mercredi 10 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2401283 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MOUA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 mars 2024, M. C B, retenu au centre de rétention d'Olivet, représenté par Me Moua, avocate, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2023 par lequel le préfet de la Sarthe lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays dont il a la nationalité ou avec lequel ne s'applique pas l'acquis de Schengen où il est légalement admissible, comme pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Il soutient que :
- sa requête est recevable, dès lors qu'il n'a pas eu connaissance des voies et délais de recours contre la décision attaquée puisqu'il ne lit pas la langue française et qu'il n'a pu exercer son droit au recours du fait de ses conditions de détention à la maison d'arrêt du Mans ;
- l'arrêté attaqué porte atteinte à sa vie privée et familiale ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation, tenant notamment à sa situation maritale et familiale, dès lors que son épouse et leur fils résident en France et qu'il a des possibilités d'hébergement auprès d'eux.
Par un mémoire enregistré le 4 avril 2024, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête ayant été enregistrée après le délai de recours contentieux, elle est irrecevable ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une décision du 26 mars 2024, le préfet de la Sarthe a placé M. B au centre de rétention administrative d'Olivet.
Par une ordonnance du 28 mars 2024 le juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire d'Orléans a prolongé la rétention de M. B pour une durée de 28 jours.
Par une décision du 8 avril 2024, le directeur de l'office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté la demande d'asile présentée le jour même par M. B au motif qu'ayant été présentée hors délai, celle-ci était irrecevable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 avril 2024 à 10 heures 30 :
- le rapport de Mme A,
- les observations de Me Moua, représentant M. B, qui persiste dans ses conclusions, qui s'est prévalu du fait que M. B n'avait pas eu connaissance des voies et délais de recours contre l'arrêté attaqué et qui a précisé la situation familiale du requérant, celui-ci déclarant être entré en France en juillet 2023 avec son épouse, enceinte, également de nationalité géorgienne, qui avait subi une agression en Géorgie.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique à 10 heures 55.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant géorgien né le 14 mai 1986, déclare être entré en France en juillet 2023. Le 2 février 2024, il a formé un recours auprès du tribunal administratif de Nantes, contre l'arrêté du 14 octobre 2023 par lequel le préfet de la Sarthe lui a fait obligation de quitter le territoire français, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a notifié une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par un arrêté du 26 mars 2024, le préfet de la Sarthe a prononcé son placement au centre d'accueil des demandeurs d'asile d'Olivet, prolongé pour une durée de vingt-huit jours par une ordonnance du 28 mars 2024, prise par la juge des libertés et de la détention près le tribunal judiciaire d'Orléans. Par une ordonnance du 28 mars 2024, le tribunal administratif de Nantes a transmis le dossier de la requête contre l'arrêté du 14 octobre 2023 au tribunal administratif d'Orléans. Le 3 avril 2024, M. B a déposé une demande d'asile. Le maintien en rétention administrative a alors été prononcé par le préfet de la Sarthe par un arrêté du même jour. Par une décision du 8 avril 2024, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du préfet de la Sarthe du 14 octobre 2023.
2. Aux termes de l'article R. 776-15 du code de justice administrative : " Les jugements sont rendus, sans conclusions du rapporteur public, par le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cet effet. / Les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du présent code à la formation de jugement ou à son président sont exercées par ce magistrat. / Il peut, par ordonnance : () / 4°) Rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance ". Aux termes du II de l'article R. 776-2 du même code : " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 14 octobre 2023 par lequel le préfet de la Sarthe a fait obligation à M. B de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour a été notifié au requérant le 14 octobre 2023 à 10 heures 20. Si le requérant soutient qu'il n'a pas eu connaissance du délai de recours contre cette décision, dès lors qu'il ne maîtrise pas la langue française, il ressort des termes mêmes de la notification de l'arrêté attaqué, que celle-ci a eu lieu en présence d'un interprète en langue géorgienne, qui a signé le document. Par ailleurs, si le requérant soutient que ses conditions de détention à la maison d'arrêt du Mans, à la date de la décision attaquée, ont porté atteinte à son droit au recours effectif, dès lors que cet établissement ne dispose pas d'un point d'accès au droit et qu'il n'a pu exercer son recours que tardivement, avec l'appui du service pénitentiaire d'insertion et de probation, il ne démontre pas en quoi il aurait été empêché, à partir de la notification de la décision attaquée d'exercer ses droits. Dans ces circonstances, la notification de l'arrêté attaqué, qui comporte la mention des voies et délais de recours, a fait courir le délai de quarante-huit heures dont M. B disposait pour contester cet arrêté en application de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les conclusions dirigées contre l'arrêté du 14 octobre 2023 sont dès lors tardives et par suite irrecevables.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la Sarthe.
Lu en audience publique le 10 avril 2024.
La magistrate désignée,
Pauline A
La greffière,
Céline BOISGARD
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026