mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2004090 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SEBBANE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 juin 2020, M. C B, représenté par Me Sebbane, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 26 mai 2020 par lequel le préfet du Nord a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " membre de famille d'un citoyen de l'Union/EEE/Suisse " d'une validité de cinq ans, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre renonciation de la part dudit conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- le préfet n'a pas, avant de prendre cette décision, procédé à un examen sérieux de sa situation personnelle, en particulier en ce qui concerne la menace à l'ordre public qu'il constituerait ;
- c'est à tort que le préfet du Nord a considéré qu'il constituait une menace pour l'ordre public ;
- la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'il a pris, le 19 février 2021, un arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dont la légalité a été confirmée par le tribunal administratif de Lille le 5 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, né le 16 juin 1988 en Algérie, de nationalité algérienne, est entré irrégulièrement en France en 2007 selon ses déclarations. Il s'est marié le 8 décembre 2014 à Lille avec une ressortissante lituanienne et, de leur union, sont nés deux enfants, les 31 mai 2014 et 23 janvier 2016. M. B s'est vu délivrer, le 22 octobre 2015, une carte de séjour temporaire valable du 22 septembre 2015 au 21 septembre 2016, qui a ensuite été renouvelée. Le 24 octobre 2018, M. B a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour. Par un arrêté du 26 mai 2020, dont le requérant demande l'annulation, le préfet du Nord a rejeté sa demande.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle totale à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. L'urgence alléguée n'est pas établie. Par suite, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé ait présenté une demande d'aide juridictionnelle, les conclusions de M. B tendant à ce qu'il soit admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire doivent être rejetées.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
4. En premier lieu, l'arrêté contesté fait état des dispositions dont il fait application ainsi que les éléments de fait sur lesquels le préfet se fonde pour rejeter la demande présentée, en particulier au regard de la menace à l'ordre public. La décision contestée, qui comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde, est ainsi suffisamment motivée.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet du Nord, qui n'était pas tenu de faire état de l'ensemble des documents et éléments produits par le requérant à l'appui de sa demande, a procédé à un examen sérieux de sa situation personnelle, en particulier en ce qui concerne la menace à l'ordre public qu'il constituerait.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 121-1, alors en vigueur, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, tout citoyen de l'Union européenne, tout ressortissant d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse a le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'il satisfait à l'une des conditions suivantes : / 1° S'il exerce une activité professionnelle en France ; / 2° S'il dispose pour lui et pour les membres de sa famille tels que visés au 4° de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; / () 4° S'il est un descendant direct âgé de moins de vingt et un ans ou à charge, ascendant direct à charge, conjoint, ascendant ou descendant direct à charge du conjoint, accompagnant ou rejoignant un ressortissant qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° ; / () ". Aux termes de l'article L. 121-3, alors en vigueur du même code : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le membre de famille visé aux 4° ou 5° de l'article L. 121-1 selon la situation de la personne qu'il accompagne ou rejoint, ressortissant d'un Etat tiers, a le droit de séjourner sur l'ensemble du territoire français pour une durée supérieure à trois mois. / S'il est âgé de plus de dix-huit ans ou d'au moins seize ans lorsqu'il veut exercer une activité professionnelle, il doit être muni d'une carte de séjour. Cette carte, dont la durée de validité correspond à la durée de séjour envisagée du citoyen de l'Union dans la limite de cinq années, porte la mention : " carte de séjour de membre de la famille d'un citoyen de l'Union ". Sauf application des mesures transitoires prévues par le traité d'adhésion à l'Union européenne de l'Etat dont il est ressortissant, cette carte donne à son titulaire le droit d'exercer une activité professionnelle ". Enfin, aux termes de l'article L. 121-5, alors en vigueur, dudit code : " Tout citoyen de l'Union européenne, tout ressortissant d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse ou les membres de sa famille qui ne peuvent justifier d'un droit au séjour en application de l'article L. 121-1 ou de l'article L. 121-3 ou dont la présence constitue une menace à l'ordre public peut faire l'objet, selon le cas, d'une décision de refus de séjour, d'un refus de délivrance ou de renouvellement d'une carte de séjour ou d'un retrait de celle-ci ainsi que d'une mesure d'éloignement prévue au livre V ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été condamné, par un jugement du tribunal correctionnel de Draguignan du 29 septembre 2017, à une peine de trois ans d'emprisonnement pour des faits de transport, détention, importation et offre ou cession non autorisés de stupéfiants, commis du 1er septembre 2014 au 30 avril 2016. Il ressort par ailleurs de l'ordonnance de placement sous surveillance électronique du juge de l'application des peines du tribunal de grande instance de Lille que le trafic auquel participait le requérant portait sur de l'héroïne et de la cocaïne, que M. B était un intermédiaire entre des fournisseurs belges et deux individus dont son cousin domicilié dans le sud-est et qu'il organisait des voyages en Belgique, proposait des fournisseurs ou d'autres clients. Ces faits sont récents et graves. Par suite, nonobstant les efforts de réinsertion dont le requérant fait état, c'est à juste titre que le préfet du Nord a considéré que M. B constituait une menace pour l'ordre public.
8. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
9. Ainsi qu'il a déjà été dit, la présence de M. B en France représente une menace pour l'ordre public. Par ailleurs, si l'intéressé allègue être présent en France depuis 2007 selon les mentions figurant à l'arrêté attaqué, les seules pièces versées au dossier ne permettent pas d'établir la présence de l'intéressé en France avant 2014. Si le requérant est marié depuis 2014 avec une ressortissante lituanienne, résidant et travaillant en France, et est le père de deux enfants mineurs, nés le 31 mai 2014 et le 23 janvier 2016, les divers documents produits à l'instance, n'établissent pas, à eux seuls, l'existence de liens d'une particulière intensité entre M. B et les membres de sa famille. Par ailleurs, la production de différents documents, en particulier de différents contrats de travail à durée déterminée et quelques bulletins de paie pour exercer différents métiers, tels que manutentionnaire, ouvrier polyvalent ou agent d'entretien ne suffisent pas à justifier d'une insertion professionnelle particulière en France. En outre, M. B n'établit pas qu'il ne pourrait se réinsérer socialement dans son pays d'origine, où il a vécu la majorité de son existence. Dès lors, eu égard aux conditions particulièrement défavorables de son séjour en France, le préfet du Nord n'a pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision attaquée doit l'être également.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles au titre des frais d'instance également présentées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au préfet du Nord et à Me Sebbane.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
- M. Fabre, président,
- Mme Monteil, première conseillère,
- Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 202Le président-rapporteur,
signé
X. AL'assesseur,
signé
A.-L. MONTEIL
La greffière,
signé
A. HAUTCOEUR
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026