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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2008737

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2008737

lundi 24 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2008737
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formationjuge unique (5)
Avocat requérantKIOUNGOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 4 décembre 2020, le 5 décembre 2020, le 24 décembre 2020, le 8 février 2021, le 27 février 2021, le 1er mars 2021, le 3 mars 2021 et le 1er mai 2021, M. B A, représenté par Me Kioungou, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 23 novembre 2020 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a rejeté le recours préalable obligatoire formé contre la décision du 28 octobre 2020 mettant à sa charge un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 6 142,20 euros ;

3°) d'enjoindre au président du conseil départemental du Nord de rétablir ses droits au revenu de solidarité active sur la période en litige ;

4°) de mettre à la charge du département du Nord la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge est mal fondé.

Par un mémoire enregistré le 17 février 2021, la caisse d'allocations familiales du Nord demande au tribunal de la mettre hors de cause.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 février 2023, le département du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Le requérant a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 19 juillet 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. M. A ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 juillet 2021, ses conclusions aux fins d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle sont donc devenues sans objet.

Sur la demande de mise hors de cause de la CAF du Nord :

2. La décision mettant à la charge de M. A le remboursement d'un indu de revenu de solidarité active a été prise par la CAF du Nord qui assure la gestion de cette prestation, par délégation, pour le compte du département du Nord, lequel assure le financement. Ainsi, le président du conseil départemental du Nord a seul qualité, en l'absence de stipulation contraire de la convention de gestion prévue par l'article L. 262-25 du code de l'action sociale et des familles, pour défendre devant le tribunal administratif sur les demandes tendant à la contestation du

bien-fondé d'un indu de revenu de solidarité active ou à sa remise gracieuse. Il y a lieu, dès lors, de mettre hors de cause la caisse d'allocations familiales du Nord dans cette instance.

Sur l'étendue du litige :

3. Il résulte de l'instruction, à savoir la notification rectificative adressée à l'allocataire le 15 février 2021, postérieurement à l'introduction de la requête, et comme le fait valoir le département du Nord en défense, que le trop-perçu de revenu de solidarité active a été ramené à la somme de 3 109,26 euros. Dès lors, les conclusions relatives à cet indu, à hauteur de 3 032,94 euros (6 142,20 - 3 109,26 euros), sont privées d'objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles :

" Le revenu de solidarité active a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle ".

Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / Le revenu garanti est calculé, pour chaque foyer, en faisant la somme : / 1° D'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer ; / 2° D'un montant forfaitaire, dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge. / Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du revenu garanti. () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux.

/ Les dispositions de l'article R. 132-1 sont applicables au revenu de solidarité active ".

5. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

6. En l'espèce, suite à un rapport d'enquête dressé le 21 octobre 2020 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales du Nord, un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 6142, 20 euros, couvrant la période du 1er décembre 2019 au 31 juillet 2020 a été notifié à M. A au motif que ce dernier ne résidait pas en France sur cette période. M. A a formé un recours administratif préalable à l'encontre de cette décision, recours expressément rejeté par une décision du 23 novembre 2020 dont il demande l'annulation.

7. Cependant, un complément d'enquête a été mené et, par une décision du

15 février 2021, la caisse d'allocations familiales a procédé à une rectification de l'indu. A l'issue de cette rectification, il apparait que M. A est redevable d'un indu de 3 109, 26 euros au motif qu'il n'a pas déclaré une aide financière qu'il perçoit mensuellement depuis le mois de décembre 2019 et que deux de ses enfants n'ont été scolarisés qu'à compter du mois de novembre 2020, sa présence sur le territoire français à compter du mois de décembre 2019 ainsi que celle de deux de ses enfants à compter du moins de février 2020 ayant été reconnue.

8. Si M. A conteste la décision du 23 novembre 2010 en soutenant qu'il vit en Franc depuis le mois de décembre 2019, qu'il a envoyé sa carte bancaire à son épouse se trouvant au Maroc et apporte des éléments d'explication quant aux adresses marocaines mentionnées sur les passeports de ses enfants, ces arguments sont dirigés contre l'indu initial de revenu de solidarité active. Le requérant n'a pas répliqué au mémoire en défense produit par le département du Nord produisant la notification rectificative d'indu et n'a ainsi pas remis en cause ce nouvel indu mis à sa charge. Dans ces conditions, le requérant n'établit, ni même n'allègue, que les motifs fondant l'indu de revenu de solidarité active notifié le 15 février 2021 sont entachés d'illégalité et que l'indu en litige est infondé.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A doivent être rejetées, y compris celles présentées à fin d'injonction et celles tenant aux frais du litige.

D E C I D E :

Article 1 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions relatives au trop-perçu de revenu de solidarité active, à hauteur de 3 032,94 euros.

Article 3 : La caisse d'allocations familiales du Nord est mise hors de cause dans la présente instance.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Kioungou et au département du Nord.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2023.

La magistrate désignée,

Signé

M. CLa greffière,

Signé

M. D

La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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