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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2202638

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2202638

mardi 22 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2202638
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 1
Avocat requérantCHAMPY

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I - Par une requête enregistrée le 15 septembre 2022 sous le n° 2202637, Mme D A épouse B, représentée par Me Champy, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite ;

2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir, subsidiairement de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision refusant le titre de séjour :

- la compétence du signataire de la décision n'est pas établie ;

- la décision est insuffisamment motivée en droit et en fait ;

- le préfet ne démontre pas avoir procédé à un examen individuel de sa situation ;

- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la compétence de l'auteur de la décision n'est pas établie ;

- la décision a été prise sans respecter le principe du contradictoire ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- l'annulation de la décision s'impose comme étant la conséquence de l'annulation de la décision portant refus de séjour ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision relative au délai de départ volontaire :

- l'annulation de la décision s'impose comme étant la conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- le préfet s'est estimé en situation de compétence liée en fixant le délai de départ volontaire à trente jours.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nancy en date du 16 septembre 2022.

II - Par une requête enregistrée le 15 septembre 2022 sous le n° 2202638, M. C B, représenté par Me Champy, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit ;

2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir, subsidiairement de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soulève les mêmes moyens que dans la requête n° 2202637 et ajoute que :

- la décision portant refus de séjour est entachée d'une erreur d'appréciation quant à l'application de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Connaissance prise du mémoire présenté pour M. B enregistré le 2 novembre 2022, postérieurement à la clôture d'instruction et qui n'a pas été communiqué.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nancy en date du 16 septembre 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,

- et les observations de Me Champy représentant M. et Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme B, ressortissants de Macédoine du Nord nés respectivement le 21 décembre 1991 et le 23 mai 1987, sont entrés en France, le 7 août 2017 selon leurs déclarations, pour y solliciter le statut de réfugié. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 25 septembre 2018 et de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 15 mars 2019. Ils ont chacun fait l'objet d'une décision d'éloignement en date du 9 décembre 2019 édictée par le préfet de Meurthe-et-Moselle. Le 25 février 2021, M. B a sollicité un titre de séjour en se prévalant de son état de santé. Par deux arrêtés du 1er juillet 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé d'admettre au séjour M. et Mme B, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils sont susceptibles d'être reconduits d'office. Par les deux requêtes susvisées qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un même jugement, M. et Mme B demandent l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions tiré de l'incompétence :

2. Les arrêtés sont signés par M. Julien Le Goff, secrétaire général, auquel le préfet de Meurthe-et-Moselle établit avoir délégué sa signature aux fins de signer les décisions en litige par un arrêté en date du 8 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 9 septembre 2021. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions litigieuses manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation des décisions portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, les arrêtés du 1er juillet 2022 comportent les considérations de droit et de fait qui fondent les décisions portant refus de séjour. Ainsi, le moyen tiré du défaut de motivation de ces décisions manque en fait et doit, par suite, être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces des dossiers ni des termes des arrêtés attaqués que le préfet se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation de chacun des requérants au regard de leur droit à un titre de séjour.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'État ".

6. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, sa capacité à bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

7. En l'espèce, par son avis émis le 18 février 2022, le collège de médecins de l'OFII a estimé que l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais que, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et que son état de santé lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine.

8. M. B n'établit pas par les pièces médicales qu'il produit, qui ne se prononcent pas sur la possibilité ou non pour lui d'être soigné dans son pays d'origine ou sur la disponibilité du traitement médicamenteux qui lui est prescrit, qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un traitement et d'un suivi médical effectifs dans son pays d'origine, le cas échéant à l'aide de médicaments équivalents à ceux qui lui sont actuellement prescrits. M. B soutient également qu'il ne pourra accéder au traitement par Eliquis qui lui est nécessaire compte tenu de l'insuffisance de ses ressources financières, ce traitement n'étant remboursé qu'à hauteur de 65% de son coût. Toutefois, en se bornant à soutenir que le " niveau de soins primaire " a été privatisé en 2017 et que les frais de santé laissés à la charge des patients est important, le requérant, qui au demeurant ne démontre pas être dans l'incapacité de financer le reste à charge de son traitement, ne remet pas en cause l'avis précité du collège de médecins de l'OFII qui a estimé que, compte-tenu de l'offre de soins et des caractéristiques du système de santé en Macédoine, le requérant pourra y bénéficier effectivement du traitement nécessaire à son état de santé. En outre, le préfet produit une fiche relative à la disponibilité des traitements médicaux du projet européen MEDCOI ainsi qu'un courriel du 24 octobre 2022 du médecin inspecteur de santé publique à la direction générale des étrangers en France qui indiquent que le traitement par apixaban, molécule active d'Eliquis prescrit au requérant, est disponible en Macédoine du Nord. Il soutient par ailleurs sans être contesté que le système de sécurité sociale macédonien permet aux personnes sans ressources de bénéficier d'une prise en charge financière de leurs soins et que le " reste à charge " en ce qui concerne les médicaments est généralement compris entre 5% et 20%. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en lui refusant un titre de séjour sur leur fondement.

9. En quatrième lieu, il ne ressort pas des termes de sa demande que M. B ait sollicité un titre de séjour sur un autre fondement que les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne ressort par ailleurs pas des pièces des dossiers que le préfet de Meurthe-et-Moselle ait examiné le droit au séjour de l'intéressé sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du même code. Par ailleurs, le préfet s'est borné à examiner la possibilité de délivrer une autorisation de séjour à Mme B, qui n'a pas fait de demande de titre de séjour, en qualité de conjointe d'étranger malade. Par suite, et alors que le préfet n'avait pas à examiner d'office la demande des requérants sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le préfet aurait méconnu ce dernier article.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. A la date des arrêtés attaqués, les requérants ne résidaient en France, selon leurs déclarations que depuis environ cinq ans. Ils ne justifient pas être dépourvus de toute attache familiale dans leur pays d'origine, où ils ont vécu jusqu'à l'âge respectif de vingt-six et trente ans. Ainsi qu'il a été dit au point 8, il n'est pas établi que M. B ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. La scolarisation des enfants du couple en France ne constitue pas, eu égard notamment à leur jeune âge et dès lors qu'il n'est fait état d'aucun empêchement à ce qu'ils poursuivent leur scolarité dans leur pays d'origine, une circonstance faisant obstacle à ce qu'ils puissent continuer leur vie privée et familiale hors de France. Dans ces conditions, les requérants ne démontrent pas qu'en refusant de leur délivrer un titre de séjour le préfet aurait porté une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale et aurait ainsi méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation des décisions portant obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux.

13. En l'espèce, d'une part, M. B a sollicité un titre de séjour. Il résulte de ce qui précède qu'il lui appartenait, au besoin au cours de l'instruction de cette demande, de présenter à l'administration ses observations, sans que le préfet ne soit tenu de les solliciter expressément. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait été privé de son droit à être entendu.

14. D'autre part, Mme B ne précise pas en quoi elle disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'elle aurait été empêchée de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la mesure d'éloignement en litige et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à y faire obstacle. Par suite, alors même que le préfet, qui n'a pas répondu à une demande de l'intéressée, n'a pas sollicité ses observations préalablement à l'édiction de la mesure d'éloignement contestée, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté.

15. En deuxième lieu, les décisions par lesquelles le préfet de Meurthe-et-Moselle a fait obligation aux requérants de quitter le territoire français, qui visent les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et dont la motivation en fait se confond avec celles des décisions portant refus de séjour, comportent les considérations de droit et de fait qui les fondent. Ces décisions sont ainsi suffisamment motivées et le moyen doit, par suite, être écarté.

16. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que les décisions portant refus de séjour ne sont pas entachées d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions portant obligation de quitter le territoire français doivent être annulées par voie de conséquence de l'annulation des refus de titre de séjour doit être écarté.

17. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11 du présent jugement, en faisant obligation à M. et Mme B de quitter le territoire français, le préfet de Meurthe-et-Moselle n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation des décisions relatives au délai de départ volontaire :

18. En premier lieu, pour les motifs précédemment exposés, il n'est pas établi que les décisions portant obligation de quitter le territoire français seraient illégales. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions leur accordant un délai de départ volontaire de trente jours doivent être annulées par voie de conséquence de l'annulation des décisions d'éloignement.

19. En second lieu, il ne ressort ni des termes des arrêtés attaqués, qui visent l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et qui accordent un délai de départ volontaire de trente jours aux intéressés, ni des pièces des dossiers que le préfet de Meurthe-et-Moselle se serait estimé en situation de compétence liée en décidant de ne pas prolonger le délai de départ volontaire de trente jours assortissant les obligations de quitter le territoire français, alors au demeurant que les requérants ne font valoir aucun élément de nature à justifier qu'un délai supérieur leur soit accordé. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation, de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation des décisions du 1er juillet 2022 prises par le préfet de Meurthe-et-Moselle doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

21. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions susvisées ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soient mises à la charge de l'État, qui n'est pas, dans les présentes instances, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, les sommes demandées par M. et Mme B au bénéfice de leur conseil au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er :Les requêtes de M. et Mme B sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A épouse B, à M. C B et au préfet de Meurthe-et-Moselle.

Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience publique du 3 novembre 2022 à laquelle siégeaient :

M. Coudert, président,

Mme Grandjean, première conseillère,

M. Gottlieb, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.

La rapporteure,

G. GrandjeanLe président,

B. Coudert

La greffière,

A. Mathieu

La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2202637,

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