lundi 19 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2103974 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (5) |
| Avocat requérant | CABARET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 mai 2021, M. B C, représenté par Me Cabaret, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord a implicitement rejeté son recours administratif formé le 5 octobre 2020 contre sa décision du 9 septembre 2020 lui notifiant un indu d'allocation de logement sociale (IN4 002) pour la période de juillet à septembre 2020, pour un montant de 540 euros ;
2°) d'annuler la décision du 14 octobre 2020 par laquelle le président du conseil départemental du Nord lui a demandé de rembourser un indu d'allocation de logement sociale (IN4 002) pour la période de juillet à septembre 2020, pour un montant de 540 euros;
3°) de lui accorder la remise totale de sa dette ou, subsidiairement, d'en réduire le montant ;
4°) d'enjoindre au président du conseil départemental du Nord de lui rembourser l'ensemble des sommes retenues ;
5°) de mettre à la charge du département du Nord la somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation dès lors qu'il a perçu moins de revenus en 2018 qu'en 2017, qu'il a toujours déclaré ses revenus à l'administration, que ses revenus ne sont pas suffisants pour assumer les charges de la vie quotidienne et qu'il ne perçoit plus de versements par pôle emploi ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales du Nord conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 mars 2021 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Lille.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Grard, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 9 septembre 2020, le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord a notifié à M. C un indu d'allocation de logement sociale (IN4 002) d'un montant de 540 euros pour la période de juillet à septembre 2020. M. C a formé le 5 octobre 2020 un recours administratif obligatoire contre cette décision devant la commission de recours amiable. Le silence gardé par l'administration pendant un délai de deux mois a fait naître une décision implicite de rejet se substituant à la décision du 9 septembre 2020, que le requérant, par sa requête, demande au tribunal d'annuler, ainsi que la décision du 14 octobre 2020 par laquelle le président du conseil départemental du Nord lui a demandé de rembourser la dette en litige. M. C demande par ailleurs au tribunal de lui accorder la remise gracieuse de sa dette.
Sur la recevabilité des conclusions aux fins d'annulation de la décision du 14 octobre 2020 et de remise gracieuse :
2. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de la décision attaquée ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation ". Aux termes de l'article R. 612-1 dudit code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () / La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. () ".
3. En premier lieu, en produisant, en réponse à la demande de régularisation de sa requête, une copie d'écran du 4 octobre 2020 de son compte CAF, M. C n'a pas produit la décision du 14 octobre 2020 du président du conseil départemental du Nord dont il demande l'annulation et n'a pas davantage justifié de l'impossibilité de la produire. Par suite, les conclusions de la requête de M. C tendant à l'annulation de cette décision sont irrecevables et doivent, dès lors, être rejetées.
4. En second lieu, les conclusions présentées par M. C, tendant à la remise gracieuse d'une dette résultant d'un trop-perçu d'allocation de logement sociale ne sont pas accompagnées de la décision attaquée, c'est-à-dire de la décision prise par la caisse d'allocations familiales du Nord sur sa demande de remise de dette résultant d'un indu d'allocation de logement sociale (IN4 002) pour la période de juillet à septembre 2020, pour un montant de 540 euros. Le requérant a été invité, par un courrier adressé le 7 novembre 2022 à régulariser sa requête dans un délai de quinze jours. Ce courrier comportait également la mention suivant laquelle, à défaut de régularisation dans le délai imparti, ces conclusions seraient considérées comme manifestement irrecevables et pourraient être rejetées à l'issue de ce délai. En réponse à cette demande, le requérant a produit son recours administratif du 5 octobre 2020 contestant l'indu d'allocation de logement sociale (IN4 002) pour la période de juillet à septembre 2020, pour un montant de 540 euros mis à sa charge et une décision du 17 septembre 2020 du directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord lui accordant une remise totale d'une dette d'aide personnelle au logement (IN4 001) d'un montant de 540 euros. Il n'a, dès lors, pas produit de décision de rejet d'une demande de remise gracieuse de sa dette résultant d'un indu d'allocation de logement sociale (IN4 002) pour la période de juillet à septembre 2020, pour un montant de 540 euros. Dans ces conditions, les conclusions de la requête de M. C tendant à la remise de sa dette sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite du recours administratif du 5 octobre 2020 :
5. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'allocation de logement sociale, il entre dans l'office du juge administratif d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
7. Il ne résulte pas de l'instruction que M. C s'est prévalu dans sa requête des dispositions précitées du second alinéa de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, pas plus qu'il aurait demandé à l'administration de lui communiquer les motifs de sa décision implicite de rejet dans le délai contentieux. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée est inopérant et ne peut qu'être écarté.
8. En deuxième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de M. C. Le moyen doit, par suite, être écarté.
9. En troisième lieu, les circonstances, à les supposer même établies, selon lesquelles M. C a perçu moins de revenus en 2018 qu'en 2017, qu'il a toujours déclaré ses revenus à l'administration, que ses revenus ne sont pas suffisants pour assumer les charges de la vie quotidienne et qu'il ne perçoit plus de versements par pôle emploi sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation de M. C doit, dès lors, être rejeté.
10. En dernier lieu, aux termes de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne dont les droits et libertés reconnus dans la présente convention ont été violés, a droit à l'octroi d'un recours effectif devant une instance nationale, alors même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l'exercice de leurs fonctions officielles ".
11. La circonstance que, dans la décision attaquée, la caisse d'allocations familiales informe M. C qu'elle procèdera à une retenue mensuelle de 49€ sur ses allocations à compter du mois de septembre 2020 n'a ni pour objet ni pour effet de priver le requérant de son droit à un recours effectif. Le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, dès lors, être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé, par les moyens qu'il soulève, à demander l'annulation de la décision par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord a implicitement rejeté son recours administratif formé le 5 octobre 2020 contre sa décision du 9 septembre 2020 lui notifiant un indu d'allocation de logement sociale (IN4 002) pour la période de juillet à septembre 2020, pour un montant de 540 euros. Il y a lieu, dès lors, de rejeter ses conclusions à fin d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
13. M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il n'y a toutefois pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département du Nord, qui n'est en tout état de cause, pas partie à la présente instance, le versement à Me Cabaret de la somme de 2 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Cabaret et à la caisse d'allocations familiales du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2022.
La magistrate désignée,
Signé
E. A La greffière,
Signé
M. D
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026