vendredi 23 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2000831 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | ZIATT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 février 2020, M. E A et Mme B A, représentés par Me Ziatt, demandent au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, des prélèvements sociaux ainsi que des pénalités correspondantes, auxquels ils ont été assujettis au titre des années 2015, 2016 et 2017.
Ils soutiennent que :
- l'administration n'était pas fondée à écarter le régime applicable aux locations meublées à raison de l'absence d'inventaire contradictoire en annexe des baux et à raison de l'absence de meubles inscrits à l'actif ;
- l'administration n'était pas fondée à faire application de la pénalité pour manquement délibéré prévue par l'article 1729 du code général des impôts dès lors qu'ils rapportent la preuve du caractère meublé des 18 logements mis en location.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juin 2020, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête en soutenant qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 19 juillet 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 15 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dang, rapporteure,
- les conclusions de Mme Lançon rapporteure publique,
- et les observations de Me Ziatt, représentant M et Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. L'entreprise individuelle exploitée par M. E A ayant pour activité la vente de fruits et légumes sur les marchés d'une part et la location de logements meublés d'autre part, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017 qui s'est déroulée du 7 juin 2018 au 24 septembre 2018, à l'issue de laquelle, par une proposition de rectification du 25 septembre 2018, le service vérificateur a écarté la comptabilité comme non probante, a opéré des rehaussements au titre du résultat fiscal des exercices 2015, 2016 et 2017 pour ce qui concerne l'activité de location de dix-huit logements et a fait application de la pénalité pour manquement délibéré. Les déclarations du foyer fiscal de M. A ont fait l'objet d'un contrôle sur pièces qui ont donné lieu à une proposition de rectification du 25 septembre 2018 aux termes de laquelle des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, des prélèvements sociaux au titre des années 2015, 2016 et 2017 ainsi que des pénalités correspondantes leur ont été notifiées. Ces impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 30 septembre 2019. La réclamation contentieuse formée par M. et Mme A le 20 novembre 2019 a été rejetée par décision du 3 décembre 2019. M. et Mme A demandent au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux auxquels ils ont été assujettis au titre des années 2015, 2016 et 2017, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux :
2. Aux termes de l'article 34 du code général des impôts : " Sont considérés comme bénéfices industriels et commerciaux, pour l'application de l'impôt sur le revenu, les bénéfices réalisés par des personnes physiques et provenant de l'exercice d'une profession commerciale, industrielle ou artisanale ". Aux termes de l'article 14 de ce même code : " () sont compris dans la catégorie des revenus fonciers, lorsqu'ils ne sont pas inclus dans les bénéfices d'une entreprise industrielle, commerciale ou artisanale, d'une exploitation agricole ou d'une profession non commerciale : / 1° Les revenus des propriétés bâties () ". Il résulte de ces dispositions que la location, à titre habituel, d'un logement meublé constitue une activité commerciale imposable à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux et non dans celle des revenus fonciers.
3. Aux termes de l'article 25-4 de la loi n° 86-462 du 6 juillet 1989 : " Un logement meublé est un logement décent équipé d'un mobilier en nombre et en qualité suffisants pour permettre au locataire d'y dormir, manger et vivre convenablement au regard des exigences de la vie courante (). La liste des éléments que doit comporter ce mobilier est fixée par décret. ". Aux termes de l'article 25-5 de cette loi : " Un inventaire et un état détaillé du mobilier sont établis dans les mêmes formes et en autant d'exemplaires que de parties lors de la remise et de la restitution des clés. Ces documents, établis contradictoirement et amiablement, sont signés par les parties ou par un tiers mandaté par elles et joints au contrat de location () ".
4. M. A a, au titre du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017, donné en location dix- huit logements sur la commune d'Estaires et celle de La Gorgue. Pour qualifier cette activité de location de logements nus et en conséquence imposer les revenus tirés de ces locations dans la catégorie des revenus fonciers, l'administration a retenu qu'aucun inventaire des biens garnissant les logements n'avait été produit et que M. A n'avait inscrit aucune immobilisation de meubles à l'actif de son activité de location de logements.
5. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. A a conclu des contrats comportant la dénomination " bail d'habitation meublé ". Il se prévaut de dix-huit attestations et inventaires établis postérieurement à la conclusion de ces contrats et à la proposition de rectification, selon lesquels les logements étaient garnis de meubles leur conférant un minimum d'habitabilité. Contrairement à ce que soutient le requérant, le service vérificateur ne s'est pas fondé sur la seule absence d'inventaire contradictoire des meubles garnissant les logements mais a relevé que M. A n'avait procédé à aucune immobilisation de biens meubles et n'avait produit aucun justificatif d'achat de mobilier. Si le requérant invoque des choix de gestion consistant à acquérir des meubles de seconde main et à compenser des dettes de loyers par l'abandon de meubles par certains locataires, l'administration, au vu du nombre important de logements donnés en location, a pu à bon droit considérer que les locaux étaient loués nus dans leur totalité. Ainsi, le moyen tiré de ce que l'administration n'était pas fondée à imposer dans la catégorie des revenus fonciers les revenus tirés de la location des dix-huit logements doit être écarté.
6. En second lieu, ni l'instruction fiscale BOI-BIC-CHAMP-40-10 du 12 septembre 2012, aux termes de laquelle " La location d'un local d'habitation garni de meubles est regardée comme une location meublée lorsque les meubles loués avec le local sont suffisants pour donner à ce dernier un minimum d'habitabilité ", ni la réponse ministérielle à M. D, député en date du 28 janvier 1980, ne comportent une interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il est fait application par le présent jugement. Ainsi, M. et Mme A ne sont pas fondés à soutenir que l'administration aurait méconnu la doctrine fiscale.
En ce qui concerne les pénalités :
7. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'État entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". Aux termes de l'article L. 195 du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration ". Pour établir cette mauvaise foi, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt.
8. Pour appliquer cette pénalité aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2015, 2016 et 2017, l'administration a retenu l'ampleur des omissions comptables ayant abouti au rejet de la comptabilité ainsi que l'ampleur des minorations consécutives à ces manquements soit 34 867 euros en droits à l'impôt sur le revenu. L'administration a également considéré que la volonté d'éluder l'impôt était caractérisée par l'établissement répété de contrats de bail pour des logements meublés, sans qu'il soit justifié de leur degré minimum d'habitabilité. Ainsi, eu égard à l'importance des manquements et à leur répétition, l'administration a démontré l'intention de M. A d'éluder l'impôt. Par suite, le moyen tiré de ce que l'administration n'était pas fondée à faire application de la pénalité pour manquement délibéré doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, des prélèvements sociaux et des pénalités, auxquels ils ont été assujettis au titre des années 2015, 2016 et 2017.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Mme B A et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022 , à laquelle siégeaient :
M. Paganel, président,
Mme Dang, première conseillère,
M. Quint, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2022.
La rapporteure,
Signé
L. DANG
Le président,
Signé
M. C
La greffière,
Signé
N. PAULET
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026