une atteinte partielle du nerf sciatique poplité interne. Estimant la responsabilité du centre hospitalier de Dreux engagée, M. C a saisi le 10 juillet 2017 la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (CCI) qui a désigné le docteur B, chirurgien orthopédiste, en qualité d'expert. Celui-ci a rendu un premier rapport le 13 février 2018. Toutefois, l'état de santé de M. C n'étant pas consolidé à cette date, un second examen a eu lieu le 15 novembre 2018, à l'issue duquel l'expert a établi un second rapport. Le 28 mars 2018, la CCI a émis un avis au terme duquel elle a estimé que l'indemnisation des préjudices subis par M. C incombait intégralement à l'assureur du centre hospitalier de Dreux. Une procédure amiable a alors été engagée qui n'a cependant pas abouti.

2. Par une première requête, enregistrée le 28 janvier 2022 sous le n° 2200315, M. C a sollicité la condamnation solidaire du centre hospitalier de Dreux et de la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), devenue société Relyens Mutual Insurance, à lui verser une provision de 230 000 euros au titre des différents préjudices qu'il estime avoir subis en lien avec l'intervention chirurgicale pratiquée le 23 janvier 2017. Le 28 janvier 2022, M. C a également présenté une seconde requête, enregistrée sous le n° 2200320, dans laquelle il demande, à titre principal, la condamnation définitive de l'établissement hospitalier et de son assureur à lui verser une indemnisation à hauteur de 896 739,50 euros, et à titre subsidiaire, leur condamnation à lui verser une somme ramenée à 285 471,50 euros.

3. Les requêtes n° 2200315 et n° 2200320 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur la requête n° 2200320 :

En ce qui concerne la responsabilité du centre hospitalier de Dreux :

4. Aux termes du premier alinéa du I l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".

5. Il résulte de l'instruction, et en particulier des conclusions de l'expert désigné par la CCI, que le dommage subi par M. C a pour origine une plaie hémi circonférentielle directe du nerf sciatique par un instrument tranchant, survenue pendant l'intervention chirurgicale de mise en place de la prothèse totale de hanche gauche pratiquée le 23 janvier 2017 au centre hospitalier de Dreux. Cette lésion, bien qu'ayant été détectée et suturée au cours de l'opération, a néanmoins laissé des séquelles sévères à l'intéressé consistant en une atteinte totale du nerf sciatique poplité externe (SPE) et une atteinte partielle du nerf sciatique poplité interne (SPI). L'expert, qui explique qu'à l'occasion des abords de la hanche par une voie postérieure, le nerf se trouve dans la plaie opératoire et nécessite donc une attention particulière du chirurgien afin d'éviter qu'il ne soit traumatisé, soit par un coup de ciseau ou de bistouri, soit par un écarteur, conclut dans le cas de M. C, à une réalisation non conforme aux règles de l'art de l'acte médical. Cet accident, qui est survenu pendant l'opération et résulte d'une maladresse chirurgicale, est ainsi constitutif d'une faute dans la prise en charge de M. C de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier de Dreux, lequel ne le conteste d'ailleurs pas.

6. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

7. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport de l'expert, que les préjudices subis par M. C résultent directement et exclusivement de la faute technique commise lors de l'intervention chirurgicale du 23 janvier 2017. Par suite, il y a lieu de condamner solidairement le centre hospitalier de Dreux et son assureur à réparer l'intégralité des préjudices subis par le requérant.

En ce qui concerne les préjudices de M. C :

8. Il résulte de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise établi le 12 décembre 2018 par le docteur B, que la date de consolidation de l'état de santé de M. C a été fixée au 17 juillet 2018.

S'agissant des préjudices temporaires :

Quant aux préjudices patrimoniaux temporaires :

Sur les dépenses de santé :

9. Il résulte de l'instruction, et en particulier du relevé définitif des débours supportés par la caisse primaire d'assurance maladie au profit de M. C, daté du 4 février 2022 et produit par le requérant à l'instance, que la caisse a déduit du montant total de sa créance, au titre du poste intitulé " franchises ", une somme de 133,50 euros, dont l'intéressé soutient qu'elle est restée à sa charge. La période au cours de laquelle ces dépenses ont été engagées, soit entre le 15 mars 2017 et le 17 juillet 2018, qui correspond à celle durant laquelle M. C a été vu en consultations spécialisées et a subi plusieurs examens, notamment des électromyogrammes, afin de déterminer la nature et l'étendue de ses séquelles ainsi que leur évolution prévisible, est en lien avec la faute commise lors de l'intervention chirurgicale du 23 janvier 2017. Il y a lieu dès lors de condamner solidairement le centre hospitalier de Dreux et la société Relyens Mutual Insurance à verser la somme de 133,50 euros à M. C au titre des dépenses de santé restées à sa charge.

Sur les frais divers :

10. D'une part, le requérant sollicite le remboursement de la somme de 360 euros versée en règlement des honoraires du docteur A, médecin du sport diplômé de la réparation juridique du dommage corporel qu'il a consulté en vue de la réalisation d'une contre-expertise, et correspondant aux frais d'examen médical et d'étude de son dossier. Toutefois, ce médecin n'a pas assisté aux opérations d'expertise et il ne résulte pas de l'instruction que son rapport ait été utile à la solution du litige. Par, suite, la demande de M. C à ce titre doit être rejetée.

11. D'autre part, le requérant demande le versement de la somme de 200 euros correspondant aux frais de déplacements qu'il soutient avoir engagés pour se rendre aux quatre électromyogrammes et aux consultations avec son chirurgien ainsi que pour assister aux opérations d'expertises et aux rendez-vous avec ses conseils. Toutefois, en l'absence de toute précision quant à la nature des frais effectivement supportés et de toute justification quant à leur montant, aucune indemnisation ne peut être accordée à M. C à ce titre.

Sur les frais d'assistance par tierce personne :

12. Lorsque le juge administratif indemnise, dans le chef de la victime d'un dommage corporel, la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit, à cette fin, se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime. Si le juge n'est pas en mesure de déterminer, lorsqu'il se prononce, si la personne handicapée sera placée dans une institution spécialisée ou hébergée au domicile de sa famille, il lui appartient de lui accorder une rente trimestrielle couvrant les frais de son maintien au domicile familial, en précisant le mode de calcul de cette rente dont le montant doit dépendre du temps passé au domicile familial au cours du trimestre.

13. Il résulte de l'instruction, et notamment du second rapport établi par le docteur B le 12 décembre 2018, soit un mois après avoir examiné M. C, que l'atteinte sciatique sévère de la jambe gauche dont ce dernier reste atteint, a généré un besoin d'assistance par tierce personne entre le 16 mars 2017, date à laquelle il a regagné son domicile après son séjour en service de rééducation, et le 17 juillet 2018, date de la consolidation de son état fixée par le rapport d'expertise. L'expert désigné par la CCI évalue ce besoin à une heure par jour entre le 16 mars 2017 et le 31 mai 2017, puis à trois heures trente par semaine jusqu'à la date de consolidation, le 17 juillet 2018, soit un total de 283 heures. Si M. C conteste cette évaluation et demande qu'il soit tenu compte de celle du docteur A fixant à respectivement trois heures par jour, puis à deux heures par jour, son besoin en assistance par tierce personne pour ces deux mêmes périodes, il ne fournit toutefois aucune précision quant à la nature de l'aide que son état nécessite, se bornant à invoquer le recours à ses proches pour ses déplacements, et n'apporte aucun élément concrets permettant de démontrer le caractère erroné de l'estimation de l'expert. Il s'en suit qu'en l'espèce, et au regard du caractère non spécialisé de cette assistance, le taux horaire retenu doit être égal au salaire minimum interprofessionnel de croissance pour les années 2017 et 2018 augmenté des cotisations sociales. En outre, pour tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu de calculer l'indemnisation de ce besoin sur la base d'une année de 412 jours. M. C peut donc prétendre à une indemnisation au titre de l'assistance par tierce personne pour la période du 16 mars 2017 au 17 juillet 2018 à hauteur de 4 382 euros.

Quant aux préjudices extrapatrimoniaux temporaires :

Sur le déficit fonctionnel temporaire :

14. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise post-consolidation, que M. C a subi en lien avec la faute de l'équipe médicale du centre hospitalier de Dreux, un déficit fonctionnel temporaire total du 23 février au 15 mars 2017, puis de 50 % du 16 mars au 31 mai 2017 et, enfin, de 25 % du 1er juin 2017 au 17 juillet 2018. L'évaluation effectuée par l'expert n'est pas contestée. Par suite, il sera fait une juste appréciation du préjudice lié au déficit fonctionnel temporaire subi par M. C en l'évaluant à la somme de 3 250 euros.

Sur les souffrances endurées :

15. Il résulte de l'instruction qu'en raison de la plaie partielle du nerf sciatique survenue lors de l'intervention chirurgicale de pose d'une prothèse totale de hanche, M. C a dû subir un mois de rééducation, puis le port systématique de béquilles et d'une attèle pour ses déplacements. L'expert, après avoir souligné l'absence de douleurs neuropathiques et de traitement prescrit en ce sens, a évalué à 2 sur une échelle de 7 les souffrances endurées par l'intéressé du fait de ce manquement. Dès lors, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en lui accordant à ce titre une somme de 2 500 euros.

S'agissant des préjudices permanents :

Quant aux préjudices patrimoniaux permanents :

Sur les dépenses de santé :

16. M. C, qui indique que l'expert a retenu la nécessité de la réalisation d'une consultation dans un service spécialisé de neuro-orthopédie ainsi que d'un suivi psychiatrique, demande la condamnation solidaire du centre hospitalier et de son assureur à l'indemniser à hauteur de la somme globale de 52 233 euros, calculée sur la base d'une estimation du coût " usuel " de la consultation par un spécialiste à 60 euros et d'un solde de 19 euros laissé à sa charge, après remboursement par la caisse primaire d'assurance maladie.

17. D'une part, si l'expert nommé par la CCI a effectivement noté dans son rapport que le patient doit bénéficier d'une consultation dans un service spécialisé de neuro-orthopédie, M. C n'a pas produit à l'instance de document, et notamment un relevé de remboursement par sa caisse de sécurité sociale, établissant qu'il aurait effectivement consulté un tel spécialiste et gardé à sa charge une partie du montant de cette visite. Sa demande à ce titre doit, par suite, être rejetée.

18. D'autre part, le requérant évoque la nécessité de consulter un psychologue une fois par semaine à titre viager. Toutefois, et alors que l'expert désigné par la CCI n'a fait état que d'une " éventuelle " prise en charge psychiatrique, il ne résulte pas de l'instruction que depuis l'accident survenu lors de l'intervention du 23 janvier 2017, et en lien avec l'atteinte sciatique dont il souffre, M. C aurait consulté un psychologue à raison d'une fois par semaine ni qu'il continuerait à bénéficier, sur le même rythme, d'une telle prise en charge. Aucune indemnisation ne pourra, par suite, lui être accordée à ce titre.

Sur les frais d'assistance par tierce personne :

19. Il résulte de l'instruction que le besoin de M. C d'assistance non spécialisée par tierce personne après consolidation a été fixé par l'expert désigné par la CCI à trois heures trente par semaine. Pour retenir cette évaluation, l'expert a relevé que l'intéressé, qui n'a pas le permis de conduire, ne peut plus se déplacer en transports en commun comme il le faisait avant l'intervention chirurgicale du 23 janvier 2017, et qu'il a désormais besoin de l'aide des membres de sa famille pour ses déplacements. En l'absence de tout élément produit par le requérant tendant à établir la nécessité de disposer d'une aide plus importante à hauteur, comme il le demande, de trois heures par jour incluant, en plus de l'aide pour ses déplacements, une assistance pour l'intégralité des tâches ménagères (repas, ménage, repassage, courses) ainsi que pour sa toilette, il y a lieu de fixer à trois heures trente par semaine le besoin permanent de M. C en assistance par tierce personne spécifiquement imputable à la lésion du sciatique de la jambe gauche dont il a été victime.

20. D'une part, il convient, comme il a été dit au point 13 du présent jugement, en tenant compte du salaire minimum interprofessionnel de croissance moyen sur l'ensemble de la période, augmenté des charges sociales, de 14,61 euros pour une aide non médicalisée, pour une année évaluée à 412 jours pour tenir compte des dimanches et jours fériés ainsi que des congés payés, d'évaluer le besoin en assistance d'une tierce personne à la somme de 17 613 euros pour la période courant à compter de la consolidation de l'état de santé du requérant, soit à compter du 18 juillet 2018, et jusqu'à la date de mise à disposition de la présente décision, soit le 23 mai 2024. Il résulte de l'attestation sur l'honneur qu'il a produite à l'instance, que le requérant a déclaré n'avoir perçu aucune aide au titre de l'aide humaine. Il n'y a donc pas lieu de diminuer, à ce titre, le montant de l'indemnisation due à M. C.

21. D'autre part, il y a lieu, au titre des dépenses futures du poste d'assistance par tierce personne, de prendre en compte un taux horaire unique de 16,31 euros pour l'année 2024 et de condamner solidairement le centre hospitalier de Dreux et son assureur à verser à M. C une somme de 2 044 euros pour la période allant de la date de mise à disposition du présent jugement jusqu'au 31 décembre 2024, ainsi qu'une rente versée par trimestre échu pour un montant annuel fixé à 3 350,65 euros à compter du 1er janvier 2025, laquelle sera revalorisée annuellement par application des coefficients prévus à l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale. En seront déduites les sommes pouvant éventuellement être perçues par l'intéressé au titre de l'allocation personnalisée d'autonomie ou de prestation de compensation du handicap, ce dont il appartiendra à M. C de justifier chaque année auprès du centre hospitalier de Dreux.

22. Enfin, il appartient au juge, en présence d'éléments rendant probable une évolution ultérieure du mode de prise en charge de la victime qui aurait pour conséquence de la décharger de tout ou partie de ses frais d'assistance par une tierce personne, de prévoir que la rente provisionnelle accordée à ce titre sera, en pareil cas, suspendue ou réduite, sous le contrôle du juge de l'exécution de la décision fixant l'indemnisation provisionnelle. En l'espèce, alors que l'âge et l'état de santé de la victime rendent possible son hospitalisation ou sa prise en charge ultérieure dans une institution spécialisée, il y a lieu de réserver cette hypothèse dans l'évaluation provisoire du préjudice d'assistance d'une tierce personne postérieurement au présent jugement, en prévoyant que la rente provisionnelle versée le sera sous déduction du nombre de jours durant lesquels la victime pourra être effectivement prise en charge dans un établissement hospitalier, en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes ou tout autre établissement spécialisé assurant ce type de prestations.

Sur les frais de logement adapté :

23. Conformément au principe de réparation intégrale, les frais que doit débourser la victime directe à la suite du dommage pour adapter son logement à son handicap et bénéficier d'un habitat en adéquation avec ce handicap constitue un préjudice matériel réparable.

24. Il résulte de l'instruction, en particulier des photographies produites par M. C, que l'appartement dans lequel il vit, qui est situé au deuxième étage avec ascenseur, comporte quelques marches pour accéder à son immeuble puis d'autres marches pour accéder à l'ascenseur. S'appuyant sur l'évaluation faite par le docteur A, lequel retient la nécessité d'un déménagement dans un logement adapté de plain-pied avec salle de bain aménagée, le requérant sollicite une indemnisation à hauteur de 136 139 euros se décomposant en 112 300 euros de frais d'acquisition d'un logement de plain-pied, 4 434 euros de frais de déménagement et

19 328 euros d'aménagement des sanitaires. Toutefois, il résulte de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise, qu'en ce qui concerne l'évaluation du préjudice en lien avec l'aménagement du lieu de vie, l'expert désigné par la CCI a indiqué avoir testé la déambulation du patient dans les escaliers et en a tiré la conclusion que cette dernière " est certes difficile pour le patient mais tout à fait possible ". Par ailleurs, si le requérant produit quelques annonces immobilières extraites du site internet " se loger ", au demeurant non datées, ainsi qu'une estimation de la valeur vénale de son appartement à la date du 12 février 2020 et un outil de calcul des frais d'achat, ces éléments ne sont pas de nature à démontrer l'engagement, par l'intéressé, de démarches effectives en vue de changer son lieu de résidence au profit d'une habitation de plain-pied. De même, le devis de déménagement estimatif qu'il verse au dossier, établi le 25 septembre 2019, qui ne comporte aucune indication d'adresse de chargement et de déchargement et qui indique une date prévisionnelle de réalisation au " printemps 2020 " ne peut être retenu, en l'absence de preuve rapportée par le requérant d'un changement effectif de résidence. Enfin, si M. C demande que lui soit versée une indemnité pour les travaux d'aménagement de sa salle de bains, il se borne à produire un devis établi le 18 septembre 2019 par la société " VD dépannages " en vue d'une réfection totale avec peinture et fourniture et pose notamment de fenêtre PVC, de faïence, de carrelage, d'un lavabo, d'une douche et de meubles de salle de bains, pour un montant cumulé de dépenses de 19 328,10 euros, lesquelles ne sont pas directement en lien avec le dommage subi par le requérant. En outre, ce dernier ne justifie ni de la réalisation de ces travaux, ni du paiement de l'entreprise concernée. Dans ces conditions, la demande du requérant, présentée au titre des dépenses d'adaptation de son logement, ne peut qu'être rejetée.

Quant aux préjudices extrapatrimoniaux permanents :

Sur le déficit fonctionnel permanent :

25. Il résulte de l'instruction que M. C présente depuis l'intervention du 23 janvier 2017 au niveau du membre inférieur gauche, une amyotrophie musculaire qui s'est définitivement installée ainsi qu'un déficit complet du nerf sciatique poplité externe et un déficit partiel du nerf sciatique poplité interne, portant principalement sur les fibres sensitives. L'expert désigné par la CCI, qui a relevé les difficultés de déambulation qui en résultent pour l'intéressé, a précisé qu'il ne s'agissait pas de troubles particulièrement graves dans les conditions d'existence, le patient arrivant néanmoins à subvenir seul à la plupart des besoins de la vie quotidienne, et a évalué à 24 % le déficit fonctionnel permanent dont il reste atteint. Cette estimation est contestée par le requérant sur la base des conclusions du docteur A, lequel a retenu un taux de 27 % incluant, en plus des 24 % au titre de l'atteinte du nerf sciatique, un taux de 3 % pour les troubles anxiodépressifs. Toutefois, et ainsi qu'il a été précédemment indiqué, l'existence de séquelles psychologiques directement en lien avec l'accident survenu lors de l'intervention chirurgicale subie par M. C, qui nécessiteraient une prise en charge spécifique et seraient à l'origine d'une majoration de son déficit fonctionnel permanent, n'est pas établie. Par suite, il y a lieu de fixer à 24 % le taux du déficit fonctionnel permanent à prendre en considération pour déterminer le montant de l'indemnisation à allouer au requérant à ce titre. M. C étant âgé de soixante-douze ans à la date de consolidation de son état de santé, il sera fait une juste appréciation de son préjudice en l'évaluant à la somme de 32 000 euros.

Sur le préjudice esthétique :

26. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport de l'expertise ordonnée par la CCI, que M. C subit depuis l'intervention chirurgicale fautive un préjudice esthétique en rapport avec une déambulation avec attelle anti équin et l'utilisation de deux cannes. Ce préjudice a été évalué à 2 sur une échelle de 7 par l'expert depuis la survenue du dommage, et sans changement après la consolidation de l'état de santé. Dans ces conditions, il y a lieu d'accorder au requérant à ce titre une somme de 3 000 euros.

Sur le préjudice d'agrément :

27. Le requérant fait valoir qu'il ne peut plus pratiquer les activités de loisirs auxquelles il s'adonnait, à savoir le bricolage et le jardinage et qu'il ne peut plus non plus faire de marche. Toutefois, l'intéressé, qui était âgé de soixante-et-onze ans lorsqu'il a subi l'intervention chirurgicale à l'origine du dommage et avait déjà bénéficié d'une première prothèse totale au niveau de la hanche droite deux ans plus tôt, ne produit aucune pièce permettant d'établir la réalité des activités précitées avant la survenue du handicap affectant sa vie quotidienne, lesquelles, au demeurant, sont, de par leur nature, déjà prises en charge par l'indemnisation du déficit fonctionnel permanent. Dès lors, il y a lieu de rejeter la demande de M. C au titre du préjudice d'agrément.

Sur le préjudice sexuel :

28. Si M. C sollicite le versement d'une indemnité de 10 000 euros au titre de son préjudice sexuel, ce préjudice n'a pas été retenu par l'expert désigné par la CCI qui a relevé qu'il n'existe pas de limitation de mobilité de la hanche, droite ou gauche, et que les muscles proximaux des membres inférieurs sont de fonctionnalité normale. Il n'y a pas lieu, dès lors, de faire droit à la demande du requérant à ce titre.

29. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise médicale complémentaire, que le centre hospitalier de Dreux et la société Relyens Mutual Insurance doivent être condamnés solidairement à verser à M. C la somme totale de 64 922,50 euros en réparation des préjudices subis consécutivement à sa prise en charge au sein de l'établissement hospitalier.

En ce qui concerne les dépens :

30. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par M. C tendant à la condamnation solidaire du centre hospitalier de Dreux et de son assureur au paiement des entiers dépens ne peuvent qu'être rejetées.

Sur la requête n° 2200315 :

31. Le présent jugement statuant au fond sur les demandes indemnitaires de M. C, ses conclusions présentées dans la requête n° 2200315 sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative et tendant au versement d'une provision, sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

32. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge solidaire du centre hospitalier de Dreux et de la société Relyens Mutual Insurance le versement à M. C d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2200315 tendant au versement d'une provision.

Article 2 : Le centre hospitalier de Dreux et la société Relyens Mutual Insurance sont solidairement condamnés à verser à M. C une somme globale de 64 922,50 euros.

Article 3 : Le centre hospitalier de Dreux et la société Relyens Mutual Insurance sont solidairement condamnés à verser à M. C une rente annuelle de 3 350,65 euros à compter du 1er janvier 2025. Cette rente sera revalorisée annuellement par application du coefficient prévu à l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale. Si M. C venait à être hospitalisé ou placé en institution spécialisée, la rente provisionnelle sera réduite au prorata du nombre de jours d'hospitalisation ou passés dans une telle institution.

Article 4 : Le centre hospitalier de Dreux et la société Relyens Mutual Insurance verseront solidairement à M. C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes n°s 2200315 et 2200320 est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, au centre hospitalier de Dreux, la société Relyens Mutual Insurance, à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher et à la caisse primaire d'assurance maladie d'Eure-et-Loir.

Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Rouault-Chalier, présidente,

Mme Bernard, première conseillère,

M. Nehring, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2024.

La présidente-rapporteure,

Patricia ROUAULT-CHALIER

L'assesseure la plus ancienne,

Pauline BERNARD La greffière,

Emilie DEPARDIEU

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2200315

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