mardi 19 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-1908357 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | AXONE DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 27 septembre 2019 et le 11 juin 2020, la société Le Van Gogh et M. B A, représentés par Me Hasday, demandent au tribunal :
1°) à titre principal, de condamner l'établissement public Voies navigables de France à leur verser les sommes de 1 182 875 euros pour la société Le Van Gogh et 115 659,93 euros pour M. A en réparation de leurs préjudices résultant de la faute commise par l'établissement ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner avant-dire droit la désignation d'un expert avec pour mission de déterminer le montant des préjudices subis pour les trois chefs suivants :
- le manque à gagner sur la période de renouvellement prévue du contrat, dans la mesure d'une rémunération équitable et suffisante des capitaux investis, conformément aux dispositions du code général de la propriété des personnes publiques ;
- la perte financière de la société au titre de la vente du mobilier du restaurant à court délai ;
- la perte de rémunération subie par M. A en sa qualité de dirigeant de la société ;
3°) de mettre à la charge de Voies navigables de France une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'établissement public Voies navigables de France a commis une faute en fournissant, dans les courriers du 31 mars 2005 et du 30 novembre 2016, des renseignements inexacts ou incomplets quant au renouvellement de la concession portuaire du Port d'Asnières et au maintien de l'activité du restaurant au-delà de la date de fin de concession, et en cautionnant la fourniture, par son concessionnaire, d'informations erronées ;
- ils sont fondés à obtenir le paiement pour la société Le Van Gogh, de sommes dues au titre du manque à gagner pour l'établissement et de la perte financière de la vente du mobilier, et pour M. A de la perte de revenus subie.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 mars 2020, l'établissement public Voies navigables de France, représenté par Me Salles, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la société Le Van Gogh et de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 6 novembre 2020, la clôture d'instruction a été fixée au 7 décembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Borget,
- les conclusions de Mme Allart, rapporteure publique,
- les observations de Me Hasday représentant la société Le Van Gogh et M. A, et les observations de Me Fedida, substituant Me Salles, représentant Voies navigables de France.
Considérant ce qui suit :
1. L'établissement public Voies Navigable de France (VNF) a, en sa qualité de gestionnaire du domaine public fluvial de l'Etat, autorisé en 1989 la société Fleuve Concept à établir et à exploiter un port de plaisance situé à Asnières-sur-Seine, appelé " port Van Gogh ", par un contrat de concession conclu pour une durée de 25 ans. La société Fleuve Concept a, la même année, conclu avec la société Les Trois Marmites, aux droits de laquelle a succédé par la suite la société Le Van Gogh, un contrat d'occupation domaniale à des fins commerciales pour une durée de 25 ans de la parcelle AX 201 afin d'y exercer une activité de " restauration-traiteur-licence IV ". Le 17 mars 2006, les exploitants du restaurant ont cédé à la société l'Art des mets, représentée par son gérant Monsieur A, la totalité des parts de la société Le Van Gogh. La concession accordée à la société Fleuve Concept a pris fin en 2016 et une nouvelle délégation de la gestion du port de plaisance a alors été accordée par VNF à la société Marinov pour une durée de 30 ans à compter du 1er juillet 2016. Le 20 mars 2017, M. A et la société Marinov ont conclu un nouveau contrat d'occupation du domaine public portant sur l'exploitation du restaurant pour une durée de 18 mois à compter du 1er juillet 2016, dans l'attente de l'issue de l'appel à projet lancé par le nouveau concessionnaire du port pour l'exploitation de longue durée de l'activité de restauration. Le 13 décembre 2017, la société Marinov a informé M. A que sa candidature n'avait pas été retenue dans le cadre de l'appel à projet et qu'en conséquence, son autorisation d'occupation du domaine public prenait fin au 31 décembre 2017. Estimant que VNF avait commis une faute dont ils étaient fondés à obtenir réparation, M. A et la société Le Van Gogh ont, par une demande préalable reçue par VNF le 31 mai 2019, et à laquelle aucune réponse n'a été apportée, sollicité le versement de la somme totale de 1 352 875 euros. Par la présente requête, M. A et la société Le Van Gogh demandent au tribunal de condamner VNF à leur verser cette somme.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Il résulte de l'instruction que, sollicité par les exploitants du restaurant Le Van Gogh qui souhaitaient céder leurs actifs, VNF a présenté, dans un courrier du 31 mars 2005, les trois options qui s'offrirait à lui, à l'expiration de la concession accordée à la société Fleuve Concept : - soit la signature d'un nouveau contrat avec le concessionnaire actuel, Fleuve Concept, dans les conditions actuelles (restaurant inclus dans le périmètre de la nouvelle concession), soit la signature d'un contrat avec un nouveau concessionnaire (situation identique pour le restaurant), soit la séparation de l'activité portuaire de celle du restaurant avec établissement d'une convention d'occupation temporaire distincte. Il ne résulte pas des termes de ce courrier, qui au demeurant n'était pas adressé à M. A ou à la société dont il était le gérant, que VNF se serait engagé à voir l'activité du restaurant Le Van Gogh maintenue dans des conditions identiques au-delà du terme de la concession accordée pour l'activité d'exploitation du port fluvial, ni qu'il aurait fourni une information erronée ou incomplète quant aux modalités de poursuite de l'activité. Par ailleurs, il résulte des termes de l'acte authentique de cession d'actions et de garantie de passif conclu entre les précédents exploitants et la société L'art des mets, représentée par M. A, aux droits de laquelle vient la société Le Van Gogh, que " l'acquéreur déclare avoir pris connaissance de la totalité du cahier des charges de cette concession, tant en ce qui concerne ses obligations que ses droits et sa durée ". Or, ce cahier des charges prévoit en son article 22 que " le délégataire peut autoriser un tiers à réaliser et exploiter les ouvrages, équipements et installations nécessaires au développement et à l'animation du port. Cette autorisation revêt un caractère précaire, révocable et personnel / () En aucun cas, le terme de l'amodiation ne peut excéder la date de l'expiration de la présente délégation ". Les mentions du courrier du 30 novembre 2016, par lequel VNF a exposé les termes de la situation juridique de la concession en indiquant notamment que " depuis le 1er juillet 2016, autrement dit la fin du contrat d'occupation de longue durée et la date d'entrée en vigueur de la nouvelle concession, si la société Le Van Gogh souhaite continuer d'occuper les biens concernés, elle doit en faire la demande au nouveau concessionnaire du Port, la société Marinov ", ne révèlent pas davantage la délivrance par VNF d'information incomplètes ou erronées. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que VNF aurait été destinataire des informations transmises à l'occasion des opérations réalisées entre concessionnaires et sous-concessionnaires, notamment en 1989 à l'occasion des échanges entre la société Fleuve Concept et les anciens gérants du restaurant, ni qu'il aurait favorisé, par sa supposée abstention, la communication d'informations erronées par les différents concessionnaires. Dans ces conditions, la société Le Van Gogh et M. A ne sont pas fondés à soutenir que VNF aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité en fournissant, à l'occasion des échanges de courriers de 2005 et 2016, des informations inexactes, et en cautionnant la transmission d'informations erronées de la part du concessionnaire précédent.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'indemnisation présentées par la société Le Van Gogh et M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de VNF, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la société Le Van Gogh et M. A au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge solidaire de la société Le Van Gogh et de M. A une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la VNF et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Le Van Gogh et de M. A est rejetée.
Article 2 : La société Le Van Gogh et M. A verseront solidairement à VNF une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Le Van Gogh, à M. B A et à l'établissement public Voies navigables de France.
Délibéré après l'audience du 29 août 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Leguin, présidente,
M. Borget, premier conseiller,
Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2023.
Le rapporteur,
signé
J. BORGET
La présidente,
signé
A-M. LEGUIN
La greffière,
signé
C. CALIN
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026