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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2301101

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2301101

mardi 10 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2301101
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 1
Avocat requérantBACH-WASSERMANN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 avril 2023, Mme A B représentée par Me Bach-Wassermann, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2023 et la décision du 9 février 2023 par lesquels le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a refusé l'admission au séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, subsidiairement de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir, le tout sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- la compétence du signataire de la décision n'est pas établie ;

- le préfet a commis une erreur de droit et d'appréciation dès lors qu'il n'a pas examiné sa situation avec sérieux et attention, qu'il ne lui a adressé aucune demande de pièces complémentaires entre sa demande du 19 juillet 2021 et la décision prise le 25 janvier 2023, que la circonstance qu'elle soit entrée irrégulièrement sur le territoire français est inopérante eu égard au motif de sa demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfants français, qu'elle remplit les conditions posées par les articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que la condition de contribution du parent français à l'éducation et l'entretien de ses enfants ne lui a pas été opposée à l'occasion de l'octroi de ses précédents titres de séjour, que le caractère frauduleux de la reconnaissance de paternité de ses enfants n'est pas démontré et que la nationalité de ses enfants n'est pas remise en cause, le lien de filiation étant définitivement établi ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- dès lors qu'elle remplit la condition de délivrance d'un titre de séjour de plein droit, la commission du titre de séjour aurait dû être saisie de sa situation.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 septembre 2023, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nancy en date du 20 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,

- et les observations de Me Jacquin, substituant Me Bach-Wassermann, représentant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante comorienne née le 7 mars 1976, est entrée à Mayotte en 1998 où lui a été délivré un titre de séjour d'une durée d'un an à compter du 1er juillet 2013, régulièrement renouvelé pour la dernière fois le 8 mars 2019 pour une durée d'un an. Elle est arrivée en France métropolitaine en juin 2019. Elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour le 15 juin 2020. Sa demande a été rejetée pour irrecevabilité par une décision du 27 avril 2021. Mme B a renouvelé sa demande le 19 juillet 2021. Celle-ci a été classée sans suite le 23 septembre 2021. Par une décision du 20 avril 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle a retiré cette dernière décision puis, par un arrêté du 25 janvier 2023, a refusé de renouveler la délivrance de son titre de séjour. Le préfet a également rejeté le 9 février 2023, les demandes de titre de séjour déposées par Mme B les 4 janvier 2023 et 7 février 2023. Par la requête susvisée, Mme B demande l'annulation de ces deux décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, l'arrêté est signé par M. Julien Le Goff, secrétaire général, auquel le préfet de Meurthe-et-Moselle établit avoir délégué sa signature aux fins de signer les décisions en litige par un arrêté en date du 8 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions litigieuses manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué que le préfet se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation de la requérante au regard de son droit à un titre de séjour, quand bien même le préfet de Meurthe-et-Moselle ne lui aurait pas, depuis le dépôt de sa demande le 19 juillet 2021 et jusqu'à la date d'édiction, le 25 janvier 2023, de la décision contestée, demandé de fournir des pièces complémentaires. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

4. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué que le préfet aurait fondé sa décision sur la seule circonstance que Mme B serait entrée irrégulièrement sur le territoire français. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.

5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Aux termes de l'article L. 423-8 du même code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. / Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ".

6. En cinquième lieu, si un acte de droit privé opposable aux tiers est en principe opposable dans les mêmes conditions à l'administration tant qu'il n'a pas été déclaré nul par le juge judiciaire, il appartient cependant à l'administration, lorsque se révèle une fraude commise en vue d'obtenir l'application de dispositions de droit public, d'y faire échec même dans le cas où cette fraude revêt la forme d'un acte de droit privé. Ce principe peut conduire l'administration, qui doit exercer ses compétences sans pouvoir renvoyer une question préjudicielle à l'autorité judiciaire, à ne pas tenir compte, dans l'exercice de ces compétences, d'actes de droit privé opposables aux tiers. Tel est le cas pour la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'ont pas entendu écarter l'application des principes ci-dessus rappelés. Par conséquent, si la reconnaissance d'un enfant est opposable aux tiers, en tant qu'elle établit un lien de filiation et, le cas échéant, en tant qu'elle permet l'acquisition par l'enfant de la nationalité française, dès lors que cette reconnaissance a été effectuée conformément aux conditions prévues par le code civil, et s'impose donc en principe à l'administration tant qu'une action en contestation de filiation n'a pas abouti, il appartient néanmoins au préfet, s'il est établi, lors de l'examen d'une demande de titre de séjour présentée sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que la reconnaissance de paternité a été souscrite dans le but de faciliter l'obtention de la nationalité française ou d'un titre de séjour, de faire échec à cette fraude et de refuser, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, tant que la prescription prévue par les articles 321 et 335 du code civil n'est pas acquise, la délivrance de la carte de séjour temporaire sollicitée par la personne se présentant comme père ou mère d'un enfant français.

7. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est la mère de Myriame D, née le 9 novembre 2000, Thuram D, né le 19 juin 2002, Ikram C, né le 30 novembre 2009, Ilham C, née le 30 mai 2011 et Maïra C, née le 24 juillet 2015, tous nés à Mayotte, de nationalité française en raison de la reconnaissance de paternité effectuée d'une part, par M. D pour les deux premiers enfants, d'autre part, par M. C pour les trois derniers.

8. Pour opposer le caractère frauduleux de la reconnaissance effectuée par M. C, le préfet de Meurthe-et-Moselle a relevé que la requérante ne démontrait pas avoir entretenu une vie commune avec ce dernier avant ou après la naissance de ces trois derniers enfants et que M. C avait reconnu deux autres enfants de deux mères différentes, respectivement originaires de Madagascar et des Comores, enfants également nés à Mayotte les 24 février 2014 et 17 mai 2015. Ces éléments, pris séparément ou dans leur ensemble, ne sont toutefois pas suffisants pour établir le caractère frauduleux de la reconnaissance de paternité effectuée par M. C, alors en outre que le préfet n'établit pas qu'une enquête judiciaire du chef d'une reconnaissance frauduleuse de paternité ait été ouverte à la suite d'un signalement qu'il aurait effectué.

9. Toutefois, aux termes de l'article L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sans préjudice des dispositions des articles L. 233-1 et L. 233-2, les titres de séjour délivrés par le représentant de l'État à Mayotte, à l'exception des titres délivrés en application des dispositions des articles L. 233-5, L. 421-11, L. 421-14, L. 421-22, L. 422-10, L. 422-11, L. 422-12, L. 422-14, L. 424-9, L. 424-11 et L. 426-11 et des dispositions relatives à la carte de résident, n'autorisent le séjour que sur le territoire de Mayotte. Les ressortissants de pays figurant sur la liste, annexée au règlement (CE) n° 539/2001 du Conseil du 15 mars 2001 fixant la liste des pays tiers dont les ressortissants sont soumis à l'obligation de visa pour franchir les frontières extérieures des États membres, qui résident régulièrement à Mayotte sous couvert d'un titre de séjour n'autorisant que le séjour à Mayotte et qui souhaitent se rendre dans un autre département, une collectivité régie par l'article 73 de la Constitution ou à Saint-Pierre-et-Miquelon doivent obtenir une autorisation spéciale prenant la forme d'un visa apposé sur leur document de voyage () ". Les Comores figurent sur la liste établie à l'annexe 1 au règlement communautaire n° 539/2001 des États dont les ressortissants sont assujettis à l'obligation de visa au franchissement des frontières extérieures de l'espace Schengen.

10. Sous la qualification de " visa ", ces dispositions instituent une autorisation spéciale, délivrée par le représentant de l'État à Mayotte, que doit obtenir l'étranger titulaire d'un titre de séjour délivré à Mayotte dont la validité est limitée à ce département, lorsqu'il entend se rendre dans un autre département. La délivrance de cette autorisation spéciale, sous conditions que l'étranger établisse les moyens d'existence lui permettant de faire face à ses frais de séjour et les garanties de son retour à Mayotte, revient à étendre la validité territoriale du titre de séjour qui a été délivré à Mayotte, pour une durée qui ne peut en principe excéder trois mois.

11. Les dispositions précitées de l'article L. 441-8 font obstacle à ce qu'un étranger titulaire d'un titre de séjour délivré à Mayotte, s'il gagne un autre département sans avoir obtenu cette autorisation, puisse prétendre dans cet autre département à la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions de droit commun et en particulier à la délivrance de plein droit de la carte de séjour temporaire telle que prévue à l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

12. La préfète fait valoir, dans son mémoire en défense, d'une part, que Mme B, qui a quitté le département de Mayotte sous couvert d'un visa de court séjour délivré pour la Tanzanie et a ensuite gagné les Pays-Bas avant d'entrer sur le territoire métropolitain de la France, n'était pas titulaire du visa prévu par les dispositions de l'article L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'autre part, que ce motif suffisait pour rejeter la demande de titre de séjour de Mme B.

13. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué

14. Il n'est pas contesté par la requérante qu'ainsi que le soutient la préfète, elle est entrée en 2019 sur le territoire métropolitain de la France, sans être titulaire du visa prévu par les dispositions précitées de l'article L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet de Meurthe-et-Moselle a pu, sans méconnaître ces dispositions ni celles de l'article L. 423-7 du même code, refuser à Mme B une carte de séjour temporaire en qualité de mère d'enfant français au motif qu'elle ne détenait pas, lors du dépôt de sa demande de titre, de visa de court séjour délivré à Mayotte pour le franchissement de la frontière extérieure de l'espace Schengen.

15. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

16. Il ressort des pièces du dossier que Mme B n'était présente en métropole que depuis environ trois ans et demi à la date des décisions en litige. Si elle se prévaut de la présence sur ce territoire de sa fille aînée, qui exerce la profession d'aide-soignante, celle-ci, qui est majeure et réside à Rennes, a vocation à créer sa propre cellule familiale. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B disposerait d'autres liens personnels en France métropolitaine, hormis ses quatre autres enfants dont trois sont mineurs, ni que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer hors de métropole notamment à Mayotte où elle déclare être entrée depuis 1998, alors par ailleurs qu'elle n'établit pas y être dépourvue d'attaches. Enfin, elle ne justifie d'aucune insertion professionnelle en métropole. Dans ces conditions et alors que le refus en litige ne fait par lui-même pas obstacle à ce que l'intéressée, une fois revenue à Mayotte, présente la demande d'autorisation spéciale prévue à l'article L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision litigieuse ne méconnaît pas les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

17. En septième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / () ".

18. Dès lors que, ainsi qu'il a été dit au point 14 du présent jugement, Mme B ne justifie pas remplir les conditions posées à l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lui permettant de se voir délivrer de plein droit un titre de séjour, le préfet de Meurthe-et-Moselle n'était pas dans l'obligation de saisir la commission du titre de séjour avant de statuer sur sa demande de titre de séjour.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation des décisions des 25 janvier et 9 février 2023 portant refus de séjour opposées à Mme B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être également rejetées.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la préfète de Meurthe-et-Moselle et à Me Bach-Wassermann.

Délibéré après l'audience publique du 19 septembre 2023 à laquelle siégeaient :

M. Coudert, président,

Mme Milin-Rance, première conseillère,

Mme Grandjean, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2023.

La rapporteure,

G. Grandjean Le président,

B. Coudert

La greffière,

A. Mathieu

La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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