jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2404476 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SELARL BAUR ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 22 octobre 2024 et le 30 octobre 2024, M. F E, retenu au centre de rétention administrative d'Olivet et représenté par
Me Kanté, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2024 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut de réexaminer sa situation, dans l'un ou l'autre des cas, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur les moyens communs à l'arrêté attaqué :
- il est entaché d'un vice d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
- le préfet a méconnu son droit d'être entendu ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire ;
- les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont contraires aux objectifs de la directive dite " retour " ;
- le motif de fait invoqué par le préfet n'est pas établi ;
- le préfet n'a pas exercé son pouvoir d'appréciation et estimée crue en situation de compétence liée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire ;
- elle méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- elle méconnait les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision portant interdiction de retour :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire ;
- elle est entachée d'erreur de droit en ce que le préfet n'a pas pris en compte les quatre critères énumérés par la loi ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation ;
- il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gasnier, magistrat désigné,
- les observations de Me Kanté représentant M. E, qui persiste dans ses conclusions par les mêmes moyens et soutient pour la première fois à l'audience qu'il souhaite être renvoyé en Espagne afin que cet Etat examine sa demande d'asile ;
- et les observations de M. E lui-même assisté de M. C, interprète en langue arabe qui s'en remet aux observations émises par son avocat.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 14 h 25.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant algérien né le 23 juillet 1996, déclare être entré récemment en France sans justifier d'une entrée régulière. Il a été interpellé le 20 octobre 2024 par les services de police. Par un arrêté du 21 octobre 2024 le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an. Par un autre arrêté du 21 octobre 2024, la même autorité l'a placé en rétention administrative en application de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, placement prolongé par une ordonnance de la magistrate du siège du tribunal judiciaire d'Orléans du 25 octobre 2024 pour une durée maximale de vingt-six jours et confirmé en dernier lieu par ordonnance du 29 octobre 2024 de la magistrate déléguée du premier président de la Cour d'appel d'Orléans. Par sa requête, M. E demande au tribunal d'annuler l'arrêté du
21 octobre 2024 portant notamment obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne les moyens communs aux différentes décisions :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. B D, chef du bureau du contentieux et de l'éloignement à la préfecture de la Loire-Atlantique, qui a à cet effet reçu une délégation de signature par un arrêté du 16 octobre 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 165 du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. S'agissant plus particulièrement de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français, l'énoncé des circonstances de fait atteste que le préfet a bien pris en compte l'ensemble des critères énumérés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation dirigé à l'encontre des quatre décisions doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
4. En premier lieu, d'une part, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE, 10 septembre 2013, M. A, N. R./Staatssecretaris van Veiligheid en Justitie, C-383/13) que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense et constitue à ce titre un principe général du droit de l'Union européenne.
5. D'autre part, ainsi que l'a jugé la Cour de Justice de l'Union européenne, notamment dans ses arrêts C-166/13 Sophie Mukarubega du 5 novembre 2014 et C-249/13 Khaled Boudjlida du 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Ce droit n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.
6. Enfin, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, notamment de son arrêt du 10 septembre 2013 cité au point 4, que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.
7. En l'espèce, le requérant n'établit ni même n'allègue avoir sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux, ni avoir été empêché de s'exprimer avant que ne soit prise l'obligation de quitter le territoire en litige, son audition en garde à vue révélant d'ailleurs le contraire. En tout état de cause, il ne fait état à la présente instance d'aucune circonstance qui, si elle avait pu être portée plus tôt à la connaissance du préfet, aurait pu faire obstacle à l'édiction de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu doit être écarté.
8. En deuxième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales garantit le droit de toute personne au respect de sa vie privée et familiale.
9. A l'appui de sa requête, le requérant fait valoir être hébergé chez un ami et travailler dans une boulangerie. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. E est entré irrégulièrement en France il y a moins de trois mois, qu'il est célibataire et sans charge de famille et qu'il a fait l'objet d'une interpellation pour des faits d'ivresse et dégradation de bien public. Il ne justifie par ailleurs d'aucun lien privé ou familial suffisamment intense en France, ni d'ailleurs travailler comme il l'allègue, tandis qu'il dispose d'attaches dans son pays d'origine dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de 26 ans. La décision portant obligation de quitter le territoire français ne porte, par suite, pas d'atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale.
10. En troisième lieu, pour les mêmes motifs, le requérant n'est en tout état de cause pas fondé à soutenir qu'il pouvait légalement bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. En quatrième lieu pour les motifs exposés au point 9, la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
12. En cinquième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au soutien de la décision portant obligation de quitter le territoire français, un tel moyen n'étant opérant qu'à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, la première constituant, selon l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une décision distincte de la seconde.
En ce qui concerne la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire :
13. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux indiqués aux points précédents, M. E n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire à l'encontre de la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire.
14. En deuxième lieu, si le requérant soutient que la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire a des conséquences manifestement excessives à l'égard de sa situation personnelle en ce qu'il risque des persécutions en cas de retour dans son pays d'origine, il n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations.
15. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".
16. En quatrième lieu, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'existence d'un risque que l'étranger se soustraie à l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français résulte d'un ensemble de critères objectifs et doit être appréciée par l'autorité compétente en fonction des circonstances particulières de l'espèce. Ces dispositions ne méconnaissent pas les objectifs de la directive du 16 décembre 2008 et notamment ceux qui résultent des dispositions de son article 3. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire serait entaché d'un défaut de base légale du fait de l'incompatibilité des dispositions législatives sur lesquelles elle se fonde avec les objectifs de cette directive doit être écarté.
17. En cinquième lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet de la Loire-Atlantique a exercé son pouvoir d'appréciation sans s'estimer en situation de compétence liée.
18. En sixième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. E est entré en France irrégulièrement sans demander de titre de séjour et que, démuni de documents d'identité et de résidence effective et permanente, il ne présente aucune garantie de représentation. Or le requérant n'apporte pas la preuve qui lui incombe, de ce que la matérialité de ces faits serait erronée. Le moyen tiré de l'erreur de fait doit donc être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
19. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment, la décision fixant le pays de renvoi ne méconnait pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
20. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux indiqués aux points précédents, M. E n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi.
21. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
22. Si le requérant soutient qu'il craint de subir des traitements inhumains ou dégradants ou des atteintes à son droit à la vie en cas de retour dans son pays d'origine, il n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations. Les moyens tirés de la méconnaissance des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent par suite être écartés.
23. En dernier lieu, si le requérant a fait valoir à l'audience qu'il désirait être renvoyé en Espagne pour y demander l'asile, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'il aurait préalablement demandé à être éloigné à destination de cet Etat ni, d'ailleurs, qu'il y serait légalement admissible.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour :
24. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux indiqués aux points précédents, M. E n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
25. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
26. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
27. En l'espèce, la décision portant interdiction de retour a été prise aux motifs que M. E est entré très récemment en France, qu'il est célibataire, sans enfant, sans ressources légales, que s'il déclare être sans domicile fixe et vivre chez un ami, il ne précise ni l'identité ni l'adresse exacte de cet ami et enfin, qu'il n'a entrepris aucune démarche en vue de régulariser sa situation administrative. Par ailleurs, M. E fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire sans délai. Il s'ensuit que le préfet, qui comme indiqué au point 26 du présent jugement, n'était pas tenu de préciser que son comportement ne constituait pas une menace à l'ordre public, a pris en compte l'ensemble des critères prévus par la loi. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit donc être écarté.
28. En troisième lieu, le requérant fait valoir, au soutien de son moyen tiré de l'erreur d'appréciation, qu'il a demandé l'asile et qu'il est hébergé chez ses parents. Toutefois, d'une part, M. E, par l'intermédiaire de son conseil, a confirmé à l'audience qu'il n'avait pas demandé l'asile. D'autre part, il n'établit pas, par ses seules allégations, qu'il disposerait d'un hébergement stable. Par suite, en se fondant sur les éléments rappelés au point précédent pour édicter une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 1 an, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
29. En quatrième lieu, pour les motifs exposés au point précédent, l'interdiction de retour sur le territoire français ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. E.
30. En cinquième lieu, la préfète ne s'est pas fondée sur la menace à l'ordre public que constituerait le comportement de M. E pour édicter l'interdiction de retour attaquée. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur affectant ce motif doit être écarté.
31. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été exposé précédemment que l'interdiction de retour sur le territoire français n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
32. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. E ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F E et au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Paul GASNIER
Le greffier,
Sébastien BIRCKEL
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026