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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2201586

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2201586

jeudi 30 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2201586
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantESNAULT-BENMOUSSA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 mai 2022, M. B E A, représenté par Me Esnault-Benmoussa, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision de refus de séjour de la Préfète d'Indre et Loire du 10 février 2022 ;

2°) d'enjoindre à la préfète de lui délivrer une carte de séjour temporaire, assortie d'une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ; à défaut, d'enjoindre au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de condamner l'Etat au versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle, ainsi que les dépens.

Il soutient que :

- la décision n'est pas motivée ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision viole son droit au respect de la vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 juillet 2022, la préfète d'Indre et Loire conclut au rejet de la requête.

La préfète soutient que les moyens ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 11 mars 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. D C, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A de nationalité guinéenne, est entré irrégulièrement sur le territoire le 1er juin 2018. Il a sollicité un titre de séjour à la suite de son mariage avec une ressortissante française. Par un arrêté du 10 février 2022 la préfète d'Indre et Loire a rejeté sa demande et a assorti cette décision d'une obligation de quitter le territoire français. M. A demande l'annulation de cet arrêté du 10 février 2022.

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les stipulations et dispositions législatives et règlementaires dont la préfète a entendu faire application. Il rappelle les conditions d'entrée et de séjour sur le territoire français de M. A, et l'objet de sa demande. La préfète d'Indre-et-Loire expose qu'il ne justifie pas d'une entrée régulière sur le territoire et qu'il ne peut de ce fait prétendre à un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 423-1 et L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La préfète fait également état de sa situation personnelle au regard des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme. Dès lors, la décision litigieuse comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation au regard des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration est écarté.

3. En deuxième lieu, le requérant, qui ne conteste pas être entré irrégulièrement sur le territoire, soutient que la décision de refus de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est bien inséré dans la société française et est marié avec une ressortissante française avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité le 18 mars 2019. Il fait également valoir que la décision attaquée méconnait son droit au respect de la vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme. Cependant, si le requérant soutient vivre depuis 2018 avec une ressortissante française avec laquelle il s'est pacsé puis marié en 2021, il ne conteste pas avoir déclaré vivre en concubinage avec une autre ressortissante en 2020 puis s'être déclaré célibataire et être père d'un fils vivant en Guinée en 2021. De plus, eu égard au caractère assez récent de la relation qu'il allègue entretenir et à la circonstance que sa situation lui impose de retourner dans son pays d'origine pour solliciter un visa de long séjour en qualité de conjoint de français, l'arrêté attaqué ne peut être regardé comme ayant porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale. Par ailleurs, si le requérant établit avoir conclu un contrat à durée indéterminée en qualité de soudeur et avoir commencé à travailler au début de l'année 2022 alors qu'il bénéficiait d'un récépissé en qualité de demandeur d'asile l'autorisant à travailler, il n'établit pas ce faisant l'erreur manifeste d'appréciation au regard de son insertion professionnelle alors qu'il n'a commencé à travailler que depuis cinq semaines à la date de la décision attaquée. Les moyens sont écartés.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 10 février 2022 attaqué doivent être rejetées, ainsi que, ensemble et par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte. Il en va de même pour celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et au titre des dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au préfet d'Indre et Loire.

Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Quillevéré, président,

M. Viéville, premier conseiller,

M. Nehring, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.

Le rapporteur,

Sébastien VIEVILLE

Le président,

Guy QUILLEVERE

La greffière,

Agnès BRAUD

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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