vendredi 24 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2007941 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | RABIER ET CINDRIC AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 novembre 2020 et le 16 août 2022, la société d'aménagement des volumes intérieurs (SAVI), représentée par Me Rabier, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire n° 924, émis le 4 septembre 2020 à son encontre par la commune de Courrières en vue du recouvrement de la somme de 10 418,44 euros, et de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Courrières une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre exécutoire contesté est entaché d'un vice de forme dès lors qu'il ne mentionne pas la qualité de son auteur et qu'il ne comporte pas sa signature ;
- la créance en cause est mal fondée ; les désordres affectant la chape en béton quartzée, ne sont qu'esthétiques et non structurels, d'une part, et ont pour origine le choix du maître d'ouvrage de réaliser ce support malgré sa recommandation de ne pas le mettre en œuvre, d'autre part, de sorte que les réserves émises sur ce point lors de la réception des travaux ne lui sont pas opposables ; il n'est pas établi que les fissures en cause auraient pour origine des manquements aux règles de l'art dans la réalisation des travaux ; les travaux réalisés par la société Deplanques ne correspondent pas à des travaux de levée de réserves mais à des travaux supplémentaires non prévus par le marché ; en tout état de cause, dès lors que le maître d'ouvrage a émis le décompte général et définitif du marché sans y inscrire la créance qu'il invoque, il n'est pas fondé à en réclamer le paiement en dehors de ce décompte ;
- la société Deplanques a réalisé des travaux qui ne portent pas tous sur les réserves émises à la réception de l'ouvrage ; une somme de 6 972,66 euros doit être déduite à ce titre du montant du titre exécutoire en litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2021, la commune de Courrières conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- le titre exécutoire contesté a été signé électroniquement ; si cet acte ne mentionne effectivement pas la qualité de son auteur, ce défaut est d'origine informatique et ne saurait, en tout état de cause, remettre en cause le bien-fondé de la créance dont le recouvrement est recherché ;
- la créance est fondée ; la SAVI est responsable des malfaçons commises par son sous-traitant ; l'information donnée par la SAVI quant aux risques inhérents à la mise en œuvre d'une chape quartzée ne saurait l'exonérer de sa responsabilité du fait des malfaçons commises dans la réalisation des travaux ; la pose d'un carrelage était la seule solution de reprise des désordres ; même si le décompte général du marché ne fait pas état des travaux de reprise, la SAVI a été informée de la réalisation des travaux de reprise à ses frais et risques par un courrier qui lui a été notifié le 25 octobre 2019 ;
- la réalisation de travaux de reprises dans les vestiaires 1, 4 et arbitre 1 a été rendue nécessaire par le souci d'harmonisation esthétique de l'ensemble des sols de l'ouvrage ; la somme qui pourrait, le cas échéant, être retranchée du titre exécutoire à ce titre serait de 5 861,20 euros HT.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Christian, rapporteur public,
- et les observations de Me Rabier, représentant la SAVI.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement notifié le 27 novembre 2017, la commune de Courrières a attribué à la société d'aménagement des volumes intérieurs (SAVI), pour un prix global et forfaitaire de 87 875,16 euros hors taxes (HT), la réalisation du lot n° 6 " carrelages, faïence, plâtrerie, faux plafond " de son projet de reconstruction de la salle de sport Rabelais. Par un acte daté du 9 juillet 2019, la réception des travaux du lot n° 6 a été prononcée le 24 mai 2019, date d'achèvement des travaux, sous réserve et avec réserves portant, notamment, sur l'apparition de fissures affectant la chape béton quartzée à plusieurs endroits du bâtiment. Par un courrier du 6 septembre 2019, reçu le 9 septembre suivant, le maître d'ouvrage a mis en demeure le titulaire de réaliser les travaux permettant de lever les réserves avant le 4 octobre 2019, à défaut de quoi ces travaux seraient attribués à ses frais et risques à une société tierce. Par un courrier du 26 novembre 2019, la SAVI a adressé au maître d'ouvrage son projet de décompte final, en arrêtant le montant du marché à la somme totale de 112 739,01 euros toutes taxes comprises (TTC). Par un courrier du 24 janvier 2020, reçu le 27 janvier suivant, la commune de Courrières a adressé en retour à son cocontractant le décompte général du marché, en arrêtant son montant à la même somme. Par un courrier du 15 mars 2020, reçu le 22 mars suivant, la commune de Courrières a informé la SAVI de l'attribution, à ses frais et risques, des travaux de reprise des fissures apparentes sur la chape béton quartzée à la société Deplanques, pour un montant total de 15 833,64 euros TTC, et de l'émission à son encontre, dès réception des travaux de reprise, d'un titre exécutoire afin de recouvrer cette somme après déduction de la retenue de garantie, d'un montant de 10 418,44 euros. Le 4 septembre 2020, la commune de Courrières a émis à l'encontre de la SAVI un titre exécutoire n° 924 d'un montant de 10 418,44 euros. Par la présente requête, la SAVI demande au tribunal d'annuler ce titre et de la décharger de l'obligation de payer la somme correspondante.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'ensemble des opérations auxquelles donne lieu l'exécution d'un marché public de travaux est compris dans un compte dont aucun élément ne peut être isolé et dont seul le solde arrêté lors de l'établissement du décompte définitif détermine les droits et obligations définitifs des parties.
3. Il résulte de l'instruction que, par un courrier du 24 janvier 2020, notifié le 27 janvier suivant, le maire de la commune de Courrières a adressé à la SAVI le décompte général du marché public de travaux qu'elle lui a attribué, sans que ce document ne fasse état du coût des travaux confiés, aux frais et risques de cette dernière, à une société tierce pour la levée des réserves émises lors de la réception du lot n° 6, ni d'aucune réserve sur ce point. Si la collectivité défenderesse a entendu recouvrer cette créance par l'émission du titre exécutoire en litige, il ressort toutefois des principes rappelés au point 2 que le coût des travaux précités, qui constitue un élément du décompte général du marché, ne peut être réclamé par le maître d'ouvrage à son cocontractant en dehors de l'établissement de ce décompte qui, en l'espèce, était déjà devenu définitif avant l'émission du titre attaqué. Dans ces conditions, la SAVI est fondée à soutenir que la collectivité défenderesse ne pouvait valablement, par l'émission du titre exécutoire en litige, lui réclamer le versement de la somme correspondant au coût de ces travaux.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, le titre exécutoire en litige doit être annulé et que la SAVI doit être déchargée de l'obligation de payer la somme de 10 418,44 euros pour le recouvrement de laquelle ce titre a été émis.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Courrières une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par la SAVI et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre exécutoire n° 924, d'un montant de 10 418,44 euros, émis le 4 septembre 2020 à l'encontre de la SAVI par la commune de Courrières est annulé.
Article 2 : La SAVI est déchargée de l'obligation de payer la somme de 10 418,44 euros mise à sa charge par le titre exécutoire annulé à l'article 1er.
Article 3 : La commune de Courrières versera à la SAVI une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié la société d'aménagement des volumes intérieurs et à la commune de Courrières.
Délibéré après l'audience du 3 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Marjanovic, président,
M. Larue, premier conseiller,
M. Caustier, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2023.
Le rapporteur,
Signé
G. A
Le président,
Signé
V. MARJANVIC
La greffière,
Signé
D. WISNIEWSKI
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2007941
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026