mercredi 4 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2104968 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | juge unique (6) |
| Avocat requérant | BERTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 juin 2021 et le 25 août 2022, Mme B A, représentée par Me Bertin, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 juillet 2020 du directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord, rejetant, après avis de la commission de recours amiable, le recours administratif préalable obligatoire dirigé contre sa décision lui notifiant un indu d'allocation de logement familiale, pour la période de juin 2015 à mars 2017, d'un montant total de 11 277,09 euros ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, à la caisse d'allocations familiales du Nord de la rétablir dans ses droits à l'allocation de logement familiale au titre de la période litigieuse et de lui restituer l'ensemble des sommes retenues sur ses prestations au titre du recouvrement des indus, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, à la caisse d'allocations familiales du Nord de réexaminer ses droits dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Bertin, avocat de Mme A, de la somme de 1 200 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- le caractère apocryphe des documents d'état civil versés pour son compagnon et sa fille n'est pas établi, dès lors que tous les actes en cause ont été légalisés par les autorités roumaines ; en tout état de cause, le caractère authentique de ces documents est sans influence sur ses droits à l'allocation de logement familiale ; son compagnon et sa fille résident régulièrement sur le territoire français ;
- en raison de l'illégalité des indus litigieux, elle a subi un préjudice matériel dès lors que les retenues de l'intégralité de ses prestations au titre du recouvrement de ces indus l'ont plongée dans une situation d'extrême précarité.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 août et 1er septembre 2022, la caisse d'allocations familiales du Nord, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que le tribunal n'est pas territorialement compétent pour connaître de la requête et que cette dernière est tardive, la demande d'aide juridictionnelle ayant été présentée après l'expiration du délai de recours contentieux.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 9 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Riou, vice-président, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique au cours de laquelle a été entendu le rapport de M. Riou, magistrat désigné.
Considérant ce qui suit :
1. A l'issue d'un contrôle de la situation de Mme A et du réexamen des droits de l'intéressée qui s'en est suivi, la caisse d'allocations familiales du Nord lui a signifié son intention de recouvrer une somme de 11 277,09 euros correspondant à un indu d'allocation de de logement familiale versée au titre de la période de juin 2015 à mars 2017. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal l'annulation de la décision du 3 juillet 2020 du directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord rejetant son recours administratif dirigé contre sa décision lui notifiant cet indu d'allocation de logement familiale.
Sur la compétence territoriale :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 312-7 du code de justice administrative : " Les litiges relatifs () de manière générale, aux décisions concernant des immeubles relèvent de la compétence du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouvent les immeubles faisant l'objet du litige. / () ". D'autre part, aux termes de l'article L. 825-1 du code de la construction et de l'habitation : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale qui attribuent au tribunal de grande instance désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire la compétence pour connaître des contestations relatives aux pénalités prononcées en cas de fraude, les recours dirigés contre les décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes mentionnés à l'article L. 812-1 sont portés devant la juridiction administrative. ".
3. Les décisions prises en matière d'aides personnelles au logement, telles que l'allocation de logement familiale, peuvent faire l'objet de recours contentieux, devant le tribunal administratif dans le ressort duquel est situé le logement ayant donné lieu à la décision.
4. Il résulte de l'instruction que l'allocation de logement familiale en cause a été versée pour un logement situé dans le Nord. L'exception d'incompétence territoriale soulevée par la caisse d'allocations familiales du Nord doit en conséquence être écartée.
Sur la recevabilité de la requête :
5. Aux termes de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus : " () / Les recours contre les décisions du bureau d'aide juridictionnelle peuvent être exercés par l'intéressé lui-même lorsque le bénéfice de l'aide juridictionnelle lui a été refusé, ne lui a été accordé que partiellement ou lorsque ce bénéfice lui a été retiré. / () ". Aux termes de l'article 43 du décret du 28 décembre 2020 visé ci-dessus : " () lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance ou d'appel, l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée ou déposée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai et si la demande en justice ou le recours est introduit dans un nouveau délai de même durée à compter : / 1° De la notification de la décision d'admission provisoire ; / 2° De la notification de la décision constatant la caducité de la demande ; / 3° De la date à laquelle le demandeur de l'aide juridictionnelle ne peut plus contester la décision d'admission ou de rejet de sa demande en application du premier alinéa de l'article 69 et de l'article 70 ou, en cas de recours de ce demandeur, de la date à laquelle la décision relative à ce recours lui a été notifiée ; / 4° Ou, en cas d'admission, de la date, si elle est plus tardive, à laquelle un auxiliaire de justice a été désigné. / () ". Enfin, aux termes de l'article 69 de ce décret : " Le délai du recours prévu au deuxième alinéa de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée est de quinze jours à compter du jour de la notification de la décision à l'intéressé. / () ".
6. Il résulte de la combinaison de ces dispositions qu'une demande d'aide juridictionnelle interrompt le délai de recours contentieux et qu'un nouveau délai de même durée recommence à courir à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours après la notification à l'intéressé de la décision se prononçant sur sa demande d'aide juridictionnelle ou, si elle est plus tardive, à compter de la date de désignation de l'auxiliaire de justice au titre de l'aide juridictionnelle. Il en va ainsi quel que soit le sens de la décision se prononçant sur la demande d'aide juridictionnelle, qu'elle en ait refusé le bénéfice, qu'elle ait prononcé une admission partielle ou qu'elle ait admis le demandeur au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, quand bien même dans ce dernier cas le ministère public ou le bâtonnier ont, en vertu de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991, seuls vocation à contester une telle décision.
7. Il résulte de l'instruction que si, par erreur, la décision d'admission totale au bénéfice de l'aide juridictionnelle du 9 avril 2021 mentionne le 28 janvier 2021 comme date de la réception de la demande d'aide juridictionnelle, cette demande a été reçue le 2 septembre 2020 par le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Lille, qui l'a transmise le 11 janvier 2021 au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Besançon. Cette demande, reçue dans le délai de recours contentieux de deux mois prévu par l'article R. 421-1 du code de justice administrative, courant à compter du 29 juillet 2020, date de réception de la décision prise par le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord sur le recours administratif préalable obligatoire présenté par Mme A, a interrompu le délai de recours contentieux. Ce délai a repris le 28 avril 2021, date de la notification de la décision se prononçant sur la demande d'aide juridictionnelle, qui désigne l'auxiliaire de justice au titre de cette aide. Contrairement à ce que fait valoir la caisse d'allocations familiales, la requête, enregistrée le 25 juin 2021, n'est donc pas tardive. La fin de non-recevoir soulevée en défense doit, par suite, être écartée.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'indu litigieux :
8. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'allocation de logement familiale, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
9. D'une part, aux termes de l'article L. 511-1 du code de la sécurité sociale : " Les prestations familiales comprennent : / () / 4°) L'allocation de logement régie par les dispositions du livre VIII du code de la construction et de l'habitation ". En vertu de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation, inséré dans le livre VIII de ce code, l'allocation de logement familiale est une allocation de logement. Or, selon l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale : " Bénéficient de plein droit des prestations familiales dans les conditions fixées par le présent livre les ressortissants des Etats membres de la Communauté européenne, des autres Etats parties à l'accord sur l'Espace économique européen et de la Confédération suisse qui remplissent les conditions exigées pour résider régulièrement en France () ".
10. D'autre part, aux termes de l'article L. 121-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, tout citoyen de l'Union européenne () a le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'il satisfait à l'une des conditions suivantes : / 1° S'il exerce une activité professionnelle en France ; / 2° S'il dispose pour lui et pour les membres de sa famille tels que visés au 4° de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; / 3° S'il est inscrit dans un établissement fonctionnant conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur pour y suivre à titre principal des études ou, dans ce cadre, une formation professionnelle, et garantit disposer d'une assurance maladie ainsi que de ressources suffisantes pour lui et pour les membres de sa famille tels que visés au 5° afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale ; / 4° S'il est un descendant direct âgé de moins de vingt et un ans ou à charge, ascendant direct à charge, conjoint, ascendant ou descendant direct à charge du conjoint, accompagnant ou rejoignant un ressortissant qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° ; / 5° S'il est le conjoint ou un enfant à charge accompagnant ou rejoignant un ressortissant qui satisfait aux conditions énoncées au 3° ".
11. Il résulte de l'instruction que, pour considérer que Mme A avait indûment perçu l'allocation de logement familiale au titre de la période litigieuse, la caisse d'allocations familiales du Nord, ainsi qu'il ressort de l'avis de la commission de recours amiable, s'est exclusivement fondée sur la circonstance que, selon un rapport de la police, non produit à l'instance, les autorités roumaines ont déclaré que l'acte de naissance fourni par le compagnon de l'intéressée était faux. Toutefois, la requérante produit, à l'appui de sa requête, les actes de naissance litigieux ainsi que le passeport de son compagnon et de ses enfants qui, en l'absence de preuve contraire susceptible de déterminer leur caractère falsifié, doivent être regardés comme authentiques. Ainsi, à défaut de preuve contraire, il ne résulte pas de l'instruction que le compagnon de l'allocataire et sa fille ainée, tous deux ressortissants de l'Union européenne, ne justifiaient pas d'un droit au séjour en application des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord a maintenu à sa charge la somme totale de 11 277,09 euros.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. En cas d'annulation par le juge de la décision ordonnant la récupération de l'indu, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision. Lorsque tout ou partie de l'indu d'allocation de logement familiale a été recouvré avant que le caractère suspensif du recours n'y fasse obstacle, il appartient au juge, s'il est saisi de conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à l'administration de rembourser la somme déjà recouvrée, de déterminer le délai dans lequel l'administration, en exécution de sa décision, doit procéder à ce remboursement, sauf à régulariser sa décision de récupération si celle-ci n'a été annulée que pour un vice de légalité externe.
14. Dans l'hypothèse où la caisse d'allocations familiales du Nord ou tout autre organisme payeur auraient, en dépit de l'effet suspensif qui s'attache à l'exercice d'un recours contentieux ou préalablement à ce dernier, mis en œuvre à l'encontre de Mme A les voies de droit permettant d'obtenir la répétition des indus d'allocation de logement familiale d'un montant initial de 11 277,09 euros, il y a lieu, eu égard aux motifs d'annulation retenus par le présent jugement, d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Nord de restituer à Mme A les sommes qui auraient été prélevées au titre du remboursement de ses dettes.
Sur les frais liés à l'instance :
15. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". Aux termes des deuxième et troisième alinéas de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat pouvant être rétribué, totalement ou partiellement, au titre de l'aide juridictionnelle, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'Etat majorée de 50 %, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. / Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat. S'il n'en recouvre qu'une partie, la fraction recouvrée vient en déduction de la part contributive de l'Etat ".
16. Mme A ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Aussi, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, pour le compte duquel la caisse d'allocations familiales du Nord verse l'allocation en cause, en vertu des dispositions combinées des articles L. 812-1 et L. 812-2 du code de la construction et de l'habitation, le versement à Me Bertin de la somme de 1 200 euros, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 3 juillet 2020 du directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord confirmant l'indu d'allocation de logement familiale d'un montant total de 11 277,09 euros mis à la charge de Mme A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord de restituer à Mme A les sommes qui auraient été prélevées au titre du remboursement de l'indu.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 200 euros à Me Bertin en application des dispositions des deuxième et troisième alinéas de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Bertin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Bertin et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
signé
J.M. RiouLa greffière,
signé
I.Baudry
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026