jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2102270 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C+ |
| Formation | juge unique (1) |
| Avocat requérant | SCP ABCG ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 mars 2021, M. B C, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision 48 SI du 5 février 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul ;
2°) d'annuler les décisions de retraits de points afférentes aux infractions commises les 19 février 2015 à Chennevières les Louvres, 1er février 2016 à Henin-Beaumont, 3 octobre 2016 à Bondues, 7 décembre 2017 à Lille, 9 avril 2018 à Annay, 30 juin 2018 à Montreuil, 17 juillet 2018 à Wattignies, 21 juillet 2018 à Roncq, 28 août 2019 à Wicres, 28 juin 2019 à Garges-les-Gonesse et 9 février 2020 à Lille ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire en reconstituant son capital de points, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il n'a pas bénéficié, pour chacune des décisions de retrait de points en litige, de l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juin 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- aucune mention afférente aux infractions commises les 9 avril 2018 à Annay, 28 août 2018 à Wicres, 28 août 2019 à Garges-les-Gonesse et 9 février 2020 à Lille ne figure au relevé d'information intégral du requérant ; les conclusions à fin d'annulation des décisions de retraits de points afférentes à ces infractions sont donc sans objet ;
- les points retirés consécutivement aux infractions commises les 3 octobre 2016, 7 décembre 2017 et 21 juillet 2018 ont été restitués au requérant respectivement les 8 août 2017, 3 janvier 2019 et 6 mai 2019 ; les conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points afférentes à ces infractions sont donc également sans objet ;
- les moyens soulevés contre les décisions de retraits de points restant en litige ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 7 octobre 2021 à 23h59 par une ordonnance du 6 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Sur sa proposition, le rapporteur public a été dispensé de prononcer ses conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative par le président de la formation de jugement.
A été entendu au cours de l'audience publique du 28 juin 2022 le rapport de M. Fabre, rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, né le 8 juin 1974 en Algérie, a fait l'objet d'une série d'infractions au code de la route, répertoriées à son relevé d'information intégral. Il en ressort qu'il a fait l'objet des retraits de points suivants : un point pour une infraction commise le 19 février 2015 à 11h40 à Chennevières les Louvres, sept points pour une infraction commise le 1er février 2016 à 12h20 à Henin-Beaumont, un point pour une infraction commise le 3 octobre 2016 à 10h33 à Bondues, un point pour une infraction commise le 7 décembre 2017 à 15h30 à Lille, un point pour une infraction commise le 30 juin 2018 à 05h09 à Montreuil, un point pour une infraction commise le 17 juillet 2018 à 16h29 à Wattignies, un point pour une infraction commise le 21 juillet 2018 à 18h18 à Roncq, un point pour une infraction commise le 21 août 2018 à 18h59 à Annay, un point pour une infraction commise le 9 septembre 2018 à 06h11 à Wicres, un point pour une infraction commise le 28 septembre 2018 à 18h05 à Garges-les-Gonesse et trois points pour une infraction commise le 5 mars 2019 à 08h00 à Lille. Par une décision du 5 février 2021, le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler cette décision 48 SI ainsi que les décisions de retraits de points qu'il liste dans sa requête introductive d'instance.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation des décisions de retraits de points :
S'agissant de la fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité de conclusions à fin d'annulation de certaines décisions de retraits de points :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, d'une part, le point retiré à la suite de l'infraction commise le 3 octobre 2016 à 10h33 à Bondues a été restitué le 8 août 2017, d'autre part, le point retiré à la suite de l'infraction commise le 7 décembre 2017 à 15h30 à Lille a été restitué le 3 janvier 2019 et, enfin, que le point retiré à la suite de l'infraction commise le 21 juillet 2018 à 18h18 à Roncq a été restitué le 6 mai 2019. Ces restitutions ont eu lieu avant l'introduction de la requête dont le tribunal est saisi. Par suite, les conclusions dirigées contre des décisions de retraits de points qui ont disparu de l'ordonnancement juridique avant l'introduction de la requête sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.
3. En second lieu, si le requérant demande au tribunal d'annuler des décisions de retraits de points afférentes à des infractions commises les 9 avril 2018 à Annay, 28 aout 2019 à Wicres, 28 août 2019 à Garges-les-Gonesse et 9 février 2020 à Lille, ces décisions de retraits de points ne figurent ni sur la décision 48 SI ni au relevé d'information intégral de l'intéressé. Ces conclusions, dirigées contre des décisions qui n'existent pas doivent, par suite, être rejetées.
S'agissant des autres décisions de retraits de points contestées :
A propos de l'infraction commise le 1er février 2016 :
4. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. Il ressort des pièces du dossier que l'infraction commise, postérieurement à cette date, a été constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé. M. C a alors pris connaissance des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route sous lesquelles il lui a été proposé de signer. L'intéressé ayant refusé, l'agent verbalisateur a apposé la mention " refus de signer ", qui dispose de la même valeur probante que la signature. Le moyen doit, par suite, être écarté.
5. Les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de points afférente à cette infraction doivent donc être rejetées.
A propos des infractions commises les 19 février 2015, 30 juin 2018 et 17 juillet 2018 :
6. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du relevé d'information intégral, que M. C a fait l'objet, pour chacune des infractions commises les 19 février 2015, 17 juillet 2018 et 30 juin 2018, d'un retrait d'un point pour le même motif, à savoir un excès de vitesse inférieur à 20 km/h. Pour ces trois retraits de points, la mention, sur le relevé d'information intégral, de l'émission d'un titre exécutoire ne permet pas de considérer que l'amende forfaitaire majorée correspondante a été acquittée. La mention AM sur le relevé intégral ne justifie que de l'émission du titre et non du paiement de l'amende forfaitaire majorée. Ainsi, au vu des pièces du dossier, l'administration ne peut être regardée comme apportant la preuve qui lui incombe de la délivrance à M. C de cette information, à l'occasion de ces infractions.
7. Toutefois, concernant les infractions commises les 30 juin 2018 et 17 juillet 2018, il ressort des pièces du dossier, d'une part, qu'il a eu connaissance de la perte de points encourus pour un excès de vitesse inférieur à 20 km/h du fait de la restitution d'un point le 19 mai 2015 perdu le 22 juillet 2014 pour le même motif et, d'autre part, qu'il a bénéficié des informations plus générales prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l'occasion de l'infraction du 1er février 2016.
8. Il n'en va pas de même pour l'infraction du 19 février 2015 puisque la constatation de l'infraction du 1er février 2016 avec la communication des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route est postérieure à la perte du point résultant de l'infraction du 19 février 2015. Le requérant est par suite, pour ce motif, fondé à demander l'annulation de la décision de retrait d'un point afférent à l'infraction commise le 19 février 2015 à 11h40 à Chennevières les Louvres.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de la décision 48 SI :
9. Du fait de l'annulation de cette décision de retrait d'un point, le solde de points du permis de conduire de l'intéressé n'est pas nul. M. C est, par suite, fondé à demander l'annulation de la décision 48 SI du 5 février 2021 prise à son encontre.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement implique nécessairement, sauf changement de circonstance de droit ou de fait qui y ferait obstacle, que le ministre de l'intérieur restitue à M. C son permis de conduire, avec un capital d'un point. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui fixer un délai de trente jours pour ce faire.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision 48 SI du 5 février 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a informé M. C de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul est annulé.
Article 2 : La décision de retrait d'un point afférente l'infraction commise le 19 février 2015 à 11h40 à Chennevières les Louvres est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur, sauf changement de circonstance de droit ou de fait qui y ferait obstacle, de restituer à M. C son permis de conduire, avec un capital d'un point, dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
signé
X. ALa greffière
signé
S. MAUFROID
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026