mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2300287 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SAADA-DUSART |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 21 janvier 2023, le 22 juin 2023, le 20 octobre 2023 et le 5 septembre 2024, Mme B D A doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 novembre 2022 par laquelle le maire de la commune de Blois a refusé de la nommer sur un emploi de gardienne logée au service des sports ;
2°) de condamner ladite commune à réparer le préjudice causé par la perte de huit mois de revenus.
Elle soutient que :
- elle a passé un entretien de recrutement après une pré-sélection ; elle a été informée que sa candidature avait été retenue ; elle a transmis l'intégralité des pièces demandées ; l'entrée en service était prévue au 15 décembre 2022 ; elle a été informée par le secrétariat que sa candidature avait été écartée après la transmission de son bulletin n° 2 du casier judiciaire ; elle avait quitté un emploi de directrice ; elle était sous l'emprise de son conjoint avec lequel une procédure de divorce est engagée depuis deux années ; elle possède une expérience militaire de trois années, connaît le dispositif Vigipirate ainsi que la tenue des registres de sécurité ; elle connaît le stade et a été championne internationale de karaté avec le club Cobra Kaï de Blois ;
- elle ne peut être sanctionnée deux fois pour les mêmes faits ; elle ne fait l'objet d'aucune interdiction d'exercer une profession en contact avec des mineurs ; les mentions de son bulletin n°2 ne sont pas incompatibles avec les fonctions proposées ;
- la décision constitue une discrimination à l'embauche ;
- la production du bulletin n°2 du casier judiciaire par la commune devait être autorisée par ses soins ou par une décision judiciaire.
Par des mémoires enregistrés le 22 juin 2023 et le 11 octobre 2023, la commune de Blois, représentée par Me Saada-Dusart, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision litigieuse qui comportait l'indication des voies et délais de recours est définitive ;
- la demande indemnitaire préalable est irrecevable ;
- la candidature de la requérante a été retenue en priorité et elle en a été informée par courriel du 2 novembre 2022 ; il lui a été demandé de fournir des documents ; les mentions du bulletin n°2 étaient incompatibles avec sa nomination et la procédure de recrutement a été interrompue.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2006-1690 du 22 décembre 2006 ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code pénal ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jaosidy,
- les conclusions de M. Lombard, rapporteur public,
- et les observations de Mme C et de Me Saada-Dusart, représentant la commune de Blois.
Une note en délibéré, présentée par Mme A, a été enregistrée le 13 septembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a présenté sa candidature pour un emploi de gardien.ne logé.e des installations sportives de la commune de Blois, relevant du cadre d'emploi des adjoints techniques territoriaux. Par un courriel du 2 novembre 2022, elle a été informée de la volonté de la commune de la recruter sur cet emploi à compter du 15 novembre 2022 en vue d'accomplir le stage pour la titularisation dans le grade d'adjoint technique. Ce courriel l'invitait à fournir les documents nécessaires en vue de son recrutement. Par un courrier du 28 novembre 2022, l'adjointe en charge du personnel informait Mme C du refus de la recruter en raison des mentions portées au bulletin n° 2 de son casier judiciaire, regardées comme incompatibles avec les fonctions de l'emploi de gardienne de stade. Mme C doit être regardée comme demandant au tribunal, d'une part, d'annuler cette décision, d'autre part, de condamner la commune de Blois à la réparation du préjudice lié à l'absence de perception de huit mois de revenus.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par la commune de Blois tirée de la tardiveté de la demande d'annulation :
2. La décision litigieuse du 28 novembre 2023 précise que le bulletin n° 2 du casier judiciaire de Mme C mentionne des faits de détention non autorisée de stupéfiants, recel de biens venant de transport, de détention, de l'acquisition non autorisés de stupéfiants, vol, transport sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie B. Ces éléments ne sont pas contestés par la requérante.
3. Aux termes de l'article L. 321-1 du code général de la fonction publique : " Sous réserve des dispositions des articles L. 321-2 et L. 321-3, nul ne peut avoir la qualité de fonctionnaire : 1° S'il ne possède pas la nationalité française ; /2° S'il ne jouit pas de ses droits civiques ; /3° Le cas échéant, si les mentions portées au bulletin n° 2 de son casier judiciaire sont incompatibles avec l'exercice des fonctions () ".
4. L'autorité de la chose jugée appartenant aux décisions des juges répressifs devenues définitives, qui s'impose aux juridictions administratives, s'attache notamment à la constatation matérielle des faits mentionnés dans le jugement, qui sont le support nécessaire du dispositif.
5. Il ressort du bulletin n° 2 communiqué au tribunal de céans à la suite de la mesure d'instruction diligentée à cet effet que Mme C, née le 10 juillet 1990, a été condamnée le 15 février 2013 par le tribunal correctionnel de Blois pour un délit de fuite commis le 28 août 2012 après un accident de la circulation, le 17 juin 2015, toujours par ce même tribunal, pour non justification de ressources ou de l'origine d'un bien par une personne en relation avec l'auteur de crimes ou délits de trafic ou usage de stupéfiants pour la période 1er juillet 2011 au 11 mars 2014 avec détention et recel de stupéfiants à une peine de 3 ans d'emprisonnement avec remise en liberté le 16 juin 2015, le 21 novembre 2018 à 2 mois d'emprisonnement pour un vol commis le 10 janvier 2018 et le 10 décembre 2018 à une amende de 200 € pour transport sans motif légitime d'une arme blanche.
6. Alors qu'il ressort des mentions de l'offre d'emploi que le poste de gardien de stade consiste à accueillir et renseigner le public, entretenir les locaux, trouver des moments d'échange avec les différents utilisateurs, veiller à faire appliquer le règlement intérieur et assurer la médiation lors de conflits avec les utilisateurs, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en estimant que la requérante ne présentait pas les garanties requises pour l'emploi de gardienne de stade logée, la commune de Blois a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que les faits imputés à la requérante résultent de l'emprise exercée par son mari avec lequel elle a depuis engagé une procédure de divorce.
7. Mme C ne peut utilement soutenir, eu égard à la nature de la décision de refus qui lui a été opposée, être sanctionné une seconde fois pour les faits ayant donné lieu à condamnation pénale.
8. Mme C, qui ne remplit pas les conditions d'entrée exigées dans la fonction publique en raison des faits et condamnations précités, ne saurait davantage utilement soutenir avoir été victime d'une discrimination.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
10. Pour les motifs exposés aux points précédents, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision de la commune de Blois du 28 novembre 2023 serait entachée d'illégalité. Par suite, les conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée.
Sur les frais de l'instance :
12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Blois sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Bois sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la commune de Blois.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Deliancourt, président,
M. Jaosidy, premier conseiller,
Mme Bardet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
Le rapporteur,
Jean-Luc JAOSIDY
Le président,
Samuel DELIANCOURT
La greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026