vendredi 9 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2101634 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BIGNON LEBRAY & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 mars 2021 et 7 février 2023,
M. B D, représenté par Me Rosseel, demande au tribunal :
1°)d'annuler la décision du 11 mars 2020 par laquelle le vice-président de la métropole européenne de Lille (MEL) a rejeté sa demande tendant à la création d'un accès automobile à sa propriété située 11 chemin de Flers à Villeneuve-d'Ascq ;
2°)d'enjoindre à la MEL de procéder à la création sollicitée, ou à défaut, de procéder au réexamen de sa demande et de rechercher, le cas échéant, un aménagement permettant de faire droit à sa demande dans de bonnes conditions de sécurité ;
3°) de mettre à la charge de la MEL la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le caractère piétonnier de l'accès litigieux n'est pas justifié dès lors qu'il ne concerne qu'une partie du quartier et qu'il ne s'inscrit pas dans une politique de modes doux de déplacement ;
- la décision contestée est illégale dès lors que l'accès actuel ne permet pas aux véhicules de secours d'accéder à son domicile ;
- l'accès sollicité n'est pas de nature à nuire à la sécurité de la circulation sur la voie publique dès lors qu'il a vocation à n'être utilisé que par deux usagers ;
- la création de l'accès sollicité permettrait de remédier aux situations accidentogènes du quartier en libérant des places de stationnement ;
- la décision attaquée est illégale dès lors que l'autorité domaniale n'a pas recherché si un aménagement léger sur le domaine public n'était pas de nature à permettre de faire droit à sa demande dans de bonnes conditions de sécurité.
Par des mémoires enregistrés les 15 septembre 2021 et 9 mars 2023, la métropole européenne de Lille, représentée par la SCP Bignon Lebray, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés. Elle sollicite, en outre, une substitution de motifs, dès lors que le requérant n'est pas riverain de la voie publique concernée, que le chemin de Flers constitue une voie spécialisée non-ouverte à la circulation générale et que la décision aurait pu se fonder sur le motif tiré de la conservation et de la protection du domaine public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Liénard ;
- les conclusions de M. Babski, rapporteur public ;
- et les observations de Me Vamour, représentant la métropole européenne de Lille.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, qui réside 11 chemin de Flers à Villeneuve-d'Ascq, a sollicité le 24 décembre 2019 auprès de la métropole européenne de Lille (MEL) la création d'un accès automobile à sa propriété. Par la requête susvisée, l'intéressé demande au tribunal d'annuler la décision du 11 mars 2020 par laquelle le vice-président de la MEL a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 11 juillet 2019, le président de la MEL a délégué à M. A C, 10e vice-président, les fonctions en matière de " Transports publics - Sécurité et contrôle d'accès dans les transports publics - Voierie - Qualité des espaces publics ", étant précisé que " cette délégation comprend notamment : Modes doux - () - Police du stationnement et de la circulation hors agglomération ". Par suite, la décision attaquée ayant trait à la voirie métropolitaine, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 111-13 du code de l'urbanisme : " Les propriétés riveraines des voies spécialisées non ouvertes à la circulation générale et, notamment, des autoroutes, voies de défense de la forêt contre l'incendie, pistes pour cyclistes et sentiers de touristes ne jouissent pas des droits reconnus aux riverains des voies publiques. ". D'autre part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / 2° Infligent une sanction ; / 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ".
4. Si les riverains d'une voie publique ont le droit d'entrer et de sortir de leur propriété avec un véhicule, ce droit n'est pas reconnu aux riverains des voies spécialisées non ouvertes à la circulation générale en application des dispositions de l'article L. 111-13 du code de l'urbanisme citées au point précédent.
5. Il ressort des pièces du dossier que le chemin de Flers à Villeneuve-d'Ascq dont la propriété de M. D est riveraine, est une voie métropolitaine dédiée aux modes de déplacement doux sur laquelle les déplacements motorisés sont interdits. Dans ces conditions, ce chemin constitue une voie spécialisée non ouverte à la circulation générale pour l'application des dispositions de l'article L. 111-13 du code de l'urbanisme. Dès lors, le requérant ne peut se prévaloir d'un droit d'accès automobile à sa propriété depuis ledit chemin. Par suite, la décision du vice-président de la MEL refusant au requérant la création d'un tel accès n'est pas une décision refusant un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir au sens du 6° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Cette décision ne relève pas non plus d'une autre catégorie de décision soumise à une obligation de motivation par les dispositions précitées. Par suite, elle n'avait pas à être motivée. Le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée est, dès lors, inopérant et doit être écarté.
6. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, les dispositions de l'article L. 111-13 du code de l'urbanisme font obstacle à ce que les riverains des voies spécialisées non ouvertes à la circulation générale se voient reconnaitre un droit d'accès à leur propriété avec un véhicule automobile. Par suite, M. D ne peut utilement se prévaloir de la circonstance que la MEL n'aurait pas recherchée si un aménagement léger du domaine public n'était pas de nature à permettre de faire droit à sa demande dans de bonnes conditions de sécurité. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier, et notamment des photographies et cartes versées à l'instance, que la largeur du chemin de Flers ne permet pas le passage d'un véhicule automobile et que d'importants travaux d'élargissement, d'arrachage des arbres implantés sur le bas-côté et de stabilisation qui modifieraient l'emprise de la voie publique seraient nécessaires afin d'y permettre la circulation d'un véhicule automobile jusqu'à la propriété de M. D.
7. En quatrième et dernier lieu, les circonstances que les véhicules de secours et de lutte contre l'incendie ne peuvent accéder à la propriété du requérant, que la création d'un accès automobile sur le chemin de Flers libérerait des places de stationnement dans le quartier, que cet accès ne créerait pas de risque pour les piétons et les cyclistes empruntant ce chemin et que l'interdiction de la circulation automobile sur le chemin de Flers ne s'inscrit dans aucune politique de modes doux des déplacements, à les supposer toutes établies, sont dépourvues d'incidence sur la légalité de la décision attaquée.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les demandes de substitution de motifs présentées par la MEL, que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 11 mars 2020 du vice-président de la MEL doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées aux fins d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la MEL, qui n'est pas partie perdante dans l'instance, verse la somme que M. D demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. D une somme de 1 500 au titre des frais exposés par la MEL et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : M. D versera à la métropole européenne de Lille une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et à la métropole européenne de Lille.
Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- M. Liénard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juin 2023.
Le rapporteur,
Signé
Q. LIENARD
Le président,
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
M. E
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026