jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2103200 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (1) |
| Avocat requérant | DEBRABANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 avril 2021, M. C B, représenté par Me Debrabant, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision 48 SI par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul ;
2°) d'annuler la décision de retrait de quatre points afférente à l'infraction commise le 13 février 2020 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur d'une part, de lui restituer les quatre points qui lui ont été illégalement retirés, dans un délai de quinze jours suivant notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, d'autre part, de procéder à l'effacement dans le fichier national du permis de conduire de la mention du retrait de points afférent à l'infraction du 13 février 2020 ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a effectué le stage prévu à l'article L. 223-6 du code de la route les 2 et 3 avril 2021 alors que la décision 48 SI ne lui a pas été régulièrement notifiée à son domicile et qu'il avait prévenu les administrations de son changement d'adresse ;
- il n'a pas bénéficié des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l'occasion de l'infraction commise le 13 février 2020 à Petite Forêt.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision 48 SI dès lors que le solde de points affecté à son permis de conduire est, à nouveau, positif ;
- le moyen soulevé pour le surplus, tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Sur sa proposition, le rapporteur public a été dispensé de prononcer ses conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative par le président de la formation de jugement.
A été entendu au cours de l'audience publique du 28 juin 2022 le rapport de M. Fabre, rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, né le 6 février 1989 à Béthune, a fait l'objet d'une série d'infractions au code de la route, répertoriées à son relevé d'information intégral. Par une décision du 3 mars 2021, le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cette décision 48 SI ainsi que la décision de retrait de quatre points afférente à l'infraction du 13 février 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision 48 SI :
2. L'administration est réputée avoir retiré la décision référencée " 48 SI " portant invalidation du permis de conduire pour solde de points nul dès lors qu'elle informe postérieurement le conducteur concerné que le solde de point affecté à son permis de conduire est redevenu positif. Ainsi, la décision " 48 SI " invalidant le permis de conduire de M. B pour solde de points nul est réputée avoir été retirée à la suite de la prise en compte du stage de sensibilisation aux causes et accidents de la route effectué les 2 et 3 avril 2021 par l'intéressé et de la circonstance que le solde de son permis de conduire est désormais positif, étant crédité de cinq points. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de la décision 48 SI du 3 mars 2021 invalidant le permis de conduire du requérant sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
En ce qui concerne la décision de retrait de quatre points afférente à l'infraction du 13 février 2020 :
3. Il ressort des mentions figurant à son relevé d'information intégral que M. B a fait l'objet d'une décision de retrait de quatre points du fait d'une infraction commise le 13 février 2020 à 17h22 à Petite Forêt pour " non-respect d'un arrêt absolu au stop à une intersection ".
4. La mention, sur le relevé d'information intégral, de l'émission d'un titre exécutoire ne permet pas de considérer que l'amende forfaitaire majorée correspondante a été acquittée. La mention AM sur le relevé intégral ne justifie que de l'émission du titre et non du paiement de l'amende forfaitaire majorée. Par suite, il n'est pas établi que le requérant aurait bénéficié, à l'occasion de cette infraction, des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Si le ministre soutient que l'intéressé a bénéficié de ces informations à l'occasion d'autres infractions, antérieurement commises, il ne ressort des pièces du dossier, notamment du relevé d'information intégral qu'il aurait déjà été informé du nombre de points dont la perte était encourue en cas de " non-respect d'un arrêt absolu au stop à une intersection ". Par suite, le requérant est fondé à soutenir que ces dispositions ont été méconnues et à demander, pour ce motif, l'annulation de la décision de retrait de quatre points afférente à cette infraction.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 911-3 du même code : " La juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet ".
6. Le présent jugement implique nécessairement d'une part, que le ministre de l'intérieur restitue à M. B les quatre points afférents à l'infraction du 13 février 2020, illégalement retirés et le mentionne sur son relevé d'information intégral. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de fixer au ministre de l'intérieur un délai d'un mois pour restituer ces quatre points, sans qu'il soit besoin, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision 48 SI du 3 mars 2021 prise à l'encontre de M. B.
Article 2 : La décision de retrait de quatre points afférente à l'infraction commise le 13 février 2020 à Petite Forêt est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur, d'une part, de restituer à M. B, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, les quatre points retirés à la suite de l'infraction du 13 février 2020 et, d'autre part, de le mentionner à son relevé d'information intégral.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
signé
X. ALa greffière
signé
S. MAUFROID
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026