mardi 2 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2006670 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP BIGNON LEBRAY & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 septembre 2020 et 7 avril 2021, M. A B, représenté par Me Degandt, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 juillet 2019 par laquelle le maire de la commune de Marcq-en-Barœul n'a fait que partiellement droit à sa demande d'indemnisation au titre de la nouvelle bonification indiciaire ;
2°) de condamner la commune de Marcq-en-Baroeul à lui verser la somme de 10 000 euros à titre de dommages et intérêts, avec intérêts au taux légal à compter du recours indemnitaire préalable, assortie de la capitalisation des intérêts, en réparation du préjudice subi en raison de la faute commise par la commune à son égard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Marcq-en-Baroeul la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il aurait dû percevoir une NBI de 15 points à compter du 1er août 2006 et la commune n'a jamais régularisé sa situation, ce qui caractérise une faute ou une négligence fautive dont il est en droit d'obtenir réparation ;
- les quatre dernières années d'exercice ne sont pas atteintes par la prescription quadriennale et la NBI de 15 points lui est donc due ;
- en tout état de cause, sa demande a trait non au versement de la NBI de 15 points proprement dite mais à l'indemnisation du préjudice subi du fait de la faute commise par la commune.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 mars 2021 et 25 mai 2021, la commune de Marcq-en-Baroeul, représentée par Me Vamour, conclut au non-lieu partiel à statuer à hauteur de la somme de 3 490,76 euros, au rejet du surplus des conclusions de la requête de M. B et à ce qu'il soit mis à sa charge la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- par un arrêté du 10 mai 2021, le maire a décidé de verser à M. B la somme de 3 490,76 euros correspondant à la NBI de 15 points non prescrite ;
- pour le reste, la demande est prescrite par application de la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968.
La clôture de l'instruction a été fixée au 28 juin 2021 à 12h00 par une ordonnance du 26 mai 2021.
La commune de Marcq-en-Baroeul a produit une pièce, enregistrée le 27 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fabre, rapporteur ;
- les conclusions de M. Malfoy, rapporteur public ;
- et les observations de Me Mercier, substituant Me Vamour, représentant la commune de Marcq-en-Baroeul.
La commune de Marcq-en-Baroeul a produit une note en délibéré, enregistrée le 28 juin 2022.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a été recruté le 8 septembre 1981 par la commune de Marcq-en-Baroeul en qualité d'ouvrier menuisier, fonctions qu'il a exercées dans les ateliers municipaux jusqu'à son placement à la retraite le 3 mai 2018. Promu le 15 décembre 2005, à effet du 1er janvier 2006 au grade de contrôleur de travaux, il s'est vu retirer, par arrêté du 16 janvier 2006, la nouvelle bonification indiciaire (NBI) qu'il percevait jusque-là. Ayant appris qu'il aurait dû ensuite bénéficier d'une NBI de 15 points au titre de ses fonctions d'encadrement, il a adressé au maire de la commune de Marcq-en-Baroeul un courrier, daté du 22 novembre 2018, lui demandant de régulariser sa situation, en lui allouant le bénéfice de cette NBI pour la période du 1er août 2006 au 4 octobre 2012, date de son accident de service. Par une décision du 14 décembre 2018, le maire de la commune a rejeté cette demande en opposant la prescription quadriennale de cette créance. M. B a adressé une demande identique au maire de la commune, par une seconde lettre du 8 janvier 2019, qui a été rejetée le 8 février 2019 pour le même motif. Par une demande du 15 mai 2019, M. B, représenté par un conseil, a alors sollicité le versement de la somme de 12 000 euros en réparation de la faute consistant à ne pas lui avoir versé la NBI à laquelle il prétend avoir droit, pour la période courant du 1er août 2006 au 3 mai 2018, date de sa mise à la retraite. Par une réponse du 15 juillet 2019, le maire de la commune de Marcq-en-Baroeul lui a indiqué qu'il était recevable à demander le versement de la NBI pour les années 2014, 2015, 2016, 2017 et les quatre premiers mois de l'année 2018, que le montant de la NBI à lui verser s'élevait ainsi à 3 490,76 euros brut et que la commune lui verserait cette somme, ce que, toutefois, elle n'a finalement pas fait, en dépit d'une procédure de médiation lancée entre les parties.
2. Par la requête dont le tribunal est saisi, M. B demande au tribunal, d'une part, d'annuler la décision du 15 juillet 2019 par laquelle le maire de la commune de Marcq-en-Baroeul n'a fait que partiellement droit à sa demande d'indemnisation présentée au titre de la nouvelle bonification indiciaire à laquelle il prétend pouvoir bénéficier et, d'autre part, de condamner la commune de Marcq-en-Baroeul à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation de la faute commise par la commune dans la gestion de son agent.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. D'une part, par application des dispositions du décret n° 2006-779 du 3 juillet 2006 portant attribution de la nouvelle bonification indiciaire à certains personnels de la fonction publique territoriale, M. B, du fait des fonctions d'encadrement exercées en tant que contrôleur des travaux, aurait dû percevoir une nouvelle bonification indiciaire de 15 points à compter du 1er août 2006, et cela n'a pas été le cas. Il résulte de l'instruction que, par un arrêté du 10 mai 2021, le maire de la commune de Marcq-en-Baroeul a décidé de verser à M. B, en une seule fois, la somme correspondant à une NBI de 15 points à laquelle il avait droit pour la période courant du 1er janvier 2014 au 3 mai 2018, date de sa mise à la retraite et que cette somme a été effectivement versée au requérant, déduction faite de toutes les cotisations sociales. La requête de M. B est par suite, dans cette mesure, devenue sans objet.
4. D'autre part, aux termes de l'article 1er de la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis ". Aux termes de l'article 2 de cette même loi : " La prescription est interrompue par : / Toute demande de paiement ou toute réclamation écrite adressée par un créancier à l'autorité administrative, dès lors que la demande ou la réclamation a trait au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, alors même que l'administration saisie n'est pas celle qui aura finalement la charge du règlement. () ".
5. Il résulte de l'instruction que M. B a sollicité le versement du reliquat de la NBI à laquelle il soutenait pouvoir prétendre, par une demande du 22 novembre 2018, pour la période du 1er janvier 2006 au 4 octobre 2012, date de son accident de service puis, par une demande du 15 mai 2019, pour la période du 1er août 2006 au 3 mai 2018, date de sa mise à la retraite. Toutefois, la commune défenderesse est fondée à soutenir que la créance portant sur la période antérieure au 1er janvier 2014 était déjà prescrite, par application des dispositions précitées de la loi du 31 décembre 2013, sans que le requérant ne puisse utilement faire valoir, pour faire échec à cette prescription, que sa requête présente le caractère d'une requête de plein contentieux indemnitaire tendant à obtenir l'indemnisation d'un préjudice d'un montant équivalent à ce reliquat de NBI.
6. Par ailleurs, si le requérant demande également l'indemnisation d'un préjudice résultant, d'une part, de l'absence de revalorisation de son indemnité de résidence et de son supplément familial de traitement depuis 2006 du fait de cette absence de versement de la NBI et, d'autre part, de l'absence de prise en compte de cette NBI dans le calcul de sa retraite, dès lors que c'est le versement de la NBI qui implique la prise en compte sur ces trois éléments de rémunération ou de carrière de l'agent, la commune défenderesse est également fondée à se prévaloir de la prescription de cette créance dont la nature et l'ampleur était connue dès 2006. Par suite, le surplus des conclusions de la requête de M. B doit être rejeté.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
7. D'une part, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1231-6 du code civil, anciennement 1153 du même code, courent à compter de la réception par la partie débitrice de la réclamation de la somme principale. M. B a droit aux intérêts légaux sur la somme de 2 503,45 euros (correspondant à la somme de 3 490,76 euros bruts versée au titre d'une régularisation de NBI déduction faite des charges), à compter de la réception de sa demande par l'administration, soit le 17 mai 2019, et jusqu'à la date de mise en paiement effective de cette somme au requérant.
8. D'autre part, aux termes de l'article 1343-2 du code civil : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". M. B a demandé la capitalisation des intérêts dans sa requête introductive d'instance enregistrée le 22 septembre 2020. Il y a lieu de faire droit à cette demande dès lors qu'à cette date il était déjà dû une année d'intérêts.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas partie perdante pour l'essentiel, la somme que la commune de Marcq-en-Baroeul demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
10. Il y a lieu, par ailleurs, sur le fondement des mêmes dispositions, de mettre à la charge de ladite commune, la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er: Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B à hauteur de la somme de 2 503,45 euros.
Article 2 : La commune de Marcq-en-Baroeul versera à M. B les intérêts au taux légal sur la somme de 2 503,45 euros à compter du 17 mai 2019 et jusqu'à la date de mise en paiement effective de cette somme. Les intérêts échus le 22 septembre 2020 seront capitalisés pour porter eux-mêmes intérêts à compter de cette date et jusqu'à la date de mise en paiement effective de cette somme.
Article 3 : La commune de Marcq-en-Baroeul versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Marcq-en-Baroeul.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022 à laquelle siégeaient :
- Mme Perdu, présidente,
- M. Fabre, premier conseiller,
- Mme Bergerat, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 août 2022.
Le rapporteur,
signé
X. FABRELa présidente,
signé
S. PERDULa greffière,
signé
S. MAUFROID
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026