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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2103480

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2103480

mardi 20 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2103480
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formationjuge unique (2)
Avocat requérantSCP ABCG ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 mai 2021, Mme B C, représentée par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision référencée 48SI notifiée le 22 août 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour défaut de points, la décision référencée 48SI du 26 mars 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour défaut de points et lui a enjoint de restituer celui-ci dans un délai de dix jours ainsi que la décision du 17 avril 2021 portant rejet de son recours gracieux ;

2°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré les points affectés à son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 13 février 2018 à 14h21 et à 14h30, 18 septembre 2018 à 17h37 et 17h40 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire, au capital de points reconstitué, dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative, outre les entiers dépens.

Elle soutient que :

- ses conclusions sont recevables ;

- les infractions commises à Lille les 18 septembre 2018 ne lui sont pas imputables ;

- l'information préalable obligatoire prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui a pas été délivrée s'agissant des infractions commises les 13 février 2018 et 18 septembre 2018.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la décision 48SI ainsi que contre les décisions portant retrait de points relatives aux infractions du 18 septembre 2018 à 17h37 et 17h40 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que :

- au regard des mentions du relevé d'information intégral de l'intéressée, l'administration est réputée avoir retiré les décisions portant retrait de points à la suite des infractions du 8 septembre 2021 ainsi que les deux décisions 48SI contestées ;

- le moyen tiré du défaut de notification est inopérant ;

- aucun des autres moyens soulevés n'est fondé.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la décision portant rejet du recours gracieux présenté par l'intéressée en tant qu'elle tend au retrait des décisions 48SI par lesquelles le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour défaut de points ainsi que des décisions portant retrait de points consécutivement aux deux infractions des 18 septembre 2018.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Après avoir entendu le rapport de Mme A au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision référencée 48SI notifiée le 22 août 2019, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire de Mme C pour solde de points nul. Par un courrier reçu le 17 février 2021, Mme C a présenté un recours gracieux contre cette décision ainsi que contre celles portant retrait de points à la suite des infractions des 13 février 2018 à 14h21 et à 14h30, 18 septembre 2018 à 17h37 et 17h40 et sollicité la communication de cette décision. Par une seconde décision 48SI du 26 mars 2021, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal l'annulation de ces deux décisions 48SI ainsi que du rejet de son recours gracieux, mais également des décisions de retrait de points consécutives aux deux infractions du 18 septembre 2018 et aux deux autres infractions du 13 février 2018.

Sur le non-lieu à statuer :

2. Il résulte de l'instruction que les mentions relatives aux deux décisions 48SI en litige, ainsi que celles relatives aux infractions du 18 septembre 2018 à 17h37 et 17h40 à la suite desquelles ces décisions 48SI avaient été adoptées, ont été supprimées du relevé d'information intégral de Mme C en cours d'instance. Dès lors, le ministre doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement retiré, postérieurement à la date d'introduction de la requête, d'une part, les décisions portant retrait de six points consécutives à ces deux infractions et, d'autre part, les décisions référencées 48SI précitées en tant qu'elles ont constaté l'invalidité du permis de conduire de la requérante et lui a enjoint de restituer son titre de conduite. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de ces quatre décisions ont perdu leur objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

3. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre le rejet du recours gracieux de Mme C, en tant qu'il concerne ces quatre décisions, sont également devenues sans objet. Il n'y a pas davantage lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le défaut d'information préalable :

4. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation préalable d'information.

5. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. En conséquence, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées.

6. Il résulte de l'instruction que les infractions commises les 13 février 2018 à 14h21 et à 14h30 ont donné lieu à l'établissement de procès-verbaux électroniques, datés du même jour et signés par la requérante en dessous des mentions comportant l'ensemble des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ces productions suffisent à établir la délivrance de ces informations. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'information préalable doit être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions portant retrait de points consécutives aux deux infractions du 13 février 2018, ni, par suite, de la décision portant rejet de son recours gracieux reçu le 17 février 2021 en tant qu'elle tend au retrait de ces deux décisions.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les dépens :

9. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées à ce titre par la requérante ne peuvent, en tout état de cause, qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme quelconque soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision 48SI par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité du titre de conduite de Mme C pour défaut de points et lui a enjoint de le restituer notifiée le 22 août 2019, de celle en date du 26 mars 2021, des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions du 18 septembre 2018 à 17h37 et 17h40 ainsi que de la décision portant rejet de son recours gracieux en tant qu'il tend à obtenir le retrait de ces décisions.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.

La magistrate désignée,

signé

C. A

La greffière,

signé

M. D

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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