jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-1905250 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BIGNON LEBRAY & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 juin 2019 et 1er septembre 2022, M. et Mme E, représentés par Me Dubrulle, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2019 par lequel le maire de Mouvaux a accordé à M. A un permis de construire un carport et une extension de sa maison située 158 rue Vauban ainsi que la décision du 3 mai 2019 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Mouvaux la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- les décisions attaquées sont attachées d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme dès lors que le maire de Mouvaux aurait dû opposer un sursis à statuer à la demande de M. A en raison de la méconnaissance par le projet des dispositions du futur plan local d'urbanisme relatives aux règles d'implantation en limite séparative en zone UGB 6.2.
Par un mémoire enregistré le 30 juillet 2019, la commune de Mouvaux conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme E au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 19 septembre 2019, M. et Mme D et B A, représentés par la SELARL Fillieux-Fasseu Avocats, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme E au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir :
- à titre principal, que la requête est irrecevable dès lors que, d'une part, M. et Mme A ne justifient pas du caractère régulier de l'occupation ou de la détention de leur habitation au sens de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme et que, d'autre part, ils ne justifient pas de leur intérêt à agir au sens de l'article L. 600-1-2 du même code ;
- à titre subsidiaire, que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Babski, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A ont déposé le 1er décembre 2018 une demande de permis de construire en vue de bâtir une extension de leur maison ainsi qu'un carport sur une parcelle cadastrée AP 858 et située 158 rue Vauban à Mouvaux. Par un arrêté du 24 janvier 2019, le maire de Mouvaux a accordé le permis sollicité puis a rejeté, le 3 mai 2019, le recours gracieux introduit par M. et Mme E contre cette décision. Par la requête susvisée, M. et Mme E demandent au tribunal l'annulation des décisions du maire de Mouvaux des 24 janvier et 3 mai 2019.
2. La présente affaire étant en état d'être jugée à la date à laquelle le tribunal a été informé du décès de M. E, il y a lieu, en application de l'article R. 634-1 du code de justice administrative, de statuer sur les conclusions de la requête.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
4. Pour apprécier si un projet de construction porte atteinte, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
5. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet s'inscrit dans une zone urbaine mixte de densité moyenne. Bien qu'il se situe au sein d'un lotissement, les habitations avoisinantes présentent des caractéristiques hétérogènes tant en ce qui concerne leurs hauteurs, leurs volumes, leurs toitures, leurs matériaux de construction ou leurs teintes. Dans ces circonstances, le secteur du projet ne peut être regardé comme présentant une unité ou un intérêt particulier. Par ailleurs, le carport projeté sera réalisé dans la même teinte blanche que le bâti existant et l'extension de la maison, d'une hauteur inférieure à l'habitation existante sera surmontée d'une toiture en tuiles grises identique à celle d'habitations avoisinantes. Le bardage en bois qui recouvrira la façade de cette extension s'insère dans son environnement sans porter atteinte à son intérêt esthétique et patrimonial, au demeurant limité ainsi qu'il a été dit plus haut. Dans ces conditions, le maire de Mouvaux n'a pas entaché les décisions contestées d'une erreur manifeste d'appréciation en estimant que le projet de M. et Mme A ne méconnait pas les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " () Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus () aux articles L. 153-11 () du présent code () ". Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 153-11 du même code : " L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'autorité compétente en matière d'autorisations d'urbanisme de prendre en compte les orientations d'un projet de plan local d'urbanisme, dès lors qu'elles traduisent un état suffisamment avancé du futur plan local d'urbanisme, pour apprécier si un aménagement ou une construction serait de nature à compromettre ou rendre plus onéreuse l'exécution de ce plan.
7. Il ressort des pièces du dossier que le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables du futur plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole européenne de Lille, dit PLUi2, applicable sur le territoire de la commune de Mouvaux, a eu lieu le 1er avril 2016 et que le projet de futur règlement, arrêté par une délibération du 19 octobre 2017, elle-même modifiée par une délibération du 15 décembre 2017, était suffisamment avancé à la date de la décision contestée, le 24 janvier 2019. Toutefois, la circonstance que l'extension projetée n'est pas implantée en retrait des limites séparatives latérales, conformément aux règles d'implantation prévues en zone UGB 6.2 par le projet de règlement précité qui prévoient notamment l'implantation des constructions à une distance de trois mètres des limites séparatives latérales dans une bande de 20 mètres de profondeur à compter de l'alignement de la voie publique, ne saurait suffire à considérer que le projet autorisé, d'une ampleur limitée, compromet l'exécution du futur plan local d'urbanisme ou la rend plus onéreuse. Dans ces conditions, le maire de Mouvaux n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en s'abstenant d'user de la faculté de surseoir à statuer sur la demande de permis de construire présentée par M. et Mme A.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme E contre les décisions du maire de Mouvaux des 24 janvier 2019 et 3 mai 2019 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Mouvaux, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme que M. et Mme E demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme E le versement de la somme demandée par la commune de Mouvaux au titre des mêmes frais. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme E la somme de 1 500 euros au bénéfice de M. et Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme E est rejetée.
Article 2 : M. et Mme E verseront à M. et Mme A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Mouvaux présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme E, à la commune de Mouvaux et à M. et Mme D et B A.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- M. Liénard, conseiller,
- Mme Leclère, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
Q. LIENARD
Le président,
Signé
B. CHEVALDONNET La greffière,
Signé
M. F
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026